
Les dernières heures du record
« L'arrivée dans la nuit était un peu délicate. J'avais abordé le plateau continental avec une grosse densité de bateaux de pêche et j'ai été obligé de me dérouter deux fois pour éviter des bateaux : d'abord un bateau de pêche puis un cargo qui est passé seulement une dizaine de mètres derrière mon bateau. C'étaient encore des moments impressionnants. C'est relativement rare de devoir se dérouter comme cela, surtout deux fois en si peu de temps. »
L'accueil et la ferveur populaire à Brest
« J'ai l'impression d'être arrivé sur la lune ! Arriver à Brest avec toute cette foule de gens, c'est une chose que je n'avais jamais connu auparavant. La ferveur et la chaleur des Brestois m'ont impressionné… »
Un résumé du parcours ?
« C'est un peu difficile ! J'ai eu la chance de bénéficier d'un bateau qui permet de naviguer vite, longtemps et sur de grands trajets. Il faut imaginer un véliplanchiste qui ferait une glissade ininterrompue à travers les océans. L'indien a été très rapide. Dans le Pacifique j'ai du batailler un peu plus avec des phénomènes météo très complexes qui m'ont obligé à descendre très sud, avec une journée spéciale où j'ai vu 5 icebergs dans la même journée, ça commençait à être un peu inquiétant. J'avais du mal à voir les différences entre les crêtes de vagues et les glaces. Je suis passé assez rapidement au cap Hon et après, dans la remontée de l'Atlantique, j'ai découvert ce que c'était de s'arrêter. Puis, j'ai eu beaucoup de vent debout, auquel les trimarans ne sont pas vraiment adaptés. Ensuite, malgré les soucis techniques, le bateau a réussi à rentrer. Ca n'a pas été facile tous les jours… mais je suis très content d'être là, avec vous, aujourd'hui. »
Le secret de Joyon ?
« Je ne sais pas si j'en ai un et quand on est fatigué, on peut vite devenir mystique, il faut faire attention ! (rires)… Peut-être que j'ai su respecter les éléments, avec un bateau qui ne polluait en rien, alimenté par des dispositifs écologiques. Peut-être que j'ai eu le respect de la mer et que c'est pour ça qu'elle m'a laissé passer. »
Le plus difficile ?
« Le plus dur c'était les ascensions du mât pour tenter de réparer cette avarie sur la fixation du hauban, en particulier la première montée sur une mer croisée. J'étais très secoué, je n'arrêtais pas de me cogner au mât, c'était vraiment dangereux… »
Le routage de Jean-Yves Bernot ?
« Jean-Yves a fait beaucoup de navigation en équipage. Parfois il dit : dans 24 heures tu es sensé être plus de 600 milles plus loin.. Il met la barre un peu haut ! Lui, il réagit toujours sur 100% du potentiel. Il m'exprimait la capacité du bateau à être à tel ou tel endroit à une échéance, en fonction des champs de vent. Et ça m'incitait à y aller… »
Ellen MacArthur et Thomas Coville
« Merci à eux aussi. Sans Ellen, le bateau n'aurait pas existé, car si elle n'avait pas repris ce record il y a trois ans, il n'y aurait pas eu de raisons d'y retourner. Grâce à Thomas, on a été appelés à faire un bateau le plus performant possible. Il a élevé l'exigence. »
Le bateau justement ?
« C'est tout juste si je ne me suis pas fait tirer les oreilles par mes architectes qui m'ont dit que j'étais allé trop vite, que je n'avais pas respecté le programme du bateau (rires)! Plus sérieusement, Nigel Irens et Benoît Cabaret ont fait un travail extraordinaire. Le bateau a une capacité incroyable à passer dans les vagues de manière harmonieuse. Je n'avais jamais connu ça auparavant et c'est aussi ce qui permet d'aller vite. Mais c'est toute une équipe… »
L'équipe
« Les architectes, les constructeurs du bateau, des mâts, des voiles (qui rentrent sans aucune déchirure ni usure…) tous se sont donnés à fond. Je pense encore à Marsaudon Composites, à Christophe Houdet, tout le monde… Une équipe extraordinaire. Il y a eu beaucoup de passion, beaucoup de plaisir. C'est ce qui fait qu'IDEC est réussi. Et que c'est un super bateau. »
La confiance
«Je pensais que la probabilité de battre le record était d'une chance sur trois ou quatre. Le simple fait de réussir à boucler un tour du monde en multicoque sans avarie et sans s'arrêter n'est même jamais gagné d'avance, avant de parler de record …. »
La météo
« Jusque dans l'Indien oui, c'était glisse et vents favorables, même s'il y a toujours les difficultés inhérentes à ce genre de parcours. Le Pacifique a été normalement difficile et l'Atlantique a été beaucoup plus difficile que la moyenne. Un moment, il faut sans doute payer quelque part les facilités que la nature nous a offert auparavant. C'est la remontée de l'Atlantique la plus laborieuse que j'ai jamais faite »
Pensé à l'abandon ?
« A l'Equateur, après l'avarie sur le hauban, j'ai imaginé un moment aller dans l'archipel de Fernando de Noronha pour aller travailler dans le mât, mais c'était quand même à 400 milles… Au pire je serai reparti en course après un arrêt technique, mais je n'ai jamais imaginé abandonner. »
Le bilan du bateau propre, sans énergie fossile ?
« J'avais des appareils qui dépensaient le moins possible. Un bateau, c'est comme une île et comme la planète : il faut protéger l'environnement mais aussi d'abord moins consommer les énergies non-renouvelables. Ca a très bien fonctionné, avec mes batteries toujours chargées à fond. Le bilan est extrêmement positif : 20 kg d'éolienne, 20 kg de panneaux solaires et 15 litres de méthanol pour la pile à combustible, c'est beaucoup plus léger qu'un moteur et tous ses litres de carburant. Et c'est une satisfaction de faire ça dans un bon esprit, en essayant d'avoir l'impact le plus réduit possible sur la planète. »
Le futur
« J'essaierai probablement Cadix-San Salvador, des records dans le Pacifique et probablement tenter de reprendre celui des 24 heures à Sodeb'O.
Le bateau va vous manquer ce soir ?
« Je ne vais pas en être loin très longtemps. J'ai monté la plupart des pièces moi-même, c'est une présence au quotidien… Je vais m'occuper de lui dès qu'il sera rentré à la Trinité. »
ILS ONT DIT :
Patrice Lafargue, PDG d'IDEC
Faire un tour du monde en solo sur un multi, c'est au-delà du sport. C'est une aventure. Avec Francis, nous avons une vraie histoire d'amitié basée sur des valeurs partagées. J'ai la chance d'avoir rencontré un Monsieur, quelqu'un qui me passionne, simple et réservé… ça fait du bien de rencontrer des gens comme lui, atypiques. Il nous a fait un tour du monde fabuleux, il n'y a pas de mots pour décrire ça. Quand il est parti, j'ai eu de l'appréhension.. quand quelqu'un part comme ça, vous voulez qu'il revienne. Le record est fabuleux, extraordinaire… mais je suis surtout content de revoir Francis. L'avenir ? On pourra faire de belles choses encore ensemble, mais c'est trop tôt pour en parler et on est des enfants gâtés, il nous a battu tellement de records…
Jean Todt, parrain de l'ICM et du trimaran IDEC
« J'ai toujours nourri une grande admiration pour ce risque que prennent les marins, surtout en solitaire. J'avais été ébloui par la performance d'Ellen MacArthur, je suis super ébloui par celle de Francis. J'ai eu la chance de l'avoir à deux reprises au téléphone, par hasard dans des moments difficiles et il était étonnant de calme. Je l'ai suivi avec beaucoup d'émotion, admiratif du courage qu'il faut, d'autant que moi je n'oserais même pas traverser le lac du bois de Boulogne à la voile… Plus sérieusement, pour réussir le projet de l'ICM, on a besoin de grandes personnalités comme Francis»
Professeur Gérard Saillant, fondateur de l'ICM et parrain du trimaran
« J'ai vécu ce tour du monde comme chacun, en regardant Internet tous les matins, en m'inquiétant de savoir s'il n'avait pas de souci à bord… et la dernière semaine a été plus difficile que les autres. A l'arrivée, Francis avait les yeux peut-être un peu fermés et un peu petits, mais je l'ai trouvé en forme. C'est un homme extraordinaire de résistance physique. La machine est fantastique, mais c'est bien l'homme qu'il faut mettre en avant. Je le remercie de nous soutenir dans notre cause qui est de tenter d'apporter des réponses aux maladies du cerveau et de la moelle épinière, qui toucheront une personne sur huit d'entre nous.»
LE PDG DE « IDEC ». « JOYON, MON ANTI-STRESS »
Dans le monde de la voile professionnelle, le parrainage est devenu indispensable. Sans partenaire, le marin ne navigue pas. L’histoire entre Patrice Lafargue, P-dg de « Idec », et Francis Joyon va bien au-delà du sponsoring : « Francis est d’abord mon ami ».
