Victoire de Pellecuer-Mouren sur SNEF Cliptol Sport
Laurent Pellecuer et Jean-Paul Mouren qui ont remporté mardi à Gustavia (Saint-Barthélemy) la 9e édition de la Transat AG2R, sont des marins "tendance épicurienne", goûtant sans retenue le plaisir de la navigation et de la convivialité.
"Je n'ai pas souvent gagné. On pistait ce truc depuis longtemps. On y avait bien réfléchi, après il fallait s'y tenir, et ce n'était pas évident de persévérer, à descendre dans le sud, après la porte de Porto Santo", a lâché Jean-Paul Mouren pour exprimer sa satisfaction.
Ce "truc", c'était d'aller chercher l'alizé, qu'ils avaient détecté sur des fichiers météo à hauteur de la Mauritanie. Auparavant, les deux compères avaient préparé leur course avec Kito de Pavant (vainqueur en 2006 avec l'italien Pietro d'Ali), lui aussi membre du pôle course au large de la Méditerranée.
"Kito nous avait aidés pour le routage avant le départ, il avait vu juste jusqu'au Portugal, après il nous a dit +débrouillez vous+. Nous l'avons eu au téléphone dans l'alizé, il nous a dit +c'est pas compliqué: tu vas là où il y du vent+".
"C'est vrai qu'on a douté un peu. A un moment nous avons fait un peu d'ouest et finalement après avoir réfléchi, nous sommes repartis sur notre première idée", a expliqué Pellecuer.
Ils n'ont donc pas suivi les "Bretons de Panurge", leurs camarades, du pôle course au large de Port-la-Forêt emmenés par Nicolas Troussel et Christopher Pratt (Financo) sur l'option nord. Résultat, "cirés et près" pour les "Bretons de Panurge" et "t-shirt et spi" pour les sudistes.
Au départ de Concarneau, le 20 avril, bien peu d'observateurs accordaient une chance de podium au duo, même si Mouren, le doyen de la course (55 ans), et Pellecuer (34 ans) jouissent d'une certaine considération au sein de la classe Figaro.
A l'escale, faute d'argent, chacun dort plus souvent dans son bateau ou dans le "camion" d'assistance qu'à l'hotel.
Côté navigation, ils préfèrent filer avec l'alizé, quitte à faire beaucoup plus de route, qu'entreprendre de fastidieuses remontées au vent. Ils restent d'une certaine façon des aristocrates de la voile. La classe Figaro (10,10 m) semble leur convenir à merveille; des bateaux capables de traverser l'Atlantique avec un confort légèrement supérieur à ceux de la classe mini (6,50 m), en alliant selon la formule de Pellecuer : "métier, plaisir et passion".
En plus, ils goûtent sans modération les escales, où il fait bon retrouver dans les tavernes les adversaires de la mer en mais avec pour chacun des anecdotes toujours plus savoureuses les unes que les autres.
Mouren et Pellecuer ont enterré enterré leur plan de carrière depuis longtemps au profit de la qualité de vie. Cette victoire, largement méritée leur vaudra désormais une autre considération et encore plus pour le pôle méditerranéen de course au large, qui pour la deuxième fois d'affilée a remporté, par ses marins interposés, la Transat AG2R.
mardi 13 mai 2008
TRANSAT AG2R : QUE DU BONHEUR
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dimanche 11 mai 2008
Transat AG2R :Ne pas mollir

Tenir, ne pas mollir… Voilà ce à quoi sont sommés les 23 équipages de la 9ème Transat AG2R. Après plus de 20 jours de course et alors qu’il reste encore 400 milles pour les premiers, 780 pour les derniers, tous sont logés à la même enseigne : celle de la longueur. Si quatre bateaux se disputent encore la victoire sous les latitudes tropicales et sont portés par l’envie et l’espoir d’accrocher la course à leur palmarès, d’autres jouent contre la montre. Pour, au mieux sauver quelques places, au pire ne pas s’éterniser sur l’océan. Ce matin la régate s’intensifie en tête : décalé au Sud, Solarinox (6è à 60 milles) accélère et menace de recoller à la tête de course emmenée par SNEF-Cliptol Sport…
En 2006, depuis 24 heures déjà, Kito de Pavant et Pietro D’Ali en avaient fini avec cette traversée océanique. Sur cette 9ème édition, les équipages doivent composer avec les langueurs océanes qui ont sérieusement freiné leur progression. La faute à une météo Atlantique, qui si elle n’a rien d’exceptionnel n’en a pas moins complexifié la partie. Au Nord et aux abords de la route directe, pas de salut qui tienne. Les milles sont là qui s’accumulent. Financo, ex et solide leader progresse en 10è position à 200 milles des premiers. Au Sud, on le sait, ça passe et ça avance. Mais les équipages ont considérablement rallongé leur route. Résultat : même s’ils progressent portés par un bon flux d’alizé, il leur reste encore 400 milles à parcourir.
