
Les six leaders installés depuis le départ, ne se lâchent pas d´un pouce et c´est sur une véritable ligne virtuelle qu´ils se positionnent avec des écarts ridicules au vu de la distance déjà parcourue : près de 850 milles...
Toujours dans du vent portant mais nettement plus mou (10-12 nœuds) et sur une mer beaucoup plus lisse, les treize monocoques Imoca continuent de faire route directe vers les bancs de Terre-Neuve, Marc Guillemot (Safran) ayant décidé de continuer malgré la douleur aux côtes : « J’ai encore hyper mal aux côtes et c’est évidemment très douloureux surtout dans les manœuvres. J’ai pris la décision de continuer et je ne vais pas me plaindre, même si je sais que je vais devoir jongler jusqu’à Boston. J’essaye d’économiser les manœuvres et je ne suis pas très performant dans la rapidité d’exécution mais l’essentiel, c’est d’arriver à les faire et de continuer ! » A 150 milles du nouveau leader Michel Desjoyeaux (Foncia), Marc Guillemot a infléchi sa route pour revenir dans le sillage des six premiers.
Car devant, il devient bien difficile de déterminer qui prend l’ascendant sur les autres ! A peine dix milles d’écart par rapport au but pour les cinq premiers et Armel Le Cléac’h (Brit Air) n’est qu’à 25 milles… Une peccadille à ce stade de The Artemis Transat mais ce qui est intéressant, c’est le décalage latéral qui atteint 80 milles entre Michel Desjoyeaux et Yann Eliès (Generali) placés plus au Nord, par rapport à Sébastien Josse (BT) le plus au Sud. L’objectif est désormais de franchir une zone de faible gradient isobarique et si les vitesses ont chutées ce mercredi matin à une douzaine de nœuds, il pourrait bien y avoir quelques « arrêts buffet » en ce quatrième jour de course en raison de petites bulles imprévisibles qui vont pouvoir redistribuer les cartes. Cette journée s’annonce assez stressante pour le mental car il risque d’y avoir des accélérations suivies de ralentissements, un coup au Sud, un autre au Nord…
Compression par derrière ?
Pour le peloton qui est paradoxalement beaucoup plus dispersé que les leaders, le vent est plus faible en ce mercredi matin mais le ralentissement attendu par devant, pourrait bien relancer le match : à moins de 200 milles du groupe de tête, cinq solitaires peuvent encore espérer trouver une voie divergente et revenir au contact. C’est bien toute la subtilité de la navigation océanique qui offre l’opportunité de se démarquer et d’observer la progression des leaders pour changer de cap et éviter les pièges. Et des pièges, il y en aura pour les deux jours à venir qui annoncent des vents variables, tant en force qu’en direction, et qui avec un décalage Est-Ouest ou Nord-Sud de quelques dizaines de milles, peuvent modifier très sensiblement la vitesse moyenne…
Sur le même cap que les leaders, Samantha Davies (Roxy) et Arnaud Boissières (Akena Vérandas) sont en position d’observateurs attentifs des options en tête, tandis que Marc Guillemot et Yannick Bestaven (Cervin EnR), près de cent milles plus au Sud, peuvent espérer trouver un couloir de vent plus favorable, sachant qu’une fois ce marais barométrique franchi, il va bien falloir gagner vers le Sud-Ouest pour aller chercher la porte des glaces ! Quant à Steve White (Spirit of Weymouth) sa route très au Nord s’incurve depuis ce mercredi matin pour rejoindre le pack central, ce qui devrait lui permettre de croiser devant Dee Caffari (Aviva) qui semble avoir résolu ses problèmes de charge électrique, et le Basque Unai Basurko (Pakea Bizkaia). Sous spinnaker, ils devraient refaire une partie de leur retard ces prochaines heures puisqu’ils sont encore sous l’influence de la dépression qui se décale vers le golfe de Gascogne.
Arnaud Boissières (Akena Vérandas) :
"J'ai dormi un peu ce matin, là je fais du rangement. Les premiers arrivent à s'échapper avec du vent. Pour nous avec Sam, ce n'est pas évident. Le vent va mollir et adonner à l'avant de la flotte, mais on devrait garder un peu de vent. On pourra peut-être revenir un peu sur eux, mais ils sont déjà à 140 milles d'avance..."