À 46 ans, Patrice Lafargue est à la tête d’une société de 250 personnes installée à Blois (1). Chiffre d’affaires en 2007 : 180 millions d’euros et une croissance à deux chiffres. L’homme, pas marin pour un sou -il est né au milieu de la France, à Nevers dans la Nièvre-, est venu à la mer au hasard d’une rencontre avec le skipper de Locmariaquer.
« Avec lui je me suis mis à rêver »
C’était en 2003. « Soit un an après la Route du Rhum 2002 où il avait perdu son trimaran : Francis est venu nous expliquer qu’il voulait tenter de battre le record autour du monde sur multicoque. Il était sûr de le battre mais personne ne voulait le suivre dans l’aventure. » Le patron de « Idec » a dit banco. « Il m’a émerveillé : il nous racontait calmement son chavirage : c’était incroyable. Il m’est apparu simple, rassurant. Tel un enfant devant une BD, je me suis mis à rêver : j’étais dans un conte. » On connaît la suite : avec un vieux multicoque, Joyon s’en va scalper le vieux record de Kersauson. Après le monde, il s’offre, dans la foulée, le record de l’Atlantique. Hélas, une fois la ligne franchie, Joyon s’endort et perd son bateau sur les rochers. « J’étais triste et je ne voulais pas le laisser comme ça. On lui a offert un bateau neuf, "Idec 2" ». Budget global : 3 millions d’euros. Pas un centime de plus. « Francis ferait un bon directeur financier : il avait une enveloppe mais il n’a pas tout dépensé. Avec lui, faut pas gâcher. C’est un marin artisan, version PME. »
Pas d’obligation de résultats
Avec ce record exceptionnel en temps mais aussi en retombées médiatiques, Patrice Lafargue a touché le jackpot. Il modère le propos : « Idec n’est pas une marque grand public, donc en terme de sponsoring pur, cela n’a pas de réel intérêt. Cela dégage une belle image et nous donne un capital sympathie. » L’exploit de Joyon n’aurait donc pas de répercussion sur le carnet de commandes de la société ? « Aucune. » D’ailleurs, Joyon n’a aucune obligation de résultats : « Comme il le dit, cela lui donne juste des devoirs ».
Aucun contrat
Depuis qu’ils se sont rencontrés, les deux hommes ont toujours été sur la même longueur d’onde. Pas la moindre tempête à signaler. À tel point qu’aucun contrat ne les lie. « Nous sommes des amis. De vrais amis. Je suis dans la voile parce que Francis fait de la voile. Il aurait fait du vélo, j’aurais acheté un vélo. » L’homme d’affaires va plus loin. Il avoue que son marin fétiche lui permet de garder les pieds sur terre : « Francis me donne de la force : c’est comme une drogue, mon EPO, un décompresseur, un décontractant. J’ai besoin de ça pour m’évader ». Et demain, s’il n’obtient plus aucun résultat ? « Franchement, je m’en fous : il restera toujours mon ami. Il me donnera des cours de voile. » (1) Le groupe « Idec », ce sont onze sociétés, en France et en Europe, spécialisées à la réalisation de projets d’immobiliers d’ entreprises.
Anne Liardet, Alain Gautier, Jean-Luc Van den Heede, Jérémie Beyou, Philippe Monnet, Jacques Caraës : nombreux étaient les marins sur les quais du port de commerce. Parmi les 2.500 anonymes qui ont réservé un accueil triomphal à l’incroyable Francis Joyon, certains étaient venus de loin à l’image de ce couple de Croates. Après avoir suivi toute l’aventure sur internet, ils sont venus en voiture jusqu’à Brest pour tenter d’apercevoir leur héros.
Francis Joyon, qui a construit son premier multicoque à partir d’éléments récupérés dans les poubelles de la course au large, a gardé cet esprit. Il est très économe du matériel et adepte de la récupération et de la chasse au gaspi. Certains équipiers le surnommaient « Francis faut pas gâcher ». Sur son nouvel « Idec », il a réinstallé des éléments d’accastillage du premier trimaran et notamment « la fameuse barre à route qui connaît la route ».
Malgré son problème en tête de mât, il n’a jamais pensé à l’abandon : « Au niveau de l’équateur, j’ai vu que l’île la plus proche était Fernando de Noroha : l’escale étant autorisée par le règlement, j’ai pensé m’y arrêter pour trouver un endroit calme pour travailler en toute sécurité dans le mât »
.
Il y a quatre ans, Joyon s’était débrouillé seul pour l’analyse météo. Il y passait quatre heures par jour. Pour cette tentative, il s’était offert les services d’un spécialiste, Jean-Yves Bernot. « Bernot a placé la barre très haut. Parfois, il me disait : "Dans 24 heures, tu es censé être 680 milles plus loin..." Parfois, j’avais envie de lui dire qu’il poussait fort. Avec lui, c’était du 100 % ».
Selon Joyon, la casse fait partie du jeu, surtout autour du monde : « On ne peut pas espérer faire un tour du monde sans rencontrer de problèmes techniques, parce que ce sont des bateaux puissants, rapides qui fatiguent énormément le matériel. Je n’ai pas touché un outil pendant presque 40 jours. Les problèmes sont arrivés après, parce qu’il y a l’usure du bateau, des cordages : on est obligé d’en tenir compte dans un tour du monde ».
jeudi 24 janvier 2008
RETOUR SUR EXPLOIT
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DÉPART POUR GROUPAMA 3

Groupama 3 s´est élancé ce jeudi 24 janvier à 8h 50´ 17´´ (heure française) sur la ligne de départ du Trophée Jules Verne, ligne définie par l´alignement du cap Lizard (Angleterre) et du phare de Créac´h (Ouessant). Franck Cammas et ses neuf équipiers doivent franchir cette même ligne après avoir viré les trois caps avant le 15 mars à 01 heure 09 minutes 21 secondes (heure française) pour s´adjuger le record autour du monde.
C’est parti : le trimaran vert a franchi la ligne de départ à quelques encablures du phare de Créac’h dans une jolie brise de secteur Nord-Ouest d’une quinzaine de nœuds sous grand voile à un ris et trinquette. Groupama 3 filait déjà à plus de 25 nœuds en route vers le cap Finisterre qu’il devrait atteindre en fin de journée. Les prévisions météorologiques laissent augurer une belle descente pour cette première journée de mer puisque la brise devrait rapidement tourner au secteur Nord en forcissant vingt nœuds, puis à l’Est près des côtes espagnoles en atteignant plus de trente nœuds. Les premières 24 heures devraient donc permettre à Franck Cammas et ses neuf équipiers de pointer au large de Lisbonne demain matin vendredi.