Quadrature du cercle
Il y a une certaine quadrature du cercle à résoudre à deux bons jours de l’arrivée. Jamais simple. Quatre bateaux n’ont en effet de cesse de se disputer les honneurs de la victoire finale. Qui de Concarneau-Saint Barth, SNEF-Cliptol Sport, Cercle Vert ou encore Solarinox, trouble-fête désigné, l’emportera ? Quel sera le tiercé ? Sur l’eau, c’est toujours le même statu quo. Le tandem caraïbo-breton et le duo de sudistes jouent encore au chat et à la souris en tête. A l’aube du 21ème jour de course, avantage au tandem Pellecuer-Mouren qui a pris la tête et affiche 6 milles d’avance face aux impétueux de Concarneau-Saint Barth. Ces deux-là n’ont certainement pas fini d’inscrire leurs noms au palmarès de cette édition, dont ils se révèlent parmi les grands animateurs. Quant à la paire des experts de Cercle Vert, elle veille tout près derrière. Savoir les « vieux crabes » du bord à 12 milles derrière à deux jours du dénouement, voilà qui constitue une belle menace pour leurs prédécesseurs au classement.
Quant aux filous de Solarinox, ils fourbissent toujours leurs armes par-dessous. Leur stratégie ne manque pas de rajouter un peu sel. Ces dernières heures, les deux complices du bord, Ronan Guérin et Luc Poupon, ont en effet passé la vitesse supérieure. Ils ont repris 10 milles. Les voilà 6ème à 60 milles. Tous les rebondissements sont encore permis au regard de ces dernières évolutions et des routages qui les ont volontiers vus faire leur entrée les premiers… de conserve avec les sudistes de SNEF. Bref, rien est joué. Tout reste à faire. Et vogue l’incertitude !
Régate en baie de Gustavia
On prend les mêmes et on recommence, ou presque. A terre, mieux vaut prendre son mal en patience et ne pas chercher midi à 14 heures. La 9ème Transat AG2R ne livrera son verdict et ne désignera son grand vainqueur que dans les tout derniers milles. Paradoxalement, à l’issue d’une traversée qui traîne volontiers en longueur, les arrivées promettent de se succéder en accéléré. Le dénouement se jouera sans nul doute sur le mode de la régate au contact. On ne va pas s’en plaindre. C’est là toute la magie de cette traversée océanique à armes égales qui place les équipages sur un pied marin d’égalité. Et que le meilleur gagne !
TROPHÉE DE LA PERF :
TETRAKTYS
Pascal Desmarest et Bert Schandevyl ont parcouru 238,3 milles en 24 heures.
CLASSE MENT 11/05/2008 à 05:00
SNEF et Cliptol Sport
PELLECUER Laurent - MOUREN Jean Paul
CONCARNEAU - ST BARTH
PERON Eric - DANET Miguel
CERCLE VERT
MORVAN Gildas - LE CAM Jean
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vendredi 9 mai 2008
TRANSAT AG2R :Le coup de Trafalgar s'est confirmé par le sud

Transat Ag2r. C'est fait. Les tenants de l'option sud ont pris les commandes de la flotte. Il reste grosso modo 900 milles à couvrir.