Michel Desjoyeaux (FONCIA) :
"J'ai bien dormi cette nuit et ce matin. En Figaro je n'aurais pas dormi autant. On a vraiment intérêt à barrer quand on est au portant, mais au travers on peut laisser faire le pilote, j'en profite. La flotte est homogène, il y a une bonne bagarre, c'est très bien comme ça! Concernant la météo, après la dorsale, on devrait avoir un peu plus de vent, et puis encore une autre zone sans vent. C'est compliqué, mais pour l'éviter il faudrait descendre jusqu'aux Açores et ce n'est pas vraiment l'objectif !"
Armel Le Cleac'h (Brit Air) :
"Au début j'étais parti sur une route plus nord, et puis au vu de mes routages, j'ai finalement choisi de partir plus sud pour passer la dorsale. Il faut être dans la régate, les concurrents devant ne lâchent pas grand chose, c'est une belle bataille depuis le début !"
Yann Eliès (Générali) :
"Je trouve que le début de la course est très satisfaisant pour moi, j'apprends un peu tous les jours, notamment dans des situations extrêmes comme hier, alors qu'on était sous spi avec 30 nœuds de vent. On se dépasse, moi et le bateau. C'est top, je prends confiance dans mon bateau."
Seb Josse (BT) :
" Aujourd'hui ça va mieux qu'hier, je me suis reposé ce matin, j'ai fait des conneries, mais c'est reparti! Je me suis enflammé ce matin, j'ai envoyé le spi, mais il n'aurait pas fallu. Le temps d'affaler, j'ai perdu au moins 5 milles, et surtout j'ai dépensé de l'énergie pour pas grand chose... Mais j'en ai à revendre !"
mercredi 14 mai 2008
COMME UN NOUVEAU DÉPART, FONCIA EN TÊTE.
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dimanche 11 mai 2008
Imoca et Artemis Transat

Ce dimanche, la Transat anglaise s'élance avec douze skippers ayant l'intention de participer au prochain Vendée Globe. L'enjeu est important.
. « Ce n'est pas tout à fait un Everest qui nous attend, souligne ainsi Yann Eliès, mais un Atlantique par la face nord. On s'attend à un combat titanesque, contre les éléments et face à une redoutable concurrence. »
« Conditions très dures »
Beaucoup auront sans doute la victoire en tête ou en tout cas l'envie de bien figurer. Histoire de rassurer, aussi, les sponsors. Mais attention, la Transat anglaise (rebaptisée cette année The Artemis transat) peut causer bien du souci. En cas de casse notamment, la préparation pour le prochain Vendée Globe pourrait être perturbée. Michel Desjoyeaux sait déjà ce qui l'attend : « Les conditions sont extrêmement dures. Le matériel va être très sollicité, sachant que l'on va terminer dans le brouillard et dans le froid. Il y a quatre ans, après la course, j'ai mis à peu près quinze jours à retrouver la totale sensibilité de mes doigts. »
À l'arrivée, il y aura forcément des heureux et des déçus. Jonny Malbon, le skipper d'Artemis, fait déjà partie de cette dernière catégorie car il a dû déclarer forfait par manque de préparation du bateau. Non sans regret : « Cette semaine a été la plus dure de ma carrière. Nous travaillions tous sept jours sur sept, 12 à 14 heures par jour, depuis quelques mois. La sécurité et la nécessité de préparer la suite du programme ont fait que cette décision s'imposait. Mais cela n'estompe pas la douleur que l'on ressent ! » Seule manière de se remettre rapidement : se projeter sur un nouvel objectif. Et cela tombe bien, « le Vendée Globe n'est plus très loin maintenant. »
*Soleil et vent portant modéré seront au rendez-vous pour dimanche à 14h00 locales
*Les nouveaux skippers de 60 pieds confirment que The Artemis Transat est une phase importante dans leur préparation au tour du monde
*Armel Le Cléac’h fête ses trente et un an dimanche pour le départ de la treizième édition
*Le magazine officiel de The Artemis Transat est désormais disponible en ligne :
http://www.theartemistransat.com/solo/fr
*L’inscription à « Liveskipper » est ouverte : l’occasion de vous confronter aux meilleurs solitaires de The Artemis Transat :
http://www.liveskipper.com
Sur les treize solitaires inscrits en classe Imoca, seuls cinq navigateurs ont déjà participé à The Artemis Transat, course mythique qui fut à l’origine de l’engouement du public et des marins français pour la course au large. Si ce parcours de près de 3 000 milles s’annonce paisible dans sa première phase, il n’en sera probablement pas de même en arrivant sur Terre-neuve…
Il y a les vieux « routards », ceux qui enfilent les transats comme des perles à l’image de Loïck Peyron (Gitana Eighty) qui en accumule quarante et une dans sa besace, dont quatre The Artemis Transat ! Ou Michel Desjoyeaux (Foncia) et Marc Guillemot (Safran) qui ont tous deux à leur actif un podium en multicoque dans cette épreuve particulièrement difficile qu’ils ont réalisé deux fois. Ou encore Vincent Riou (PRB) et Sébastien Josse (BT) qui étaient au départ il y a quatre ans en monocoque Imoca… Hommes d’expérience et marins confirmés, leur regard sur cette course face aux humeurs de l’Atlantique Nord est plus pragmatique que celui de leur compagnes et compagnons de route qui vont s’élancer pour la première fois à ce que d’aucuns surnomment « la face Nord du Mont Blanc » !