Yves Parlier, navigateur de Groupama 3 :
« Nous sommes arrivés dans la nuit au large de Ouessant et nous avons pris la cape pour dériver avec la marée montante pour nous retrouver dans l’Est de l’île. Ce jeudi matin, vers 7h15, nous avons commencé à manœuvrer pour remettre le bateau en route sous grand voile à deux ris et trinquette. Puis nous avons abattu pour empanner et naviguer tribord amure dans une brise d’une quinzaine de nœuds. Nous avons renvoyé un ris et nous nous sommes élancés sur la ligne. Mais la mer de face associée à des remous et à la houle rendait le départ assez mouvementé, mais dès que nous avons dépassé Ouessant, la mer s’est assagie. Maintenant nous avançons à 25-27 nœuds avec une houle de travers en suivant notre routage. »
Les trois quarts du bord :
L’équipage de Groupama 3
Franck Cammas : skipper & chef de quart 1
Franck Proffit : chef de quart 2
Steve Ravussin : chef de quart 3
Yves Parlier : navigateur
Sébastien Audigane : 2ème barreur
Loïc Le Mignon : 2ème barreur
Frédéric Le Peutrec : 2ème barreur
Jan Dekker : équipier d’avant
Ronan Le Goff : équipier d’avant
Jacques Caraës : équipier d’avant
Les temps de référence
Trophée Jules Verne : 50j 16h 20’ (Orange II en 2005)
De Ouessant à l’équateur : 6j 11h 26’ (Geronimo en 2003)
Interview de l’équipage de Groupama 3
Franck Proffit : « Les phases de pré-départ ne sont pas très agréables à vivre, mais l’équipage est resté toujours très concentré. Cela fait tout de même un mois et demi que nous attendons l’ouverture ! Nous voulions un bateau léger, donc avec peu d’équipiers, ce qui a orienté le choix vers dix hommes embarqués avec qui nous avions déjà navigué. Il fallait aussi qu’il y ait des affinités parce que nous n’avons que 13 m_ de surface habitable… »
Jan Dekker : « J’arrive de Cape Town où il faisait beau puisque c’est l’été en Afrique du Sud. En tant que numéro un, je m’occupe des voiles d’avant et il y a donc pas mal de travail sur le pont. Nous sommes trois n°1 à bord (un dans chaque quart) et si je ne connais pas bien le bateau car je n’ai navigué que deux fois à bord, je vais apprendre le plus vite possible… »
Yves Parlier : « Le rôle que m’a confié Franck est de récolter plusieurs fois par jour des fichiers météo et des images satellites avec lesquels je vais lancer des routages. Ce travail sera confronté à celui de mon pendant à terre, le météorologiste Sylvain Mondon, ce qui permettra de définir avec Franck, la trajectoire optimale pour les deux jours à suivre. Il me faudra aussi expliquer à tous les équipiers les objectifs à court terme : laisser glisser, faire du cap, accélérer, économiser le bateau… Il faut aussi confronter les prévisions à la réalité en surveillant l’évolution météo pour se préparer aux conditions à venir. »
Sébastien Audigane : « Groupama 3 est un trimaran léger alors que Orange II était un catamaran plutôt lourd. On peut s’attendre à un gain de cinq jours car le bateau a le potentiel mais déjà, si nous passons sous la barre des cinquante jours, ce sera très bien. A part les quarts qui sont de trois heures au lieu de quatre, nous avons adopté le même type de fonctionnement que sur Orange II. »
Frédéric Le Peutrec : « Par rapport à Club Med sur lequel j’ai fait The Race, le trimaran est plus fin, très réactif, mais il demande beaucoup de concentration pour aller vite. Surtout il transmet beaucoup de plaisir à la barre ce qui est une grande qualité pour un bateau qui doit parcourir des milliers de milles... »
Steve Ravussin : « Si on a de belles vagues dans le Grand Sud, je serai comblé ! C’est un trimaran merveilleux, qui va très vite, très longtemps. »
Ronan Le Goff : « Orange II était plus gros, donc nous étions quatorze pour manœuvrer, surtout qu’il n’y avait pas d’enrouleur de génois. Mais Groupama 3 demandera à peu près la même énergie pour aller vite… »
Loïc Le Mignon : « Cela fait deux ans que nous préparons le bateau et un mois et demi que nous patientons : tout le monde est plutôt rassuré car les conditions au départ s’annoncent très maniables avec une quinzaine de nœuds puis 25-30 nœuds en arrivant sur le cap Finisterre. Cela va nous donner le temps de nous réhabituer au bateau et à la mer : c’est une entrée en matière tranquille. »
Jacques Caraës : « Je vais m’occuper de la vidéo avec Steve mais comme le bateau est exigeant et pas toujours bien protégé, il ne sera pas facile d’enregistrer des images aux moments les plus chauds ! Mais d’ors et déjà, ce tour du monde se présente comme une belle aventure que je vais essayer de faire partager à la terre. »
Franck Cammas : « Je suis le plus jeune de l’équipage et ce sera la première fois que j’irai dans les mers du Sud. Je suis donc très heureux de partir sur ce bateau rapide et qui a les capacités à battre le record autour du monde. Surtout entouré d’un équipage compétent, une bande de copains ! Sur la traversée de l’Atlantique, nous avons gagné quatre heures sur quatre jours, alors si nous gagnons 50 heures sur 50 jours, ce sera très bien. Mais Orange II avait profité d’une excellente météo sur la descente de l’Atlantique… Je ne sais pas si nous aurons les mêmes conditions ! »
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lundi 21 janvier 2008
GROUPAMA 3 : LE DÉPART JEUDI SE PRÉCISE

Code orange dimanche... et code jaune aujourd'hui. Franck Cammas confirme qu'il faut se tenir prêt à un départ de Groupama 3 pour le Trophée Jules Verne sous 48 heures. Le maxi trimaran de 31,50 m devrait quitter Lorient mercredi 23 janvier dans l'après-midi, afin de couper la ligne de départ au large de l'île de Ouessant jeudi 24 au petit matin.
Dans l'attente d'une fenêtre météo favorable depuis le 6 décembre dernier, Franck Cammas et ses neuf équipiers ont déjà vu deux créneaux s'ouvrir et se refermer (le 24 décembre et le 1er janvier, ndlr). Ils savent ainsi combien les prochains jours seront déterminants à leur départ.
Pour l'anecdote, si Groupama 3 venait à franchir la ligne au large de Ouessant jeudi prochain, il s'élancerait trois ans jour pour jour après Orange II, actuel détenteur du Trophée Jules Verne en 50 jours 16 heures 20 minutes et 4 secondes.
L'avis de Sylvain Mondon, expert météo de Groupama 3 :
« La fenêtre que nous étudions est étroite, elle ne durera que quelques heures, et émane d'une situation peu classique pour un départ de Tour du Monde. En effet, l'anticyclone des Açores qui est actuellement positionné assez Nord remonte sur la Manche en repoussant un front froid. A l'avant de ce front, nous observons un vent de Sud-Ouest de 10-15 nœuds, mais qui devrait tourner pour quelques heures au secteur Nord-Ouest, entre 20 et 30 nœuds. Aujourd'hui, nous observons ce phénomène dans la matinée du jeudi 24 janvier. Ce créneau étant lié à la poussée anticyclonique, il faut surveiller de près le déplacement de l'anticyclone des Açores dans les prochains jours, car si il se déplace plus vite que prévu, la fenêtre peut se refermer.»
Bravo Monsieur Joyon !
Par ailleurs, quelques heures avant de s'élancer sur le même parcours, Franck Cammas et Franck Proffit n'ont pas manqué de féliciter Francis Joyon pour son record extraordinaire dans le Tour du Monde en solitaire à bord du trimaran IDEC en seulement 57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes, soit 14 jours de mieux que le précédent chrono détenu par la britannique Ellen MacArthur depuis 2005.
Franck Cammas, skipper de Groupama 3 :
« Vraiment chapeau ! J'ai bien sûr suivi tout son record et Francis a fait un Tour du Monde exemplaire en tous points ; que ce soit pour le pilotage de son bateau, la stratégie et la gestion globale de sa couse. Il a eu de la réussite sur la première partie de son parcours avec des enchaînements météo très rapides mais il a su conserver ce rythme incroyable jusqu'à la fin, malgré des passages difficiles à négocier. Nous ne partons pas pour nous attaquer au même record, puisque nous sommes en équipage, mais ce qu'il vient de réaliser est extrêmement motivant ! »
Franck Proffit, responsable opérationnel et chef de quart de Groupama 3:
« C'est exceptionnel … il n'y a pas d'autre mot. Je suis super content pour lui car il le mérite vraiment. Francis est l'un des coureurs océaniques les plus rapides en solitaire et il avait déjà su le démontrer quand il courrait dans d'autres classes de bateaux. Il est aujourd'hui à la tête d'un très beau projet, à la barre d'un très beau bateau et il a su exploiter à merveille une belle météo. L'alchimie de tous ces facteurs lui offre aujourd'hui une magnifique réussite. Toutes mes félicitations à ce grand Monsieur. »
L'équipage « Jules Verne » de Groupama 3:
Chef de quart – barreur : Franck Cammas (Skipper), Franck Proffit, Stève Ravussin
Deuxième Barreur : Frédéric Le Peutrec / Loic Le Mignon / Sébastien Audigane
N°1 : Ronan Le Goff / Jan Dekker / Jacques Caraës
Navigateur : Yves Parlier
Expert météo à terre : Sylvain Mondon (Météo France)
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Un projet de course à la voile autour du monde au départ de Brest en 201

Une course à la voile autour du monde réunissant des grands multicoques pourrait partir de Brest le 30 décembre 2011. C'est ce que le maire de Brest, François Cuillandre, a annoncé en marge de l'arrivée du navigateur en solitaire Francis Joyon. La communauté urbaine de Brest travaille sur le projet depuis deux ans avec la société Pen Duick. Elle estime qu'il existe une place dans le calendrier des grandes courses à la voile pour une épreuve de ce type.
Un projet qui nécessite cependant des concurrents, puisque, à ce jour, seules deux plateformes compétitives existent, Sodeb'O et IDEC, dont le skipper Francis Joyon, s'est déclaré "pas du tout intéressé". Il faut dire que l'homme venait tout juste d'en terminer avec 57 jours 13h34'06" de dur labeur...
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dimanche 20 janvier 2008
FRANCIS JOYON PULVÉRISE DE 14 JOURS LE RECORD DU TOUR DU MONDE !

Exploit. Le trimaran IDEC a coupé la ligne d´arrivée à Brest ce dimanche 20 janvier 2008 à 00h39´58´´heure française. A 51 ans, Francis Joyon (re)devient ainsi le solitaire le plus rapide autour du monde en 57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes. Il atomise de 14 jours, 44 minutes et 27 secondes le précédent record, détenu depuis 2005 par la navigatrice britannique Ellen MacArthur !