L'option nord s'est consumée. Et toutes les larmes de ceux qui y ont tant misé n'ont pas fini de couler. Terrible, que cette inéluctable remontée engagée depuis maintenant plusieurs jours par les tenants du sud, et constatée à distance par les ouvreurs historiques de l'Ag2r. À bord de Financo (Troussel-Pratt), Défi Mousquetaires (Rouxel-Israël), Athéma (Tabarly-Biarnes), et Dégremont Suez Source de Talents (Monnet-Toulorge), les marins ont découvert au pointage de 11 h, hier, qu'ils avaient désormais les crocs plantés dans leur pain noir.
Selon toute probabilité, leur calvaire promet de durer. Dès mercredi, Nicolas Troussel annonçait d'ailleurs la couleur à son équipe à terre : « D'après les routages, et sur le papier, on arrivera 24 heures après les vainqueurs. Maintenant, on espère finir premiers de la bande des Ch'tis, même s'il peut toujours se passer quelque chose d'ici l'atterrissage. » D'où cette tentative tardive de se recaler sur la route la plus porteuse. « L'option du désespoir va-t-elle payer ? On verra bien qui va en sortir », interroge avec son habituelle sagesse Jean Le Cam (Cercle Vert).
Désormais devant, le Finistérien Éric Peron (Concarneau - Saint Barth), qui fait équipe avec Miguel Danet, l'enfant de Saint-Barthelemy, se garde cependant de toute extrapolation : « Ce n'est qu'un classement. Ça fait plaisir de voir que les nordistes sont enterrés, mais il va falloir batailler jusqu'à la fin. On reste concentrés. J'imagine que l'île doit être folle, mais Miguel est le premier à dire qu'il ne faut pas s'enflammer. »
Même tonalité du côté de Jean-Paul Mouren (SNEF et Cliptol Sport), qui préfère rester d'une prudence de Sioux pour les 900 derniers milles, et particulièrement l'atterrissage : « Le vent va un peu faiblir, le jeu de cartes va être un peu redistribué dans le petit temps. L'extrême sud va sortir du chapeau et l'extrême nord fera son apparition. » Propos de circonstance ou juste appréciation des derniers événements ?
CLASSEMENT 09/05/2008 à 05:00
SNEF et Cliptol Sport
PELLECUER Laurent - MOUREN Jean Paul
CONCARNEAU - ST BARTH
PERON Eric - DANET Miguel
CERCLE VERT
MORVAN Gildas - LE CAM Jean
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mardi 6 mai 2008
Transat AG2r: Nous ne sommes plus au près

Du nouveau sur la flotte de la Transat AG2R ? Quoi de neuf dans les eaux troubles de l'océan Atlantique ? Au dernier classement, pas de doute, les bonnes nouvelles viennent du Sud, du « Grand Sud », où Concarneau-Saint Barth, SNEF-Cliptol Sport ou encore Solarinox abattent les milles à vitesse grand V. Ce matin pourtant, le classement est à prendre avec des pincettes puisque sept bateaux ne sont pas localisés...
« La boussole, elle est con : elle indique le Nord alors que tout le monde préfère le Sud… » Cette phrase d'un humoriste ne fera certainement pas rire le petit groupe de bateaux qui mangent toujours leur pain noir dans les hauts du plan d'eau. Les classements de cette traversée de l'Atlantique, un peu comme la boussole, continuent pourtant de les mettre à l'honneur. Dans l'ordre et toujours pointés en tête par Argos, il faut jouer Financo, Athema et certainement Défi Mousquetaires. Coriaces et forts de leur petit matelas de milles d'avance, ils tiennent tête. Pour combien de temps encore ?
Sur l'eau, l'histoire qui se trame depuis plusieurs jours commence à s'écrire. Indéniablement, les adeptes de la Longue Route, tous ceux qui sont allés pêcher l'alizé à des latitudes limites raisonnables, récoltent les fruits de leur option. Et de leur audace. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes par 16° Nord… Là, l'alizé souffle à plein régime pour gonfler les voiles et le moral des troupes. Le pétillant Marseillais, Jean-Paul Mouren, a de quoi se réjouir. Aux côtés de Laurent Pellecuer à bord de SNEF-Cliptol Sport, il n'a pas fini de faire des étincelles. Ce matin, à l'aube, les deux compères sont revenus en force : ils n'affichent plus que 10 milles de retard sur Cercle Vert. Le speedomètre coincé à 11-12 nœuds, ils ont surtout repris la coquette somme de 100 milles en 24 heures sur la tête de flotte. La recette de ce succès et de cette progression à haut rendement ? Ils vont presque deux fois plus vite que Financo & Co.
