jeudi 7 février 2008

LA ROUTE DE L'OR




Après cinq jours d’arrêt forcé aux portes du Cap Horn pour cause de mauvaises conditions météorologiques, l’attente du maxi-catamaran armé par le Baron Benjamin de Rothschild touche à sa fin. Suite à une dernière nuit à l’abri de la Terre de Feu, Gitana 13 devrait reprendre sa route, en direction de San Francisco, dans la matinée.

Lionel Lemonchois et ses neuf hommes d’équipage sont de retour aux affaires : à l’assaut du chronomètre de la Route de l’Or.

« Pour notre passage du Horn, le vent devrait avoir faibli à 25 nœuds … mais la centaine de milles qui nous sépare du Cap ne sera vraiment pas une partie de plaisir ! » expliquait Dominic Vittet. Car c’est au près (face au vent, ndlr) que le maxi-catamaran de 33 mètres devra se frayer un chemin jusqu’à la pointe sud-américaine. Rappelons que cette allure serrée se révèle peu confortable, et ne convient pas tout à fait aux multicoques et qui plus est aux catamarans.
Heureusement, sitôt le légendaire promontoire paré, Lionel Lemonchois et ses neuf équipiers attendent une rotation du vent à l’Est-Sud Est ; une bascule synonyme de vents portants : « 50 milles après le Horn, le vent va tourner et s’orienter en notre faveur. Ce flux nous permettra de mettre cap à l’Ouest-Nord Ouest pour aller chercher une nouvelle dépression » précisait le navigateur embarqué.

Le passage du Cap Horn est programmé dans la soirée, voire demain vendredi, dans la matinée. Cette estimation dépendra non seulement de la capacité de Gitana 13 à remonter au vent sur les 110 milles nautiques qui séparent le Détroit de Lemaire du fameux rocher. Mais également de l’état de la mer et de la force du vent que rencontreront réellement les dix marins. Bien que au portant, la remontée le long des côtes déchiquetées du Chili s’annonce également délicate pour l'équipage de Lionel Lemonchois.

« Nous sommes naturellement ravis que cette attente se termine. Compte tenu de la situation météo nous n’avions pas d’autre choix que de faire le dos rond, mais c’est assez dur lorsque l’on part pour une course contre la montre de se retrouver à patienter en zigzaguant le long des côtes. C’est assez drôle de vivre des situations proches de celles des récits historiques que l’on a pu lire sur le Cap Horn. Cela ajoute de la magie aux lieux et à notre aventure » raconte un des équipiers du bord, Olivier Wroczynski.

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