L’exploit est ahurissant : alors qu’il pensait simplement descendre sous la barre des 70 jours (le temps à battre était de 71 jours et 14 heures), le marin de Locmariaquer passe sous celle des 60 et même donc en-deçà de celle des 58 jours. A bord d’IDEC, Francis Joyon a parcouru réellement près de 26 400 milles nautiques (près de 49000 kilomètres) à la moyenne extravagante sur l’eau de 19,09 nœuds, près de 4 nœuds de moyenne de plus qu’Ellen MacArthur !_Francis Joyon devient en prime le seul marin au monde à avoir réussi deux fois une circumnavigation solitaire en multicoques et sans escales, après son premier record de 2004. Exploit que seule Ellen MacArthur devait réussir à son tour ensuite une fois, en 2005, ce qui lui valut au passage son anoblissement par la Reine d’Angleterre. __
Le 2e chrono de tous les temps__Il faut encore bien mesurer que Francis Joyon vient de signer le deuxième chrono de tous les temps autour du monde… équipages compris ! Ainsi le record en équipage du géant Cheyenne de Steve Fossett (58 jours, 9 heures et 32 minutes en avril 2004) est battu. Seul l’équipage du maxi-cataman Orange II de Bruno Peyron conserve le chrono absolu en un peu plus de 50 jours. _A bord de son trimaran de 30 mètres dessiné par le cabinet d’architectes Irens/Cabaret, Francis Joyon a en prime la satisfaction d’avoir réalisé un tour du monde entièrement « propre », sans aucune énergie fossile (aucun moteur), ne fabriquant son énergie qu’à l’aide d’une éolienne et de panneaux solaires. _Après une dernière semaine de course très éprouvante pour les nerfs – un hauban menaçant de tomber, ce qui aurait entraîné le démâtage d’IDEC - Francis Joyon reste encore quelques heures en mer après ce passage de la ligne d’arrivée. Il a débarqué au port de commerce de Brest ce dimanche matin à 9h.
Déjà la fête des retrouvailles en rade de Brest
Le jour se lève à peine et Brest est déjà debout pour accueillir Francis Joyon et saluer son immense exploit. De nombreuses vedettes à passagers, voiliers et semi-rigides se dirigent en ce moment même vers le grand trimaran rouge du marin trinitain et vont lui faire une escorte d'honneur, pour son grand retour à terre après plus de 57 jours de navigation solitaire autour de la planète. La rade de Brest s'anime. A terre aussi, ça fleure bon les retrouvailles, entre autres au quai Malbert du port de commerce où Francis va être accueilli dans une ambiance festive avant de répondre aux questions des médias et surtout de pouvoir enfin serrer dans ses grands bras sa famille et ses amis. "Jamais Francis n'aurait imaginé battre le record avec un tel écart" témoignait hier sa femme Virginie, "il a beaucoup donné pour aller au bout de son rêve... je suis très fière de lui".
La foule à l'arrivée de Francis Joyon
C'est peu après 10h que Francis Joyon est entré dans le port de Brest à bord de son trimaran Idec, accompagné par plusieurs dizaines de bateaux, de feux d'artifices et de la sirène de l'Abeille Bourbon. Sur le quai Malbert, plusieurs centaines de personnes l'acclamaient.
Dans la foule, on notait la présence d'Ellen MacArthur, précédente détentrice du record du tour du monde en solitaire et sans escale, des navigateurs Alain Gautier et Anne Liardet, de l'ancien ministre de l'Agriculture Jean Glavany et de l'ancien patron de la Scuderia Ferrari Jean Todt.
La fête a duré une bonne heure, aux rythmes de chants de marins et d'une fanfare. Très fatigué, Françis Joyon n'a parlé que quelques secondes, entouré des siens.
Francis Joyon est donc (re)devenu cette nuit le recordman du tour du monde en solitaire, dans le chrono ahurissant de 57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes. Plus de 26000 milles nautiques de frissons avalés à 19,09 nœuds de moyenne, 4 nœuds de mieux qu'Ellen MacArthur dont Joyon améliore le record de deux semaines complètes. Voici très résumé, en trois actes, le film de son extraordinaire aventure océanique.
Acte I : tout schuss jusqu'en Tasmanie
Francis Joyon s'élance de Brest le vendredi 23 novembre 2007 à 11h05, dans un flux de nord-est qui monte à 25 nœuds à la pointe de Bretagne. Pour battre le record d'Ellen MacArthur, IDEC doit accomplir sa giration planétaire en moins de 71 jours, 14 heures et 18 minutes, soit revenir avant le 3 février 2008 à 1h23. Reconnaissable à sa très longue étrave centrale, le plan Irens/Cabaret allonge illico la foulée. Et respecte à la lettre le plan de bataille défini avec le routeur Jean-Yves Bernot : empannage dans le golfe de Gascogne et tout faire pour conserver de la vitesse sans rupture jusqu'à l'alizé. Francis Joyon pense alors mettre « huit jours pour atteindre l'équateur ». Mais dès le départ il tient des moyennes à 22 nœuds, enchaîne des journées à 500 milles et le paysage défile : cap Finisterre le premier jour, passage entre Açores et Madère le deuxième, Canaries avalées au troisième, Cap Vert au quatrième… « La fenêtre météo est vraiment bonne » se félicite le skipper qui, déjà, ne tarit pas d'éloges sur le passage dans la mer de son bateau. _A ce rythme de feu, IDEC franchit l'équateur dès le vendredi 30 novembre, en 6 jours et un peu moins de 18 heures : deux jours de mieux qu'Ellen MacArthur et dix heures de moins qu'Orange II en équipage dans le Trophée Jules Verne ! Et dire que le premier objectif était de « perdre le moins de temps possible sur Ellen dans la première partie…» _Après 10 jours de course, à peine ralenti par le Pot au Noir, le 3 décembre IDEC est déjà par le travers de Rio de Janeiro, avec 800 milles d'avance. Le jeu consiste à aller chercher un petit centre dépressionnaire qui ouvrirait la porte vers le Cap de Bonne Espérance. Et IDEC trouve le passage, déboule dans l'Atlantique Sud avec un flux de nord, en bordure de l'anticyclone de Sainte Hélène. La diagonale est splendide. La flèche rouge allume à 25 nœuds de moyenne en déflorant les quarantièmes rugissants. On attend un temps canon à Bonne Espérance. On n'est pas déçu : le 8 décembre, IDEC efface le cap des tempêtes en 15 jours, 7 heures et 16 minutes à la moyenne sur l'eau de 20,12 nœuds ! Son avance grimpe à 4 jours.
Fuyant en avant d'une dépression, IDEC s'attaque à l'Indien à toute allure : 560 milles, puis 600 milles par jour ! Le rythme tenu par l'homme placide est celui d'un équipage et le 12 décembre près des Kerguelen, avec les albatros pour témoins, Joyon pulvérise le record des 24 heures en solo : 616 milles à 25,66 nœuds de moyenne (record amélioré à 619 milles par Thomas Coville quelques semaines plus tard). Le dimanche 16 décembre, IDEC est au Cap Leeuwin, au sud de l'Australie, avec 7 jours d'avance. Le mardi 18 décembre, au Sud de la Tasmanie, Joyon désintègre le record de l'océan Indien en 9 jours et 12 heures, soit 3 jours de moins qu'Ellen MacArthur et seulement 59 minutes de plus qu'Orange II. « Avec des chiens enragés aux fesses on va plus vite », s'amuse Francis. Mais c'est une autre paire de manches qui l'attend dans le Pacifique.
Acte II : un Pacifique de combat
Car voilà, après s'être sauvé à grande vitesse devant une dépression, c'est maintenant un anticyclone qui menace d'encalminer Joyon dans la traversée de son troisième océan, le mal nommé Pacifique. Au sud de la Nouvelle Zélande, il est déjà par 54 degrés Sud, dans de gros creux, sous des nuages noirs chargés de pluie et de vents violents qui obligent à manœuvrer et optimiser la route en permanence pour ne pas se faire scotcher. Au 27e jour de course, IDEC est déjà à mi-parcours. Mais pour conserver des vitesses élevées et échapper aux calmes, il faut descendre, descendre… et donc s'approcher des zones où dérivent les icebergs. Le Noël de Francis Joyon est un peu spécial. Sous tourmentin seul, IDEC essuie « une dégelée », comme dit Francis : 40, 45 puis 50 nœuds, mer méchante, creux de 7 mètres et déferlantes, le tout en traversant un véritable champ de mines d'icebergs. De quoi se fâcher définitivement avec la nature, mais ce n'est pas le genre de la maison Joyon. Et Francis-l'écolo adresse « aux enfants qui voudront bien partager mon rêve » le message suivant : « Je me rends compte que la planète n'est pas si grande que ça. Les générations passées la croyaient illimitée et ont puisé dans ses ressources, mais nous sommes arrivés à une période charnière. Toute la beauté du monde existe encore, mais pour la première fois les hommes peuvent y mettre fin si on n'y prend garde. Je crois que les enfants comprennent cela mieux que les adultes, souvent endormis par leur quotidien. Seuls les enfants arriveront à les réveiller, leur faire comprendre que l'essentiel est de permettre aux oiseaux de voler dans les forêts, aux ours blancs d'errer sur la banquise, aux dauphins de surfer sur les vagues des océans et au final, à l'homme de vivre en harmonie sur sa planète». Pour faire son cap dans le Pacifique, IDEC devra descendre jusqu'à 59 degrés de latitude Sud alors que l'alerte glaces est à 52°. Mais la récompense est au bout de cette route à risques dictée par la météo. Le samedi 29 décembre, à 23h31, IDEC est au Horn. Le cap dur en 35 jours ! Encore un exploit ahurissant, à 21 nœuds de moyenne sur la route effectivement avalée. Son avance sur Ellen MacArthur est de 9 jours et demi. Délivrance ? On ne se méfie jamais assez de la remontée de l'Atlantique…
Acte III : la remontée de tous les dangers
Dès la Terre de Feu, le coup de frein est brutal. De la pétole, du près - « deux fois la route et trois fois la peine » - IDEC est contraint de louvoyer au grand large de l'Argentine. Oubliées les journées à 500 milles, il faut se contenter de 300, voire moins. Dans un premier temps, au 40e jour de course, Francis Joyon parvient à exploiter un couloir de vent un peu moins défavorable entre un anticyclone et une dépression. Mais du 4 au 8 janvier, l'Atlantique Sud se montre impitoyable : le vent est résolument au Nord, dans l'axe de la route, et oblige le skipper morbihannais à multiplier les virements de bord. Le trimaran est rudement secoué dans une mer désordonnée. « Je souffre de voir souffrir mon bateau », soupire Francis, qui regrette aussi d'avoir perdu « l'aiguillon Thomas Coville », lancé à la poursuite du même record mais contraint à l'abandon sur casse au large de l'Afrique du Sud. Pour Joyon, l'obsession est de toucher enfin les alizés d'Est qui permettront de refaire tourner les chronos dans le bon sens. Le 8 janvier, c'est chose faite. Le 9, le speedo repasse au-dessus des 20 nœuds et malgré un blocage du safran babord (qui sera réparé assez vite), le bateau monte de nouveau sur un flotteur et file vers l'équateur. La ligne de séparation des deux hémisphères est franchie de nouveau le 10 janvier en 48 jours, 2 heures et 18 minutes… 12 jours et demi d'avance !