Une « ascension » qui, si elle a pour but ultime la préparation au Vendée Globe (« l’Everest de la voile »), n’en est pas moins un cap capital à franchir, une dernière étape avant le grand saut, un dernier banc test avant un chantier estival… Plus ou moins expérimenté et surtout plus ou moins en symbiose avec un bateau qu’il découvre encore, ces « nouveaux venus » expriment leurs attentes et leurs interrogations avant le départ de dimanche à 14h00 locales devant le brise-lames de Plymouth…
Arnaud Boissières (Akena Vérandas)
« Lors de la première édition de la transat en 1960, je n’étais pas né ! Mais je me souviens de la deuxième victoire de Loïck Peyron en 1996 : c’est une course mythique pour un navigateur… Il y a eu jusqu’à plus de cent partants et si nous sommes moins nombreux aujourd’hui, le parcours est toujours aussi compliqué. J’ai traversé quinze fois l’Atlantique mais jamais sur la route Nord et je m’attends à ce que ce soit la plus difficile de mes transats. Même si elle est courte, elle est dure ! Psychologiquement partir au portant, c’est cool pour tout le monde et pour moi, c’est plus sympa parce que je sais que mon bateau est moins handicapé par rapport à la nouvelle génération de monocoque de 60 pieds. Ensuite, il y a une dépression à négocier et là, ce sera plus compliqué en terme de vitesse pure… Mais ce sera très enrichissant de naviguer dans la brise en vue du Vendée Globe : pour tous ceux qui sont à Plymouth, l’objectif premier est le tour du monde en solitaire ! The Artemis Transat est une étape importante dans ce projet. Nous allons affronter de la mer forte à cause du Gulf Stream et c’est une préparation logique : c’est le dernier run et ce n’est pas le plus facile ! Etant qualifié pour le Vendée Globe, je suis serein pour cette transat qui est un véritable enjeu sportif avec un très beau plateau et six prétendants à la victoire. Je vais essayer de naviguer à la hauteur du bateau et peut-être me glisser comme une anguille dans une botte de foin… »
Samantha Davies (Roxy)
« Je suis fière de participer pour la première fois à cette transat mythique ! Fière parce que c’est une course anglaise… Fière de défendre les couleurs de l’Union Jack ! C’est génial car Plymouth est une ville magique qui marque l’arrivée de la Fastnet Race, la première grande course à laquelle j’ai participé. J’ai beaucoup de souvenirs de Sutton Harbour : j’espère rester dans les traces de Mike Golding et de Michel Desjoyeaux et je reviendrais pour la gagner un jour… C’est une transat très différente de celles auxquelles j’ai participé : je n’ai jamais fait l’Atlantique Nord d’Est en Ouest et c’est un nouveau challenge pour moi, avec beaucoup d’intérêt sur la stratégie et la météo. J’ai mes cours que je relis tous les jours pour être sûre que je prendrais les bonnes décisions, surtout avec les prévisions compliquées qui sont annoncées… Cela va ressembler fort à un concentré de Vendée Globe avec un peu de portant, une sorte de Pot au Noir au milieu et des glaces à la fin ! Ce sera un bon entraînement avant le tour du monde en solitaire… Surtout si nous avons de la brise contraire. »
Yannick Bestaven (Cervin EnR)
« Normalement, ce n’est pas une transat que l’on pourrait statistiquement qualifier de « sympa », mais là, on va prendre les « alizés du Nord » ! Nous voilà rassurer… Les nouveaux bateaux sont plus rapides que l’ex-Aquitaine d’Yves Parlier mais je suis content parce que nous avons fait un beau chantier pour remettre Cervin EnR en bon état pour The Artemis Transat et le Vendée Globe. Les conditions s’annoncent plutôt mollassonnes au départ et avec nos carènes anciennes, c’est moins pénalisant puisque nous avons un peu moins de traînée que les nouveaux prototypes. Ce serait bien de jouer les trouble-fêtes ! A ce jour, j’ai enchaîné deux transats sur le bateau et cette nouvelle traversée permet d’engranger encore de l’expérience même si je suis déjà qualifié pour le tour du monde : il faut se sentir bien avec son voilier et c’est pour cela aussi que je ferais le retour avec Québec-Saint Malo en équipage. Mon projet a débuté en juillet de l’année dernière, et quatre traversées dans l’escarcelle, c’est parfait. Je suis là pour naviguer avec d’autres bateaux autour de moi… et peut-être voir des glaçons ! Et historiquement, il y a deux transats qui parlent à un marin : The Artemis Transat et la Route du Rhum… »
