
Construire son voilier pour participer à une transat internationale est un défi lancé à la physique, aux éléments et... à la raison. Un pari un peu fou qu'est en passe de réaliser un équipage québécois inscrit dans la class 40 de la Transat Québec - Saint-Malo. Petite incursion dans la préparation de cette équipe.
Depuis plus d'un mois, Éric Tabardel dort dans son bateau. Depuis plus d'un mois, Jean-Maurice, un de ses amis, dort dans la tente-roulotte stationnée juste à côté. Pour veiller sur la coque installée sur le quai de l'horloge, dans le Vieux-Port de Montréal.
Une coque mise à l'eau hier, deux ans et demi après que l'idée eut germé dans l'esprit de ce gars qui, depuis, a vendu sa maison, perdu sa blonde, fait une croix sur son école de voile et qui envisage maintenant d'hypothéquer son condo.
Tout ça pour quoi? Pour traverser l'Atlantique à bord de son 40 pieds et rallier dans les trois premiers de sa catégorie le port de Saint-Malo.
Éric, le skipper, n'est pas seul dans l'aventure. Ils sont trois, bientôt quatre. Tous aussi fous les uns que les autres, est-on tenté de dire, au regard de la tâche colossale qu'ils accomplissent. «Il faut aimer les problèmes, avoue Éric. C'est sûr qu'il faut être un peu fou. J'avais une vie bien tranquille avant. J'ai définitivement fait une croix sur un mode de vie. Maintenant, j'ai des problèmes à régler tout le temps. Je suis au bout de mes limites aujourd'hui.»
Damien De Pas, le co-skipper, est tombé dedans quand il était petit; dans le bouillon d'écume. Nul besoin d'essayer de le convaincre quand un jour de décembre 2005 son comparse de régate lui propose de le suivre. Damien suit Éric. Les premières pièces sont fabriquées l'année suivante. Et après deux ans de travaux, Bleu voile océanique, de son nom, sort d'un atelier miteux du quartier Saint-Henri le 17 avril dernier. «Je ne sais pas comment Éric a pu passer autant de temps dans un tel endroit», sourit Damien De Pas.
Du temps? Sept jours sur sept, 365 jours par année, plus de 12 heures par jour, pour 7000 à 8000 heures de travail jusqu'ici. Imaginant un projet «bas de gamme» au départ, Éric a vu celui-ci prendre de l'ampleur. Pour avoir aujourd'hui un bateau de course qui, dans un an, ne sera plus performant, aura déjà perdu la moitié de sa valeur, et dont les voiles à 50 000$ seront bonnes à changer...
Les réserves remplies de mousse, des ballasts de 750 litres et un poids de 4,5 tonnes maximum font de Bleu voile océanique un bateau «normalement insubmersible». Constituée d'une mousse rigide d'un pouce d'épaisseur, recouverte de fibre de verre et de résine époxy, la coque supporte un mat en carbone de 63 pieds de haut pour une voilure de 280 m2 au portant. Des dimensions à faire saliver un plaisancier du dimanche. Mais un joujou qui vaut presque 500 000$. Et c'est sans compter les 8000$ d'inscription et les 10 000$ d'assurances.
Le départ de la course sera donné le 20 juillet. Éric Tabardel et ses coéquipiers sont «à la dernière minute». Tout est à la dernière minute. Les problèmes, les retards de livraison, les mauvaises surprises sont monnaie courante. Lors de notre première visite, la quille livrée quelques jours plus tôt ne répondait absolument pas à la commande. Du travail supplémentaire qui a coûté plusieurs jours.
Preuve encore qu'ils sont à la dernière minute, il leur manque un équipier. «On cherche un gars d'expérience, ce n'est pas facile à trouver ici. À trois, on risque de manquer de sommeil», commente Damien De Pas.
«C'est dommage que l'on ait pas plus de temps pour s'entraîner et tester le bateau», ajoute Sébastien Roubinet, l'autre équipier à avoir embarqué dans l'aventure. Encore un manque de temps et... d'argent. Un tel projet coûte très cher au Québec et l'expertise y est inexistante. «Ça fait un an et demi que j'ai commandé mon mât... Tout est deux ou trois fois plus long ici, déplore Éric. Dans un monde idéal, on devrait être à l'eau depuis un an. C'est le monde idéal mais pas réel. Je n'avais pas l'argent pour faire construire le bateau en six mois.»
«Il manque encore un 70 000, 80 000$, souffle Damien. Éric pense à hypothéquer son condo.»