Mais dès le lendemain, on craint le pire. La drisse de grand voile a cédé et en montant au mât pour réparer, Francis Joyon découvre une avarie autrement plus grave : l'axe qui retient le hauban tribord se dévisse. Qu'il sorte de sa base et c'est le démâtage. Cinquante jours d'efforts peuvent être réduits à néant en une fraction de seconde. Le suspense devient insoutenable : tiendra, tiendra pas ? Joyon se blesse à la cheville en escaladant deux fois, puis trois fois son mât, 32 mètres au-dessus d'une mer croisée. Voilure réduite et route adaptée pour laisser le hauban sous tension – position dans laquelle il risque le moins de se s'arracher – IDEC parvient pourtant à poursuivre sa route. Le 14 janvier, Francis lâche « c'est un peu galère, le bateau est très fatigué ». Doux euphémisme, car les avaries s'enchaînent. Au près par 28 nœuds de vent, l'étai de trinquette cède, une poulie transperce le pont… c'est la guerre, avec toujours l'épée de Damoclès de ce hauban qui peut lâcher à tout moment. Les journées sont dures pour les nerfs, jusqu'à ce mercredi 16 janvier où Francis réussit une quatrième ascension du mât d'IDEC et cogne au marteau comme un forcené sur la pièce traîtresse, pour la gripper définitivement. Opération réussie. Dès lors, la confiance revient à bord du trimaran rouge. Reste à éviter les derniers pièges d'une dépression très creuse dans le golfe de Gascogne pour filer vers un extraordinaire exploit à Brest : 57 jours, record atomisé de 14 jours. Deux semaines complètes. Francis Joyon était déjà un très grand marin. Cela ne va sûrement pas lui plaire, mais il est aujourd'hui une icône, de celles dont se nourrissent les rêves des gosses. Bienvenue dans la légende, Mister Francis.
Les grandes dates du record :
. Départ de Brest : vendredi 23 novembre 2007 à 11h05'52.
. Passage équateur (aller) : vendredi 30 novembre à 4h03 en 6 jours 17 heures et 58 minutes. 2 jours d'avance sur Ellen MacArthur.
. Cap de Bonne Espérance : samedi 8 décembre à 18h21, en 15 jours, 7 heures et 16 minutes. 4 jours d'avance.
. Record des 24 heures le mercredi 12 décembre 2007 : 616,07 milles à 25,66 nœuds de moyenne. Amélioré depuis à 619,3 milles par Thomas Coville.
. Cap Leeuwin : dimanche 16 décembre. 7 jours d'avance.
. Record de l'océan Indien (sud Tasmanie): mardi 18 décembre en 9 jours, 12 heures et 3 minutes. Record amélioré de 3 jours.
. Cap Horn : samedi 29 décembre à 23h31 en 35 jours, 12 heures et 31 minutes. 9,5 jours d'avance.
. Passage équateur (retour) : jeudi 10 janvier à 13h23 en 48 jours, 2 heures et 18 minutes. 12 jours et 11 heures d'avance.
. Arrivée à Brest : dimanche 20 janvier 2008 à 0h39'58'', en 57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes. Record battu de 14 jours, 44 minutes et 27 secondes. Environ 26400 milles parcourus à la moyenne de 19,09 nœuds sur l'eau.
L'historique des trois records solo en multicoques et sans escale :
. Francis Joyon. IDEC. 2008. 57 jours, 13 heures, 34 minutes et 6 secondes.
. Ellen MacArthur. Castorama. 2005. 71 jours, 14 heures, 18 minutes et 33 secondes
. Francis Joyon. IDEC. 2004. 72 jours, 22 heures, 54 minutes, 22 secondes.
Tentatives précédentes :
. Olivier de Kersauson. Un autre regard.1989. 125 jours, 19 heures, 32 minutes. Deux escales
. Philippe Monnet. Kriter. 1988. 129 jours. Deux escales.
Alain Colas. Manureva. 1974. 169 jours. Une escale.
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samedi 19 janvier 2008
JOYON JUSQ'AU BOUT.....DE L'EXPLOIT !

C'est à vive allure que Francis Joyon se rapproche de Brest, ligne d'arrivée de son exceptionnel record du tour du monde en solitaire. A moins de 700 milles de la délivrance, en ce 57ème jour de solitude, Joyon et son fidèle trimaran IDEC espèrent bien prolonger leur folle cavalcade une pleine journée encore, en restant au contact des vents forts et en soignant l'angle de route par rapport au vent. Les 150 derniers milles s'annoncent plus cléments, mais les capacités du plan Irens-Cabaret à se nourrir du moindre souffle laissent malgré tout entrevoir un passage de la ligne d'arrivée dans le courant de la nuit et une entrée triomphale dans le goulet de Brest dimanche vers 9h30.
Avec un passage de ligne qui se confirme d'heure en heure pour les premières heures de dimanche (3 heures?), c'est vers 9 heures que Francis Joyon fera son entrée dans la rade de Brest.
Il viendra amarrer son "géant" IDEC au ponton de la Recouvrance, quai Malbert Port de commerce de Brest à 10 heures 30.
Un podium grand public est installé quai Malbert pour recueillir vers 11 heures 30 les premiers mots et les premières réactions du nouveau recordman du tour du monde en solitaire.
300 milles et décompte....
Point de fléchissement cette nuit pour IDEC et Francis Joyon lancés à toute allure dans le Golfe de Gascogne vers la conclusion de son extraordinaire tour du monde. Avec des pointes à plus de 24 noeuds dans du vent toujours fort (25 noeuds), le grand trimaran rouge profite à plein du régime dépressionnaire accroché au nord des Açores. Tribord amure, soit le bord "chéri" par Francis pour soulager un multicoque fatigué dont le mât se refuse dorénavant à pivoter sur l'autre amure, IDEC parvient à gagner en latitude vers la pointe de Bretagne. Mais avec l'adonnante, vent tournant de plus en plus à l'Ouest, Francis va aujourd'hui devoir choisir entre route directe vent arrière, une allure moins rapide pour un multicoque, et réaliser un petit contrebord pour redonner à IDEC un meilleur angle de vent pour embouquer le goulet de Brest... Comme un athlète aux muscles endoloris, IDEC rechigne quelque peu à la manoeuvre. Francis perdra un peu de temps dans l'opération mais devrait malgré tout se présenter devant le "Petit Minou" vers 3 heures du matin demain dimanche, après 57 jours de mer....
Une météo idéale jusqu'au bout
La dépression accrochée hier en son versant Sud Est a bien la virulence attendue et c'est dans des vents de 30 à 35 nœuds que le grand trimaran IDEC progresse à plus de 20 noeuds de moyenne depuis 24 heures. Et comme dans l'Indien ou le Pacifique, Joyon paie de sa personne et de son sommeil pour garder équilibre et trajectoire dans les longues glissades à 27 et 28 noeuds, de nuit, sur une houle accusant les 5 à 6 mètres de creux.