Armel Le Cléac’h (Brit Air)
« J’habite depuis peu à côté de la maison d’Eric Tabarly et évidemment, The Artemis Transat m’interpelle ! C’est une chance d’être là même si on ne va pas vers le soleil et vers les alizés… Tactiquement, c’est une route très intéressante et nouvelle pour moi. Les situations météo sont beaucoup plus complexes que les transats vers le Sud-Ouest avec des conditions plus difficiles : de la mer formée, du vent fort et contraire, du froid… C’est un bon entraînement pour moi en vu du Vendée Globe et ce sera aussi ma qualification pour le tour du monde en solitaire : c’est mon premier objectif. Ce sera l’occasion de faire le point sur l’état d’avancement de mon bateau et de moi-même : ça ne fait pas un an que Brit Air est à l’eau… Je n’y vais pas pour autant en convoyage parce qu’autrement, je n’apprendrais rien ! C’est une question de curseur parce que j’ai déjà utilisé mon « joker » avec le démâtage dans la transat Ecover-BtoB. Les conditions météo annoncées sont pas mal pour un début de match mais il est probable qu’on se prenne une « cartouche » avant l’arrivée… Et c’est bien parce qu’après, si cela s’est bien passé, je serais forcément plus serein ! Je n’ai pas l’expérience d’un Michel Desjoyeaux ou d’un Loïck Peyron et il faut que je progresse encore. »
Yann Eliès (Generali)
« Bien sûr que ce n’est pas un événement bénin quand il faut traverser en solitaire l’océan Atlantique ! Mais nous allons avoir d’excellentes conditions pour le départ et peut-être qu’ensuite, cela va se dégrader plus sensiblement… Mais je dois avouer que je suis dans mon élément quand il y a du mauvais temps et que cela commence à s’approcher de la survie ! »
Dee Caffari (Aviva)
“Ces monocoques de 60 pieds sont très faciles à mener… mal ! Mais une fois que vous les avez compris et que vous les menez dur comme ils le demandent, c’est tout simplement fantastique ! J’ai déjà cumulé 2 500 milles sur le nouveau Aviva et je suis consciente que j’ai encore beaucoup à apprendre. Mais par-dessus tout, je me sens privilégiée d’être ici, à Plymouth, pour le départ de cette course mythique, face à une flotte impressionnante ! »
Unai Basurko (Pakea Bizkaia 2009)
“Bien sûr que The Artemis Transat est une course importante sur une partie de l’océan Atlantique qui n’est pas la plus facile. J’ai déjà navigué sur ce parcours mais dans l’autre sens, d’Ouest en Est mais j’ai toujours rêvé d’être au départ de cette course ! Et dimanche, c’est une envie de gosse qui va devenir réalité… Je me mets doucement dans le mode « racing » et je crois que je vais dormir sur mon bateau la veille au soir… pour être déjà dans l’ambiance ! »
Echos des pontons
Bon anniversaire, Armel !
Il y a des anniversaires qui marquent plus que d’autres… Le 11 mai 2004, Armel Le Cléac’h et Nicolas Troussel fêtaient conjointement leurs anniversaires (les deux compères sont nés un 11 mai, à trois ans d’écart) dans la liesse en remportant ensemble la Transat AG2R ! Le 11 mai 2008, quatre ans jour pour jour après cette grande victoire, Armel prendra cette fois seul, le départ de The Artemis Transat : « C’est toujours sympa de fêter un anniversaire dans des circonstances un peu exceptionnelles ! C’est sûr qu’en 2004, ça avait été particulièrement fort : une arrivée, une victoire, qui plus est avec Nico… J’aurai évidemment une pensée pour lui dimanche. Il ne sera pas encore arrivé à St Barth et ne réalisera probablement pas le doublé mais il a fait une très belle course. Pour ma part, ce sera cette fois un départ et pas une arrivée, mais ce sera en tout cas là encore, un moment très important dans ma carrière… » Né le 11 mai 1977 à Landivisiau, Armel Le Cléac’h (Brit Air) est le plus jeune des skippers de 60 pieds Imoca engagé dans The Artemis Transat.