Même topo du côté de Concarneau-Saint Barth qui avale les milles avec l'appétit d'un ogre et n'a pas son pareil pour rattraper un retard accumulé au prix de son option radicale.
« Plus t'es Sud, plus tu vas vite », résume de son côté Thierry Chabagny à bord de Suzuki Automobiles. Il a tout dit. Dans les quartiers des 18° Nord, il progresse non loin de Cercle Vert à 9 nœuds environ. Si le marin-pilote du bord ne cache pas sa satisfaction d'avoir redémarré et repris du terrain sur les premiers au classement officiel, il ne fait pas mystère non plus de ses craintes au regard de son positionnement. Difficile en effet de contenir le retour des bateaux qui glissent et surfent à l'étage du dessous. Comme quoi tout est une histoire de latitude, une question d'attitude…
Ils ont dit…
KPMG – Bertrand Castelnérac – 7ème au classement de 5h
« On mange notre pain noir comme on dit ! On attend le vent, on espère que ce sera bientôt notre tour de filer avec ceux du Sud. Ça rentre, mais très doucement, on est donc un peu résigné. Cela fait plus de 24 heures que l'on est vraiment dans la pétole, et donc qu'on a du mal à avancer. C'est plus très drôle là ! On aimerait bien aller à St Barth quand même…. En plus les fichiers n'annoncent pas de bonnes nouvelles ce matin. Mais on y croit, on espère un décollage immédiat. Parce que si ça continue, on aura plus qu'à se mettre derrière le paquet du Sud et attendre d'arriver… Pour garder le moral, on essaie de relativiser et de se changer les idées. Ce qui nous fait tenir c'est que l'on espère encore décoller … »
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SUZUKI AUTOMOBILES – Thierry Chabagny – 6ème au classement de 5h
« Depuis hier nous avons un peu redémarré. Actuellement on a du vent autour de 20 nœuds, ça glisse pas mal. On trouve ce qu'on attendait ici. Pour l'instant on est moins bien positionné que d'autres bateaux du Sud, mais c'est quand même rassurant de voir l'écart se resserrer avec le groupe du Nord. On ne joue plus le même jeu, on ne peut plus rien faire pour eux et réciproquement, nos systèmes météo sont complètement différents. Maintenant, nos adversaires directs sont les sept bateaux du Sud, c'est avec eux que l'on regarde les écarts de vitesse. Ce matin en l'occurrence, ce n'est pas terrible ! On souffre un peu car nous sommes les plus au Nord. Notre but reste de descendre encore plus Sud, mais le vent ne nous le permet pas, ou alors on risquerait de croiser derrière le groupe et de le payer cher. Donc pour le moment on profite des oscillations. Mais quoi qu'il en soit ça fait du bien, car avant-hier on surfait sur la dorsale et on avait peur qu'elle nous rattrape. Maintenant, on devrait avoir des alizés jusqu'à l'arrivée… »
ATLANTIK FT – Phil Sharp (4ème au classement de 11h)
«Nous ne sommes plus au près. D’ailleurs je pense que l’on va détester le près jusqu’à la fin de nos jours. Maintenant on est sous spi mais on ne va pas très vite. J’espère que l’on va pouvoir bouger. Je préfèrerais être au sud. Mais c’est la course. On était au nord. J’étais très content d’accrocher à ce groupe. Il n’y a pas beaucoup de nourriture pour finir la course jusque Saint Barth. Je suis moins inquiet sur les quantités d’eau. Alors que l’on doit faire des concessions sur l’alimentation. L’ambiance est géniale. C’est bon pour l’équipe. David conduit le bateau vite, moi je préfère faire la navigation. Heureusement, David mange moins que moi : il est très petit. »
LES MOUSQUETAIRES - Gwen Riou (7ème au classement de 11h)
« Ca va mieux. On commence à décoller. Nous sommes à 16 nœuds. On redémarre. Nous sommes en train de regarder la position de 11h. On a joué. On a tenté. Ca a bloqué. Mais on ne lâche rien. C’est sur que l’on a pris pas mal de milles. On va essayer de rester accroché. Il y a du vent de sud. Mais ça peut évoluer vite. Si on peut aller en route directe, on préfère. Le jeu va être serré. Les journées passent très vite. Finalement on ne se rend pas compte du rallongement de la transat. Nous sommes à bloc. On n’a pas d’horaire carré à caler. Lorsque nous avons un temps de repos, on fait à manger, on bosse tranquillement sur la navigation. Nous n’avons même pas le temps d’envoyer un petit mail. On tente d’anticiper sur la navigation et de barrer un maximum pour économiser de la batterie. On a un bon tandem. Il reste 1400 milles. Ce n’est pas rien. On peut encore revenir. »