Comment ménager si près du but une monture fatiguée qui ne demande face aux grands espaces proposés qu'à se lancer à corps perdu aux allures débridées? Francis Joyon y consacre depuis 48 heures et sa dernière escalade dans le mât, toutes ses pensées et toute son énergie. IDEC a retrouvé les conditions pour lesquelles il a été conçu, vent fort aux allures portatives et longue houle musclée. Sous deux ris et gennaker, point de pédale de freins pour le skipper solitaire qui doit, dans ses choix de trajectoires, concocter pour son vaisseau usé par près de 26 000 de sprint, les enchaînements les moins brutaux possibles entre les trains de houle. De jours comme de nuit, Joyon est depuis 56 jours passé maître en l'exercice. Au compteur, les marques quotidiennes se chiffrent à nouveau à 480 nautiques parcourus à plus de 20 noeuds de moyenne.
En alerte permanente,
Joyon ne dort vraiment que d'un oeil, attentif à toute variation de la force et de la direction du vent, vigilant à la bonne tenue des 9 tonnes du bateau sur les vagues puissantes de l'Atlantique, connecté surtout au pouls de son navire ; un pouls qui bat parfois la chamade quand certains postes cruciaux à sa bonne marche menacent de lâcher, à l'instar de cette drisse de grand voile usée et proche de la rupture. La proximité du plateau continental, le trafic des cargos et des navires de pêche et l'arrivée sur les côtes bretonnes vont accentuer le stress avoué de cette fin de course. Prudent dans ses propos comme dans sa gestion du voilier, Joyon se refuse encore à s'engager sur une heure d'arrivée. Son grand voyage touche à son terme pourtant. Et si l'homme Joyon aspire à retrouver êtres chers et terre ferme, le marin profite encore et toujours de la magique alchimie entre l'eau, l'air et son grand bateau. "C'est la fin d'un grand voyage, et la mer est un milieu attachant, c'est pourquoi il est dur de s'arrêter..."
Propos de Francis Joyon
La vacation du jour a donné ce matin la possibilité en direct sur le site www.trimaran-idec.com à une douzaine de journalistes d'interroger Francis. Le skipper d'IDEC, toujours lancé à plus de 20 noeuds s'est prêté de bonne grâce à l'exercice, répondant avec sa gentillesse habituelle à toutes les questions, délivrant ici et là des réparties déconcertantes. Francis Joyon : "J'ai beaucoup appris sur la météo durant ce tour du Monde ; la collaboration avec Jean-Yves Bernot a été intéressante. Elle m'a permis d'appréhender avec plus de finesse l'analyse des phénomènes météo."
"J'ai la satisfaction d'effectuer un beau parcours. Je fais cela parce j'aime le faire. Je ne le fais pas par ambition personnelle..."
"Les records sont faits pour être battus. Mon temps en 2003 paraissait intouchable. Et pourtant Ellen MacArthur, en réalisant une performance extraordinaire, l'a battu l'année suivante.."
"Il y a eu deux moments de grande inquiétude ; une fois dans le Sud, au milieu des glaces alors que la tempête se levait, et dans le pot au Noir, quand j'ai découvert que je risquais le démâtage..."
"La dislocation de la banquise et la dérive des icebergs à des latitudes inhabituelles m'ont beaucoup interpellé. Mon temps sur ce tour du monde signifie aussi que la planète n'est pas si grande que cela, et que nous aurions grand intérêt à nous en préoccuper davantage..."
Quelques heures avant l’arrivée d’Idec à Brest, le skipper de Sodeb’O( ndlr Thomas Coville) commente l’incroyable performance de Francis Joyon. Le record du tour du monde en solitaire et en multicoque pourrait tomber à plus ou moins 58 jours, un chrono stupéfiant auquel Thomas Coville s’attaquera à nouveau l’hiver prochain.
Quels seraient tes premiers mots pour Francis ?
« Je lui dirai bravo tout simplement. Nous n’avons pas besoin de nous dire grand chose pour qu’il sache à quel point je suis admiratif et respectueux de ce qu’il a fait. Nous sommes peu dans le monde à avoir la capacité de mesurer réellement ce qu’il vient d’accomplir. »
Quels sont, selon toi, les facteurs clefs de cette réussite ?
« Tout d’abord, la rencontre avec les architectes Nigel Irens et Benoît Cabaret puis la construction de son bateau où, grâce à l’expérience de son premier tour du monde en multicoque, il savait exactement ce qu’il voulait. Pour moi, 50 % du projet étaient mis en bouteille à ce stade. Ensuite, son départ avec une fenêtre météo exceptionnelle que nous n’avons pas revu depuis et dont tout le monde rêve. Et enfin, de part sa maturité mais aussi sa force physique et mentale, Francis a cette capacité fantastique de s’adapter à toutes les conditions et à donner le meilleur de lui dans la difficulté. Il n’a jamais lâché même lorsqu’il a eu des avaries. S’il y a toujours une pincée de réussite, Francis est allé la chercher jusqu’au bout. »
Joyon le « menhir », ce marin inclassable à la poignée de mains aussi intimidante que sa carrure, peut « tout faire à la force de poignet » selon Coville qui a notamment partagé avec lui une Transat Jacques Vabre « Francis a dix ans d’expérience de plus en multicoque transocéanique et a subi de nombreuses galères avant d’aboutir à ces deux merveilleux tours du monde. Il jouit aujourd’hui de cette expérience qu’il a fait fructifier et qui lui donne aujourd’hui la capacité de passer même quand c’est très dur. »
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jeudi 17 janvier 2008
INSERTION : CE QUI DEVRAIT CHANGER EN THÉORIE

Au cours du débat parlementaire sur les enjeux de l'insertion qui s'est tenu le 17 janvier 2008 au Sénat et à l'Assemblée nationale, Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté a prononcé un discours dans le but de proposer la refondation des politiques d'insertion sur de bases nouvelles.
Présenté en Conseil des ministres le 21 novembre, le Grenelle de l’insertion poursuit trois objectifs :
replacer l’insertion au cœur des débats de société en donnant la parole aux professionnels, aux associations et aux bénéficiaires, et en mobilisant les collectivités territoriales, les entreprises et les partenaires sociaux ; _ améliorer la performance globale des politiques d’insertion ; _ engager les réformes qui s’imposent pour parvenir à une unification de tous les contrats aidés afin d’aboutir à un contrat unique d’insertion ; à l’accès à la formation professionnelle pour les personnes les plus éloignées de l’emploi et à l’évolution du financement de l’insertion par l’activité économique. _Sur ce dernier point, le haut commissaire s’est engagé à ce que l’insertion fasse l’objet d’évaluations, au sein des entreprises d’insertion, mais aussi des entreprises classiques, qui devront "bâtir des critères de performance" dans ce domaine. Ces critères "seront négociés et pas imposés" a précisé Martin Hirsch. La mise en place d’une clause d’insertion pour les entreprises est également à l’étude. _D’autres sujets comme l’illettrisme, le microcrédit, l’insertion à la sortie de prison feront l’objet de propositions spécifiques.
Les Rencontres de l’expérimentation sociale, qui se sont tenues les 23 et 24 novembre à Grenoble, ont lancé les travaux du Grenelle de l’insertion pour une durée de six mois. Le site experimentationssociales.fr a été créé à cette occasion.
Trois groupes de travail ont été installés en décembre : _ sur les objectifs de la politique d’insertion et sa gouvernance ; _ sur les trajectoires et les parcours d’insertion ; _ sur le rôle des employeurs et leur implication dans les politiques d’insertion.
EXTRAITS DE L’INTERVIEW DE M. HIRSCH AU « MONDE »
Pourquoi organiser six mois de débats avant d'entreprendre les réformes ?
2008 doit être une grande année pour l'insertion. Nous allons essayer d'en refonder toutes les politiques : minima sociaux, contrats aidés, formation professionnelle, gouvernance… Ce ne sont pas des changements qui se décrètent ou s'improvisent. Ils se négocient.
Pourquoi le système actuel ne marche-t-il pas ?
La société fonctionne comme une centrifugeuse projetant les moins performants en dehors du système. Au lieu d'adapter les exigences pour faire une place aux plus vulnérables, on a multiplié les mécanismes de compensation, catégorie par catégorie. Evidemment, tous ne rentrent pas dans les cases.
Le parcours d'insertion, ce sont souvent des portes qui s'entrouvrent puis se referment.! Pour faire plus simple et plus efficace, il faut un moteur. Jusqu'ici, il y avait une pression sociale, insuffisante. Aujourd'hui, les entreprises nous disent : Nous avons besoin des politiques d'insertion pour recruter.
Des vrais emplois sont à pourvoir jusque dans les pôles de compétitivité et l'artisanat. L'avenir des entreprises dépend aussi de l'efficacité des politiques d'insertion. Ce qui est nouveau, c'est qu'elles en ont pris conscience. Elles s'impliquent dans le Grenelle, plus par intérêt que par philanthropie.
Que proposez-vous pour améliorer les conditions de vie des 2 millions de travailleurs pauvres ?
Le revenu de solidarité active (RSA) doit servir au pouvoir d'achat des travailleurs pauvres à partir de 2009. Vous pouvez vous retrouver dans une entreprise avec une personne qui sort du RMI pour un emploi à mi-temps et qui, la première année, va gagner plus d'argent qu'un collègue qui n'est pas passé par les minima sociaux.