Tendance météorologique
A la veille du départ de The Artemis Transat, dimanche 11 mai à 14h00 locales, les prévisions météorologiques laissent entendre que les vingt-quatre concurrents vont devoir composer avec deux régimes météo : d’abord une « situation de blocage » avec une poussée anticyclonique entre des dépressions nombreuses mais peu marquées, puis un « régime zonal » avec un train de dépressions se présentera en fin de semaine au large de Terre-Neuve et que les concurrents ne pourront pas forcément contourner par le Nord… Les monocoques de 60 pieds auront donc du pain sur la planche tactique car dès les premiers milles, le choix d’une route plus ou moins proche de l’orthodromie (route directe) sera déterminante pour toute la traversée de l’Atlantique. Pour les 40 pieds, la problématique n’est pas la même car le différentiel vitesse est suffisant (surtout au portant) pour que la situation au milieu de l’Atlantique soit très différente de celle des Imoca et donc la fin de parcours s’annonce plus agitée pour eux que pour leurs grands frères…
Deux primes… à bord
A l’occasion du départ de la treizième édition de The Artemis Transat, le prix Omega (une montre Seamaster) sera attribué au premier monocoque de 60 pieds qui franchira la longitude du phare d’Eddystone, à 9,4 milles de la ligne de départ de Plymouth. Le prix Mumm (la taille du skipper en caisse de bouteilles de champagne) sera remis au solitaire qui effectuera le parcours entre le phare d’Eddystone et la longitude du cap Lizard, le plus rapidement, soit 39,4 milles.
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mardi 6 mai 2008
Transat anglaise: Tous à bon port
C’est dimanche que s’élancera de Plymouth la 13e édition de la Transat anglaise en solitaire, baptisée cette année The Artemis Transat. Une édition sera cette année exclusivement réservée aux monocoques avec 12 Imoca (60 pieds) et 11 Class 40. Les 24 solitaires ont désormais tous amarré leur bateau à l’un des pontons de Sutton Harbour, à Plymouth, ils vont pouvoir préparer leurs fichiers météo pour un départ qui s’annonce dans des conditions clémentes. Rappelons qu’en Imoca, en l’absence du tenant Mike Golding, mais aussi de Roland Jourdain, Jean Le Cam, Jérémie Beyou, Jean-Pierre Dick ou Bernard Stamm, les favoris seront Michel Desjoyeaux, Marc Guillemot, Yann Eliès, Vincent Riou, Sébastien Josse et Loïck Peyron, double vainqueur de cette Ostar, en multicoque (1992 et 1996).
48 ans en solitaire
"Un homme, un bateau, l'océan". C'est à partir de ce postulat d'une grande simplicité qu'est née il y a 48 ans la Transat anglaise qui relie tous les quatre ans la côte Sud de l'Angleterre à l'Ouest des Etats-Unis. L'histoire de cette mythique épreuve ne manque pas de coups de théâtre, elle aura en tout cas largement contribué à développer la course au large, particulièrement en France, comme l'explique Michel Desjoyeaux, vainqueur en 2004 sur son trimaran Géant: "Si Eric Tabarly n'avait pas gagné cette transat en 1964 et 1976, on ne serait pas là aujourd'hui avec nos super bateaux." Retour sur 48 ans d'histoire(s) maritime(s).
1960 : Chichester le pionnier
Francis Chichester, premier vainqueur (DPPI).
C'est sous l'appellation d'Ostar, encore largement usitée aujourd'hui et traduction d'Observer Single-handed Transatlantic Race, que la Transat anglaise naît en 1960, créée par Blondie Hasler, un lieutenant-colonel des Royal Marines à la retraite et sous le patronage du Royal Western Yacht Club de Plymouth. Ils sont cinq aventuriers à s'élancer de Plymouth le 11 juin 1960 à destination de New York. Et c'est assez logiquement le plus grand bateau, un 39 pieds (11,90 mètres), qui inscrit le premier son nom au palmarès de l'épreuve, le Gypsy Moth III de Francis Chichester, en 40 jours, 12 heures et 30 minutes. Le Français Jean Lacombe sur son petit monocoque de 21 pieds (6,40 mètres) termine 34 jours derrière le Britannique.