SNEF ET CLIPTOL SPORT - Laurent Pellecuer (9ème au classement de 11h)
« Le bateau allait super vite toute la nuit. On a bien progressé vers Saint Barth. Le moral est au beau fixe. On était prudent ces derniers jours et on le reste. Solar Inox a une option sud et Cercle Vert a tendance à déborder. L’alizé n’est pas constant. Mais c’est sympathique de rester dans le groupe. On verra si les nordistes arrivent à poursuivre leur option. Mais je crois plus au sud. On regarde dans les rétroviseurs de tous les côtés. Il y a un moment ou un autre où ça va se décider. Je pense que le sud est très intéressant. A nous d’être malin pour la suite. On va faire de notre mieux. Solar Inox plongeait dans le sud un peu rapidement. C’était un peu osé. Après il y a deux ans, Kito de Pavant et Pietro d’Ali avaient bien négocié la route plus sud. Aujourd’hui les vents sont faibles au nord. Donc on opte pour le sud. Cercle vert est toujours dans le jeu. Je découvre la vitesse de Concarneau – Saint Barth’. Il a énormément d’audace. Il navigue vite. La course est divisée en trois parties. La première partie s’est passé à Porto Santo, la seconde parie il fallait de positionner à droite ou à gauche. La troisième concerne le sprint vers Saint Barth.
AQUARELLE - LE FIGARO - Jean Pierre Nicol (19ème au classement de 11h)
« On commence enfin à toucher les alizés. On continue d’aller un peu sud pour nous permettre d’accélérer au fur et à mesure. On a fait le plus dur. C’est un soulagement. Maintenant le jeu consiste à ne pas trop s’allonger la route. On joue avec Défi Transat et Tetraktys. A chaque course on apprend de nouvelles choses. Il faut gérer le groupe des sudistes et les centristes qui ont géré un bon planning sachant que les centristes ont encore un vent assez faible. J’estime l’arrivée le 14 au soir. Je reste plutôt optimiste. C’est un peu difficile mais ça fait trois ou quatre jours que l’on a bien compris que la course allait se prolonger. On avait pris pour 23 jours de mer. On garde de l’énergie pour la fin. Pour Fabrice c’est une découverte et il s’aperçoit que c’est plus difficile que prévu. On est un peu juste au niveau préparation. On a tous les deux des projets en solitaire. On espère continuer ensemble et partager la logistique et les entraînements. »
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lundi 5 mai 2008
TRANSAT AG2R : Peron & Danet accélèrent au Sud avec une journée à 245 milles

Du Nord au Sud, la révolte gronde toujours. Mais pour l’heure, les 23 équipages de la 9ème Transat AG2R ont beau s’être éparpillés tous azimuts, et se barricader avec force et conviction derrière leur option, l’Atlantique reste décidément peu enclin à faciliter leur traversée. Il résiste de tous les côtés. Aux abords de la route directe dans des vents contraires, au gré de l’alizé sur des chemins détournés : dans des conditions radicalement différentes, le même vent d’incertitude l’emporte. Partout sur l’échiquier, les chances de s’échapper et de l’emporter peinent à se manifester. C’est l’anarchie, « la chienlit » presque. A l’aube des 1365 milles qu’il reste à parcourir pour les premiers, le suspense s’intensifie toujours plus…
Au Nord, six bateaux dominent encore et toujours le plan d’eau et le classement. Imperturbables, Financo & Co s’accrochent à leur position, aussi inconfortable soit-elle. Les uns comme les autres n’ont évidemment pas jeté leur espoir par-dessus bord. Bien mieux, ils persistent et signent. Au rythme des dépressions, ils tricotent laborieusement leur sillon. Ils tiennent bon et gardent leurs distances avec le reste de la flotte. Financo, Athema et Défi Mousquetaires, Atlantik FT ou encore Groupe Celeos progressent dans des vents contraires et sur des eaux mal pavées. Ils sont en quête d’« une porte de sortie » qui doit les conduire tout droit sur la route de Saint Barth. Pour eux, « la barricade ferme la rue, mais ouvre la voie. » Ils y croient. Leur obstination et leur pugnacité ne manquent certainement pas de panache.