Le RSA est conçu comme une garantie absolue qu'à salaire horaire et situation familiale donnés, les revenus soient équivalents et augmentent avec la quantité de travail, de la première jusqu'à la dernière heure.
L'emploi dégradé, et dégradant, existe. Conserver un système dans lequel le fait de reprendre du travail fasse perdre de l'argent, personne n'arrivera à me convaincre que c'est bien. La mise en place du RSA se fera dans le cadre d'une négociation avec les partenaires sociaux sur la qualité de l'emploi.
Disposerez-vous des crédits nécessaires pour vos projets ?
Nous avons avec l'Elysée et Matignon une obligation réciproque : ils me chargent de faire le RSA, j'ai le devoir de montrer qu'il marche. Si ça marche, nous aurons les crédits. Le coût annuel d'entrée est compris entre 2 et 3 milliards d'euros. Ce sera un investissement rentable.
Pourtant, AC! Agir contre le chômage s'interroge sur l'utilité du "Grenelle de l'insertion" lancé vendredi à Grenoble, puisque «les décisions sont déjà prises» et risquent de «léser» les personnes en situation de grande précarité, comme le RSA qu'elle juge «complexe et inégalitaire».
«A quoi peut servir ce "Grenelle" alors que les décisions sont déjà prises ?», interpelle AC! en évoquant le RSA (revenu de solidarité active), expérimenté dans 40 départements. Un dispositif «complexe, inégalitaire», car le complément attribué aux bénéficiaires de minima sociaux en cas de reprise partielle de travail «changera d'un département à l'autre, mais aussi d'une personne à l'autre dans le même département», souligne l'association de défense des chômeurs.
Au sujet du contrat unique d'insertion sur lequel se penche le gouvernement et qui sera au centre des discussions, elle craint «l'instauration de contrats sur mesures, au gré des besoins des employeurs, public ou privé».
Au détriment de l'insertion sociale
Le Grenelle de l'insertion part «du présupposé absurde que seul l'emploi peut répondre aux problèmes sociaux», souligne AC! en rappelant qu’«un SDF sur trois travaille». «Comment prendre au sérieux un ministre qui brandit comme étendard les 35 millions d'euros attribués pour la mise en place du RSA quand ce sont 15 milliards d'euros de cadeaux fiscaux qui sont consentis aux plus riches ?», s'interroge-t-elle.
AC! souhaite avertir que les Conseils généraux, qui financent une partie du RSA, risquent de le faire «au détriment de l'insertion sociale ou d'autres budgets» de solidarité. «L'absence totale au Grenelle de problématiques ayant trait à l'insertion sociale revient de fait à considérer que l'emploi est un préalable à la prise en compte des problèmes de santé, logement, mobilité, et que celui qui est privé d'emploi ne peut prétendre à rien», déplore l'association.
Précarité institutionnalisée
Il n'y a pas qu'AC! qui pense que le RSA risque d'enfermer ses bénéficiaires dans le sous-emploi précaire. Déjà, en mai 2005, un rapport d'étude du Sénat (réalisé par Valérie Létard, actuelle secrétaire d'Etat à la solidarité) avertissait : "Le soutien très important apporté par le RSA dès les premières heures d'activité fait craindre des pressions à la baisse sur les salaires, et un renforcement du recours par les entreprises à des emplois à temps partiel." Solidarité gouvernementale oblige, l'auteure du rapport ne s'étale plus sur le sujet... De plus, pour limiter ses effets pervers, il était prévu d'expérimenter le RSA pendant trois ans mais, succombant à la pression sarkozyenne, Martin Hirsch a annoncé sa généralisation… fin 2008. Ainsi, l'obligation de résultat se fera au détriment de la qualité : on affichera très vite une baisse de la pauvreté en laissant dans leur situation ceux qui sont les plus éloignés du monde du travail.
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mercredi 16 janvier 2008
GITANA 13 PART CE SOIR POUR NEW YORK SAN FRANCISCO

C´est ce mercredi 16 janvier, à 20 h heure française, que Lionel Lemonchois et l´équipage de Gitana 13, maxi-catamaran de 33 mètres armé par le Baron Benjamin de Rothschild, entameront leur campagne de records 2008. Au programme des hommes du Gitana Team, des routes mythiques qui les conduiront de New York à Londres, en passant par les côtes asiatiques. Premier défi: New-York - San-Francisco par le Cap Horn.
Sur les traces des clippers de la ruée vers l’Or et du fameux « Flying Cloud » mené par le capitaine Josiah P.Creesy, Lionel Lemonchois et l’équipage de Gitana 13 ont choisi une route prestigieuse pour lancer leur campagne de records 2008. Le maxi-catamaran armé par le Baron Benjamin de Rothschild sera le premier multicoque de la G Class à s’attaquer à ce parcours long de 14 000 milles. Objectif : Etablir un temps de référence en maxi multicoque entre New York et San Francisco et améliorer le record d'Yves Parlier (Route de l’Or 1998, à bord du monocoque 60 pieds Aquitaine Innovation).
Le Horn à contre-sens
Les 14 000 milles qui séparent New York de San Francisco offrent un panel météorologique et stratégique diversifié et complexe. Outre le franchissement à " contresens " (d’est en ouest) du Cap Horn, qui constitue déjà en soi un défi compte tenu des forts vents d’Ouest qui y règnent, les hommes de Gitana 13 devront négocier deux passages de Pot-au-Noir et de l’Equateur (Atlantique et Pacifique), ce qui sous-entend naturellement des changements d’hémisphères, et pas moins de quatre anticyclones. Sans oublier les longues journées de navigations dans le Pacifique Sud, le long des côtes de l’Amérique Latine. Un Océan plutôt méconnu mais réputé pour sa dureté par les marins qui s’y sont un jour aventurés.
Pour preuve de la difficulté de l’exercice, de 1854 à 1994 pas moins de douze voiliers se sont élancés sur cette route … seuls six ont rallié San Francisco. Glané en 1998 dans le cadre d’une course nommée « la Route de l’Or », le record est à ce jour détenu par Yves Parlier et son équipage en 57 jours 3 heures 21 minutes.
En 6 jours à l'Equateur?
Sylvain Mondon, prévisionniste pour la sécurité en mer chez Météo France et fidèle routeur du Gitana team, nous expose les conditions météo qui attendent Lionel Lemonchois et son équipage : « A l’heure du départ, Gitana 13 profitera d’un flux de Nord-Nord Ouest, compris entre 15 et 20 nœuds. Des conditions maniables qui leur permettront de s’éloigner rapidement des côtes. Le trafic maritime particulièrement intense au large de New York réclamera cependant de la vigilance sur le pont durant les premières heures de ce record. La principale difficulté de ce début de course consistera à ne pas se faire rattraper par l’Anticyclone des Bermudes, situé à la latitude de l’arc antillais. Cela obligera l’équipage de Gitana 13 à mettre de l’Est dans sa route. Les derniers routages nous confèrent un temps théorique de 6 jours à l’Equateur. »
Dix hommes pour relever le défi
Pour cette campagne ambitieuse sur les mers du globe, la barre de Gitana 13 a été confiée à Lionel Lemonchois. Equipier d’Isabelle Autissier à bord des monocoques 60 pieds Ecureuil Poitou-Charentes en 1994, puis PRB en 1998 sur ce même parcours, s’apprête à renouer avec une route et des paysages qui lui sont familiers.
Homme de défi, comme il a su le démontrer lors de la Route du Rhum 2006, à bord de Gitana 11, en remportant magistralement l’épreuve en 7 jours, 17 heures, 19 minutes et 6 secondes, Lionel Lemonchois sera épaulé par neuf membres d’équipage. Un groupe soudé, parmi lesquels nous retrouvons bon nombre de fidèles du Gitana Team comme Thierry Duprey du Vorsent, Olivier Wroczynski, Léopold Lucet ou encore Dominic Vittet.
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Le programme des tentatives de Gitana 13, de janvier à octobre 2008
. La Route de l’Or (New York – San Francisco par le Cap Horn)
. Traversée du Pacifique Nord (San-Francisco – Yokohama)
. Yokohama – Dalian
. Dalian – Taipei
.Taipei – Hong-Kong
. La Route du Thé (Hong-Kong – Londres)
L’équipage de Gitana 13 entre New York et San Francisco
Lionel Lemonchois (Skipper / barreur / chef de quart)
Dominic Vittet (navigateur)
Thierry Duprey du Vorsent (barreur/ chef de quart)
Ludovic Aglaor (barreur/ chef de quart)
Olivier Wroczynski (régleur /responsable informatique)
Fred Le Maistre (régleur)
Nicolas Raynaud (régleur / responsable Vidéo)
David Boileau (N°2 / régleur/ responsable accastillage)
Léopold Lucet (N°1 / responsable intendance)
Florent Chastel (N°1 / régleur)
De janvier à octobre 2008, six challenges viendront ponctuer ce tour du monde :
La Route de l’Or (New York – San Francisco par le Cap Horn)
Traversée du Pacifique Nord (San-Francisco – Yokohama)
Yokohama – Dalian
Dalian – Taipei
Taipei – Hong-Kong
La Route du Thé (Hong-Kong – Londres)
Premier défi: New-York – San-Francisco par le Cap Horn
Sur les traces des clippers de la ruée vers l’Or et du fameux « Flying Cloud » mené par le capitaine Josiah P.Creesy, Lionel Lemonchois et l’équipage de Gitana 13 ont choisi une route prestigieuse pour lancer leur campagne de records 2008. Le maxi-catamaran armé par le Baron Benjamin de Rothschild sera le premier multicoque de la G Class à s’attaquer à ce parcours long de 14 000 milles.