1964 : La légende Tabarly
Eric Tabarly entre dans la légende (DPPI).
Que serait aujourd'hui la course au large française et même la simple voile de plaisance sans la victoire d'Eric Tabarly en 1964 ? En remportant la deuxième édition de l'Ostar en 27 jours à bord de son ketch de 44 pieds, Pen Duick II, le lieutenant de marine, seul Français en course, frappe un très grand coup. Grâce à une préparation professionnelle, il termine en tête à Rhode Island, sans savoir à ce moment qu'il remporte l'épreuve. Inconnu au départ, Tabarly devient une véritable idole en France avec cette victoire qui contribuera à la démocratisation de la voile et lui vaudra une remise de la Légion d'Honneur par le Général De Gaulle. Surtout, il suscite de nombreuses vocations, entraînant dans son sillage nombre de skippers qui connaîtront aussi la gloire, tels Alain Colas, Olivier de Kersauson, Philippe Poupon, Marc Pajot, Titouan Lamazou, Michel Desjoyeaux, Philippe Monnet, Francis Joyon, Yves Parlier, Jean Le Cam...
1968 : Williams joue au plus fin
Disputée dans des conditions dantesques, avec une grosse tempête et des vents de 60 noeuds, cette 3e édition de l'Ostar, avec 35 bateaux au départ, dont 13 multicoques, consacre Geoffrey Williams, vainqueur sur Sir Thomas Lipton. Un succès controversé, puisque le Britannique n'a pas bouclé le parcours exact et qu'il a profité de l'absence de règlement en la matière pour, grâce à une radio à haute fréquence, communiquer avec une équipe météo à terre et bénéficier ainsi de ce routage extérieur. Ce qui lui permettra de contourner la grosse dépression par le nord et de l'emporter en 25 jours et 20 heures. Le routage ne sera plus autorisé par la suite jusqu'en... 2004, la classe Orma (multicoques de 60 pieds) la rétablissant pour la 12e édition. Eric Tabarly, sur son tout nouveau maxi (pour l'époque) trimaran Pen Duick IV (20 mètres) abandonne prématurément.
1972 : Le triomphe de Colas et du multicoque
Alain Colas s'impose en 1972 (DPPI).
Huit ans après Eric Tabarly, Alain Colas remporte la 4e édition à bord du Pen Duick IV du maître, cette fois-ci bien fiabilisé. 20 jours et 13 heures lui sont nécessaires pour traverser l'Atlantique et imposer la supériorité des multicoques sur les monocoques. A bord du mono géant Vendredi 13 (40 mètres!), Jean-Yves Terlain échoue en effet 16 heures derrière Colas. Marie-Claude Fauroux est la première femme à boucler la Transat anglaise en 33 jours.
1976 : Tabarly au bout de la démesure
Club Méditerranée, le bateau de la démesure (DPPI).
Avec 125 bateaux au départ et la participation controversée d'Alain Colas sur un monocoque géant de 72 mètres doté de quatre mâts, Club Méditerranée, cette 5e édition restera celle de la démesure. D'autant que la météo s'en mêle, avec cinq grosses dépressions qui font des dégâts considérables. Deux skippers y laissent leur vie (Mike Flanagan et Mike McMullen) et seuls 73 bateaux terminent dans les délais. Victime d'une panne de pilote automatique, Eric Tabarly est sur le point de renoncer, mettant le cap sur la France avant de finalement repartir au combat. Epuisé, il s'impose en 23 jours et 20 heures sur Pen Duick VI, ketch de 73 pieds (23 mètres). Ce sera la dernière fois qu'un monocoque ira plus vite que les multicoques. Avec cette deuxième victoire, Tabarly atteint sans doute le sommet de sa carrière. Club Méditerranée, victime de problèmes de drisses, s'arrête à Terre-Neuve et termine deuxième avant d'être déclassé à la cinquième place suite à son escale technique.