800 milles plus bas, à des latitudes beaucoup plus douces et confortables, les partisans de la route du Sud récupèrent, eux, les premiers fruits de leur audace. Ils ont encaissé les milles, ils ont dégringolé dans les classements, mais affichent désormais des vitesses de progression qui doivent commencer à éveiller les craintes des bateaux plus timorés dans la quête de l’alizé. Ils ont fait le grand tour, salué les Canaries, longé le Cap Vert. Ils prouvent aujourd’hui qu’ « exagérer, c’est commencer d’inventer ». Ils dévorent les milles avec appétit et se régalent comme l’illustre volontiers le bon moral des marins de SNEF-Cliptol Sport. Ou mieux encore les journées à 245 milles parcourus de Concarneau-Saint Barth. Le speedo bloqué à 10-11 nœuds, ce dernier file comme un avion. Gageons que le slogan de Mai 68 – « Je prends mes désirs pour des réalités car je crois à la réalité de mes désirs » - raisonne à bord de toute son actualité. L’espoir fait vivre. Il donne des ailes. Difficile pourtant de dire jusqu’à quand Concarneau-Saint Barth et ses complices du Sud vont pouvoir grappiller des milles et des places. 400-450 milles valent toujours grosso modo deux jours de retard sur les premiers. C’est bien là le revers de leur réalité…
Au centre, les équipages qui ont misé sur une « route raisonnable » dans des eaux toujours aussi troubles ne lâchent rien non plus. Freinés hier dans le ventre mou de l’Atlantique, ils ont vu leur retard de nouveau se creuser sur la tête de flotte. Tous, de Cercle Vert à Sopra Group, en passant par Suzuki Automobiles ou Lenze, ont concédé une trentaine de milles sur les leaders du Nord. Ils progressent désormais entre 300 et 380 milles. Dans leurs tableaux arrières, les plus extrémistes reviennent en force. Mais l’alizé est bel et bien avec eux et nourrit leurs convictions. Un grand groupe du Sud se forme après deux semaines de course et met le cap sur Gustavia. En marche et en avant. Aura-t-il assez d’élan ? La route de Saint Barth reste semée de pièges et d’embûches. Mais, une certitude demeure. Du Nord au Sud, elle est le moteur de la flotte dans sa lente et laborieuse progression vers l’arrivée : « Sous les pavés, la plage… »
Ils ont dit…
SNEF Cliptol Sport – Laurent Pellecuer (15ème au classement de 5h) : « Ca accélère ! Le vent est encore un peu plus fort et a changé d’angle, donc on s’adapte. La météo est vraiment sympa pour nous, au Sud. Pour Lucky Poupon, Concarneau – St Barth et nous, c’est génial. Dire que l’on peut rattraper Cercle Vert serait s’avancer un peu, mais en revanche je pense que les Nordistes auront beaucoup de mal à rejoindre St Barth avant nous. Nous sommes comme trois avions de chasse à fond les ballons vers St Barth ! Mais bon, il y a encore le temps d’avoir des surprises avant l’atterrissage … On commence à regarder dans le rétro oui, il est vrai que Concarneau St Barth continue de revenir sur nous, mais en même temps nous sommes dans la même zone météo donc il y a un moment où ils vont ralentir. Actuellement nous avons 22 nœuds de vent et sommes en route directe. Le moral est donc au beau fixe, d’autant plus que ces conditions devraient encore continuer quelques jours… »