Traverser l'Atlantique, ça n'a pas de prix.
mardi 3 juin 2008
Québec-Saint-Malo: traverser l'Atlantique, ça n'a pas de prix
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dimanche 1 juin 2008
Cap sur la Transat Québec-Saint-Malo

Les frères Daval, licenciés au club de voile de Saint-Martin-de-Bréhal, se préparent depuis plus d'un an pour cette transat. Départ le 10 juillet.
Arnaud Daval et son équipage embarquent sur un nouveau bateau pour un nouveau projet : la transat Québec Saint-Malo. « Après sept saisons en 747, Techneau, dont une victoire au Spi Ouest-France en 2006 et quatre places de second, nous nous sommes lancés dans un projet de plus grande envergure », confie Arnaud Daval, l'un des cinq navigateurs. En juillet prochain, ils prendront la mer sur un Pogo 40. Le Pogo 40 est un voilier de 12,5 m. Cette classe internationale est en fort développement depuis 2 ans ; elle offre un beau niveau car elle mêle amateurs et professionnels. La flotte européenne compte aujourd'hui plus de 70 unités. « Le projet a démarré un an avant la mise à l'eau du bateau, en juillet dernier à Bédonet », ajoute Benoît, le frère d'Arnaud et associé dans la gestion du projet.
Un voilier très technique
Le bateau comptera aussi dans son équipage Gilles Dutoit skipper, Jean-Georges Michon et Boris Bourdin, tous trois membres du club de l'Espace voile de Bréhal. Après une première prise de marque sur une partie des épreuves du mondial à La Trinité-sur-Mer, le voilier « Techneau FRA 50 » a mis le cap sur le port de Cherbourg. « Nous n'avons en effet aucune contrainte de marée à Cherbourg pour organiser nos sorties d'entraînement puisque c'est un port en eau profonde », poursuit Arnaud, un paquet de cartes marines sous le bras.
Depuis, l'équipage a multiplié les sorties d'entraînement sur son nouveau bijou. « Nous avons souvent rencontré des conditions météo exécrables. En plus, le Pogo 40 est un bateau exigeant. Sur le plan physique, il demande beaucoup d'énergie, en particulier dans la brise à partir de 25 noeuds car il est très toilé (voilé). » L'objectif est donc de toujours anticiper pour ne pas se laisser dépasser. « C'est en outre un voilier très technique avec des réglages de voiles très pointus et de l'électronique embarqué. » D'ici le départ le 10 juillet prochain, ils auront encore le temps d'effectuer les derniers ajustements. Il ne reste plus qu'à leur souhaiter... bon vent.
Pratique. Toutes les infos de l'équipage sur www.techneau-sailing.com
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jeudi 15 mai 2008
Voile : Angoulvant prêt pour la Québec-Saint-Malo

Deux ans après la Route du Rhum, « Fermiers de Loué-Sarthe » s'apprête à repartir le 20 juillet dans la transat Québec-Saint-Malo.
Nouvelle aventure pour François Angoulvant. Le bateau avec lequel le Sarthois a fait la Route du Rhum a été relooké et partira de Québec le 20 juillet. Une série de sorties d'entraînements dans le Golfe du Morbihan s'est achevée ce week-end par une prometteuse victoire lors du Tour de Belle-Ile-en-Mer, dans la catégorie des monocoques.
Le moral est au beau fixe au sein de l'équipage. Barré par trois skippers, le Sabrosa Class 40 est prêt pour sa seconde grande course au large. Outre François Angoulvant, à l'origine de cette aventure née dans les ateliers de l'Ismans, à l'université du Maine, le team sarthois réunit Franck Malherbe et Thomas Nedonsel, fidèles amis du prof de l'Ismans et passionnés, comme lui, de voile.
Le trio devrait rapidement prendre la route d'Anvers d'où le voilier embarquera à bord d'un cargo pour la traversée vers Québec. Il sera alors temps de préparer minutieusement la course qui s'élancera le 20 juillet dans les eaux froides du Golfe du Saint-Laurent. « Nous nous attendons à subir les effets conjugués du froid, du brouillard et de l'humidité avant d'atteindre les températures plus clémentes du Gulf stream au large du Canada », prévoit François Angoulvant. Du courage, il en faudra à l'équipage sarthois, car la course promet un long sprint où vigilance et présence permanente à la barre lui imposeront un minimum de répit en mer.
Avant le départ, les skippers comptent profiter des festivités de la célébration du 400e anniversaire de la naissance de Québec. Et ils recevront à bord le Premier ministre du Canada, le 3 juillet, pour la signature d'une convention de partenariat et d'échanges entre l'Ismans et l'ENAP, l'équivalent de l'Ena en France. En attendant peut-être celle du Premier ministre français François Fillon, Sarthois supporter de François Angoulvant.
Source : Ouest-France
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