1980 : La bouderie des Français
Quatre ans après la chaotique cinquième édition, les organisateurs sont revenus à plus de sagesse en limitant la taille des bateaux à 56 pieds (17 mètres) et le nombre d'inscriptions. Cette décision provoque la fronde de nombreux skippers français qui tournent le dos à l'épreuve pour se jeter dans les bras d'une transat concurrente, la Route du Rhum (dont la première édition a eu lieu en 1978). Contraint de renoncer suite à une blessure, Eric Tabarly laisse la barre de son futuriste Paul-Ricard à Marc Pajot qui prend le départ hors course (faute de temps, il n'a pas effectué la qualification obligatoire). L'Américain Phil Weld sur Moxie remporte en 17 jours et 23 heures (nouveau record) l'épreuve qui voit le triomphe des multicoques.
1984 : Fauconnier sur tapis vert
Yvon Fauconnier avant le départ en 1984 (DPPI).
Revenus en force sur la course, les Français marquent de leur empreinte la 7e édition de l'Ostar. Le podium est 100% tricolore avec dans l'ordre Yvon Fauconnier (le père de Karine), Philippe Poupon et Marc Pajot. Fauconnier est sacré sur tapis vert, puisque c'est Philippe Poupon qui coupe la ligne le premier après 16 jours et 6 heures de course. Mais comme le skipper de Umupro Jardin V se voit retirer 16 heures à l'arrivée, le temps qu'il a consacré à secourir Philippe Jeantot, victime d'un chavirage, Poupon apprend en pleine conférence de presse qu'il termine finalement deuxième, six heures derrière Fauconnier. Il s'effondre alors en larmes.
1988 : La revanche de Poupon
Quatre ans plus tard, Philippe Poupon a séché ses larmes: le skipper de Fleury-Michon pulvérise le record de la Transat anglaise en s'imposant en 10 jours 9 heures et 15 minutes, loin devant olivier Moussy, arrivé 19 heures plus tard, et Loïck Peyron. La course se professionnalise davantage avec l'informatique à bord qui prend une importance considérable et des multicoques toujours plus performants. Mike Birch percute une baleine sur Fujicolor, tandis que le Britannique David Sellings est victime d'une attaque en règle d'une cinquantaine de cétacés, l'obligeant à quitter son monocoque naufragé !
1992 : Peyron, première !
Rebaptisée Europe 1 Star, la course consacre la flotte des multicoques de 60 pieds. La bataille de stratégies fait rage entre partisans du nord, du sud et du «milieu» et après l'abandon de Laurent Bourgnon (rail de grand-voile cassé) et le chavirage de Florence Arthaud, qui, deux ans plus tôt a remporté la Route du Rhum, c'est Loïck Peyron qui s'impose haut la main sur Fujicolor avec 30 heures d'avance sur Haute-Normandie de Paul Vatine. En monocoques, Yves Parlier, sur Cacolac d'Aquitaine, termine juste un jour après les trimarans et signe un nouveau record encore valable en 14 jours 16 heures et 1 minute.
1996 : Peyron d'un souffle
Loïck Peyron signe le doublé (DPPI).
Après Eric Tabarly, Loïck Peyron Fujicolor II est le deuxième skipper à remporter l'épreuve pour la deuxième fois. Le Baulois coiffe sur le fil Paul Vatine de trois heures, exploitant mieux les courants en fin de parcours. Francis Joyon, qui a opté pour une option très nord, chavire à l'approche de Terre-Neuve, une mésaventure également rencontrée par Laurent Bourgnon sur Primagaz. Les skippers de monocoques boudent l'épreuve, préférant se concentrer sur la préparation du Vendée Globe (qui sera remporté par Christophe Auguin).
2000 : Le coup de maître de Joyon
Francis Joyon triomphe en 2000 (DPPI).
Lâché un an plus tôt par son sponsor Banque Populaire, Francis Joyon se présente au départ de l'épreuve sur Eure-et-Loir avec une préparation et un budget limités. Il s'est en effet préparé à l'écart, sans disputer les autres épreuves du circuit des multicoques, et on ne donne pas cher de ses chances de se mêler à la victoire, objectif déclaré des Cammas, Roucayrol, Guillemot ou Gautier. 9 jours 23 heures et 21 minutes plus tard, nouveau record à la clé, Joyon crée la surprise, s'imposant avec deux heures et demie d'avance sur Marc Guillemot et fêtant de la plus belle des manières les 30 ans de la Transat anglaise. Et pour que la fête soit encore plus belle, c'est une Britannique, Ellen MacArthur qui s'impose en monocoques sur Kingfisher devant Roland Jourdain.