SOPRA GROUP – Antoine Koch (12ème au classement de 5h) : « Tout se passe bien, on a franchi la dernière zone sans vent, enfin… On espère que c’était la dernière ! Le vent commence à entrer, et j’espère que c’est aujourd’hui que nous commencerons à toucher les vents plus forts. Pour moi, le groupe du milieu, c’est-à-dire Cercle Vert, Suzuki Automobiles, Banque Populaire, Sopra Group, va croiser assez proche le groupe du Sud. Nous devrions ne faire qu’un paquet d’ici 24 ou 48 heures, et pour moi c’est ce groupe qui a le plus de chance d’arriver en premier. Le jour de notre arrivée est difficile à évaluer. Nous avons commencé à économiser la nourriture et l’énergie depuis le Cap Finisterre, car nous sentions que la course allait être longue ! L’organisation à bord se passe bien, d’autant plus qu’on a la chance d’avoir déjà navigué ensemble. On se connaît bien, on s’entend bien, on a confiance l’un en l’autre et donc on fait bien marcher le bateau. En revanche nous sommes toujours très concentrés pour mettre nos choix stratégiques en place. Et ce n’est pas fini, le chemin est encore long et nous attendons des nuits sans lune avec des alizés forts. Nous sommes content de notre positionnement, depuis Madère nous sentons que nous sommes dans le bon groupe. »
CLASSEMENT DU 05/05/08 05:00:00 Locale PARIS
1 FINANCO TROUSSEL Nicolas - PRATT Christoph 1365,8 0,0
2 ATHEMA TABARLY Erwan - BIARNES Vincent 1390,3 24,6
3 DEFI MOUSQUETAIRES ROUXEL Thomas - ISRAEL Erwan 1393,3 27,5
4 GROUPE CELEOS TREUSSART Ronan - MARCHAND Anthony 1419,2 53,4
5 ATLANTIK FT KRIZEK David - SHARP Phil 1428,1 62,3
6 DEGREMONT SUEZ SOURCE DE TALENTS MONNET Jean Charles - TOULORGE Ale 1432,4 66,6
7 GEDIMAT TRIPON Armel - VITTET Dominic 1519,9 154,1
8 LES MOUSQUETAIRES DE BROC Bertrand - RIOU Gwen 1531,5 165,7
9 KPMG RIOU Elodie - CASTELNERAC Bertrand 1623,8 258,0
10 CERCLE VERT MORVAN Gildas - LE CAM Jean 1667,0 301,2
11 SUZUKI Automobiles CHABAGNY Thierry - DOUGUET Corenti 1684,5 318,7
12 SOPRA GROUP KOCH Antoine - GENDRON Grégory 1706,7 341,0
13 BANQUE POPULAIRE GREGOIRE Jeanne - LUNVEN Nicolas 1739,6 373,8
14 LENZE LE GAL Franck - LE ROUX Erwan 1762,1 396,3
15 SNEF et Cliptol Sport PELLECUER Laurent - MOUREN Jean Pa 1770,8 405,0
16 SOLAR INOX GUERIN Ronan - POUPON Luc 1772,7 406,9
17 AQUARELLE - LE FIGARO AMEDEO Fabrice - NICOL Jean Pierre 1785,6 419,8
18 DEFI TRANSAT LIVORY Yannig - LIVORY Erwan 1814,0 448,3
19 CONCARNEAU - ST BARTH PERON Eric - DANET Miguel 1815,3 449,6
20 SABLIERES PALVADEAU BELLOIR Aymeric - DOMBRE Pierre 1876,1 510,3
21 AXA Atout Coeur pour AIDES NIGON Erik - POULIGNY Cédric 1891,9 526,1
22 TETRAKTYS DESMARETS Pascal - SCHANDEVYL Bert 1911,7 545,9
23 SOJASUN WARDLEY Liz - Black Nick 1944,9 579,1
Info presse Rivacom / www.transat-ag2r.com
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