2004 : Desjoyeaux le roi du solitaire
Michel Desjoyeaux termine devant Thomas Coville (OnEdition)
Solitaire du Figaro, Vendée Globe, Route du Rhum, Michel Desjoyeaux complète son incroyable collection de victoires en solitaire sur cette 12e édition, qui répond cette fois au nom de The Transat. Sauvée des eaux pour Mark Turner, l'associé d'Ellen MacArthur au sein de la société Offshore Challenges, la doyenne des transats en solitaire propose un plateau de choix avec la crème de la flotte des multicoques en circulation, retapée après la Route du Rhum 2002, et quelques uns des monocoques appelés à disputés cinq mois plus tard le cinquième Vendée Globe. Et si deux ans plus tôt sur le Rhum, «Mich' Desj'», pour sa première course sur Géant, a bénéficié d'un petit coup de pouce du destin avec les multiples abandons (15 sur 18), il signe cette fois un véritable coup de maître en prenant la tête de la flotte dès la deuxième nuit avant de creuser l'écart au plus fort de la dépression pour finalement contrôler ses poursuivants (dans l'ordre Thomas Coville et Franck Cammas) et s'imposer avec un nouveau record à la clé de 8 jours 8 heures 29 minutes et 55 secondes. Si Desjoyeaux succède à un autre Français en multicoque, en monocoque, la Transat anglaise reste propriété britannique avec le succès de Mike Golding sur Ecover. En proie à des soucis pour manipuler sa quille, l'ancien pompier profite des abandons successifs de Jean-Pierre Dick (chavirage), Vincent Riou (démâtage) et Bernard Stamm (chavirage après la perte de sa quille) et de l'avarie rencontrée peu avant l'arrivée par Mike Sanderson pour l'emporter en 12 jours 15 heures 18 minutes et 8 secondes (record), il ne sera en revanche pas là en 2008 pour défendre son titre.
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dimanche 4 mai 2008
Convoyage express vers Plymouth

The Artemis Transat J-7 : En pénétrant tôt ce matin dans la baie de Plymouth, Yann Eliès, à la barre de son grand monocoque Generali, bouclait un convoyage express de 170 milles nautiques en provenance de Douarnenez. 11 petites heures auront suffi au voilier blanc et rouge, toniquement propulsé par un bon vent de plus de 20 noeuds pour rallier le port de départ de l'Artemis Transat, course en solitaire en direction de Boston (USA).
Eviter Barbican
Confortablement installé au coeur de la Sutton Marina, à une encablure du quartier historique de Barbican (et de ses pubs...), Generali pouvait dès la matinée recevoir soins et attentions de la part des 6 préparateurs en charge du bateau. Yann va, quant à lui, entrer tranquillement et mentalement dans sa course. La quinzaine écoulée a été riche en navigations intenses et instructives. L'heure est au repos et aux menus travaux de finition, sans stress ni dispersion, et comme le souligne Yann lui-même, "en évitant Barbican"!
C'est un Yann Eliès amusé et un brin goguenard qui a procédé ce matin à l'amarrage de son Generali dans le bassin des concurrents de l'Artemis Transat, LA Transat anglais en solitaire. Amusé car le convoyage depuis Douarnenez a été un pur moment de plaisir, à plus de 14 noeuds de moyenne. Et goguenard à l'idée d'avoir tout simplement pris de vitesse son équipe logistique dont le ferry pointait à peine aux abords de la Baie de Plymouth quand Generali y croisait à pleine vitesse. 10 jours d'intenses navigations en compétition à Port la Forêt et Douarnenez ont gonflé le moral du skipper de Saint Brieuc. "Ce convoyage nous a une nouvelle fois convaincu de la justesse des améliorations apportées cet hiver à notre plan Finot-Conq." explique Yann. "L'assiette du voilier a grandement progressé dans le sens de la stabilité. Generali enfourne moins. Il est aussi plus vivant. Quant au nouveau mât, sa fiabilité ne fait pour nous aucun doute."
Repos et météo
Le programme de Yann pour la semaine à venir et dans l'attente du coup de canon de dimanche prochain 11 mai, sera rythmé par deux mots d'ordre, le repos, avec quelques promenades évasives dans la campagne anglaise, et la météo, dans laquelle Yann va peu à peu s'immerger. "Je dois me familiariser avec notre nouveau système d'acquisition de fichiers météos..." Le monocoque Generali demeurera aux bons soins d'Erwan Steff et son équipe. "Ces derniers 10 jours d'intenses navigations ont laissé de menues traces que notre équipe fortes de 6 hommes aura tôt fait d'effacer..."
Publié par
vie-project
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3:42 PM
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