Objectif : Etablir un temps de référence en maxi multicoque entre New York et San Francisco et améliorer le record d'Yves Parlier (Route de l’Or 1998, à bord du monocoque 60 pieds Aquitaine Innovation).
Les 14 000 milles qui séparent New York de San Francisco offrent un panel météorologique et stratégique diversifié et complexe. Outre le franchissement à " contresens " (d’est en ouest) du Cap Horn, qui constitue déjà en soi un défi compte tenu des forts vents d’Ouest qui y règnent, les hommes de Gitana 13 devront négocier deux passages de Pot-au-Noir et de l’Equateur (Atlantique et Pacifique), ce qui sous-entend naturellement des changements d’hémisphères, et pas moins de quatre anticyclones. Sans oublier les longues journées de navigations dans le Pacifique Sud, le long des côtes de l’Amérique Latine. Un Océan plutôt méconnu mais réputé pour sa dureté par les marins qui s’y sont un jour aventurés.
Pour preuve de la difficulté de l’exercice, de 1854 à 1994 pas moins de douze voiliers se sont élancés sur cette route … seuls six ont rallié San Francisco. Glané en 1998 dans le cadre d’une course nommée « la Route de l’Or », le record est à ce jour détenu par Yves Parlier et son équipage en 57 jours 3 heures 21 minutes.
Sylvain Mondon, prévisionniste pour la sécurité en mer chez Météo France et fidèle routeur du Gitana team, nous expose les conditions météo qui attendent Lionel Lemonchois et son équipage : « A l’heure du départ, Gitana 13 profitera d’un flux de Nord-Nord Ouest, compris entre 15 et 20 nœuds. Des conditions maniables qui leur permettront de s’éloigner rapidement des côtes. Le trafic maritime particulièrement intense au large de New York réclamera cependant de la vigilance sur le pont durant les premières heures de ce record. La principale difficulté de ce début de course consistera à ne pas se faire rattraper par l’Anticyclone des Bermudes, situé à la latitude de l’arc antillais. Cela obligera l’équipage de Gitana 13 à mettre de l’Est dans sa route. Les derniers routages nous confèrent un temps théorique de 6 jours à l’Equateur. »
Dix hommes pour relever le défi
Pour cette campagne ambitieuse sur les mers du globe, la barre de Gitana 13 a été confiée à Lionel Lemonchois. Equipier d’Isabelle Autissier à bord des monocoques 60 pieds Ecureuil Poitou-Charentes en 1994, puis PRB en 1998 sur ce même parcours, le marin s’apprête à renouer avec une route et des paysages qui lui sont familiers.
Homme de défi, comme il a su le démontrer lors de la Route du Rhum 2006, à bord de Gitana 11, en remportant magistralement l’épreuve en 7 jours, 17 heures, 19 minutes et 6 secondes, Lionel Lemonchois sera épaulé par neuf membres d’équipage. Un groupe soudé, parmi lesquels nous retrouvons bon nombre de fidèles du Gitana Team comme Thierry Duprey du Vorsent, Olivier Wroczynski, Léopold Lucet ou encore Dominic Vittet.
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La météo du départ

LA ROUTE DE L'OR
A l’heure du départ, Gitana 13 profitera d’un flux de Nord-Nord Ouest, compris entre 15 et 20 nœuds. Des conditions maniables qui leur permettront de s’éloigner rapidement des côtes. Le trafic maritime particulièrement intense au large de New York réclamera cependant de la vigilance sur le pont durant les premières heures de ce record. La principale difficulté de ce début de course consistera à ne pas se faire rattraper par l’Anticyclone des Bermudes, situé à la latitude de l’arc antillais. Cela obligera l’équipage de Gitana 13 à mettre de l’Est dans sa route. Les derniers routages nous confèrent un temps théorique de 6 jours à l’Equateur.
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Le Gitana Team, c'est aussi...

Esprit d'équipe, performances et compétences multiples...
Le Gitana Team, c'est avant tout une équipe sportive et technique à la pointe de toutes les nouvelles technologies. A l'année, 20 permanents, responsables dans leur domaine, travaillent de concert pour veiller au bon fonctionnement du team. Pendant la saison, les navigants viennent se greffer à ce groupe.
Dans cette mécanique de précision, chacun assume son rôle, pas une personne qui ne soit pas à sa place dans cette équipe orchestrée par Loïck Peyron, Directeur général du team depuis avril 2006. Ce dernier travaille en symbiose avec les deux skippers dans un premier temps mais également avec les nombreux spécialistes qui composent l'équipe à terre, et notamment les boat-captains qui sont responsables de la préparation technique de chaque bateau.
Le Gitana Team 2008, c'est aussi...
Fonction
Président Didier Bottge
Directeur Général Loïck Peyron
Directeur des Opérations Cyril Dardashti
Recherche & Développements Antoine Mermod
Projets spéciaux Olivier Wroczynski
Bateaux Gitana 13 Gitana Eighty
Skippers Lionel Lemonchois Loïck Peyron
Boat Captain Ludovic Aglaor William Fabulet
Coordination Mer/terre Léopold Lucet
Accastillage & Hydraulique David Boileau Sébastien Thétiot
Composites Patrice Richardot Marie Dixneuf
Gréement & Matelotage Yann Le Govic Yann Le Govic
Composites & peintures Hubert Corfmat, Daniel Le Digabel, Patrice Richardot et Rolland Allanic
Electronique & informatique Benoit Piquemal
Logistique Laurent Rivals
Secrétariat La Trinité Nathalie Barbedet
Secrétariat Genève Nathalie Declère
Motor-Home Francis Breton
Nourriture du bord Chalet du Mont d'Arbois
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Film liquide et hausse de rendement du photovoltaïque

Sustainable Titania Technology (STi), un fabricant de revêtements spéciaux, a développé une solution de dioxyde de titane qui lorsqu'elle est appliquée sur le substrat de verre des cellules photovoltaïques permet d'augmenter l'efficacité énergétique de ces dernières.
Une couche de 100 à 300 nm de cette solution hydrosoluble et neutre est déposée à la surface du verre qui est ensuite recuit dans un four pour durcissement. Pendant le recuit, les monosaccharides contenus dans la solution relâchent une faible quantité de CO2 créant ainsi des aspérités de 10 à 20 nm de hauteur et de diamètre à la surface du film. Ceci permet de réduire la réflectance du substrat et de générer de nouveaux petits faisceaux de lumière à l'intérieur du revêtement. Au final, le traitement accroît le taux de conversion solaire de 3 à 5%.
Les autres procédés qui créent des aspérités de surface n'augmentent le rendement des cellules que de 1 ou 2%. De plus, de la poussière peut s'accumuler dans ces irrégularités et avoir pour conséquence de diminuer l'efficacité de la cellule. Le nouveau revêtement possède une charge électrostatique qui repousse la poussière et évite donc ces problèmes.
Sustainable Titania Technology commercialisera cette nouvelle solution à la fin du mois de janvier. Le prix de vente sera de 30.000 yens pour un litre (200 euros/L). Le liquide peut également être utilisé sur tout instrument optique qui nécessite une pénétration durable de la lumière et il est particulièrement adapté à l'utilisation en extérieur. L'entreprise espère donc atteindre un chiffre de vente de 200 millions de yens (1,25 million d'euros), d'ici fin août 2009.
http://www.sti-jp.com/news/
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La 7e Transat Québec Saint-Malo réunira une trentaine de bateaux
Voile Internationale Québec (VIQ) présentera sa 7e édition de la Transat Québec Saint-Malo, une course quadriennale, à Québec du 10 au 20 juillet. Au total, une trentaine de bateaux de France, d’Italie, du Québec et du reste du Canada est attendue ainsi que les plus grands barreurs de la voile hauturière au monde.
« En plus d’être un événement promotionnel international, la Transat amènera les Québécois à se réunir au Port de Québec, ce qui permettra de l’animer. Et ça perpétuera la tradition de la mer à Québec », a lancé Jacques Gingras, président de VIQ, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue ce mardi à Québec.
Inscrite au Championnat mondial des coureurs et des marques de la Fédération internationale de course océanique, la Transat Québec Saint-Malo est une épreuve sportive de haut niveau qui se tient tous les quatre ans depuis 1984. Dans la course, on y retrouve des bateaux à multicoques et à monocoques de 45 pieds et plus. Elle a pour objectifs de promouvoir le sport de la voile et de favoriser les échanges économiques entre les villes de Québec et de Saint-Malo.
Québec
Mais pourquoi donc à Québec? Trois raisons sont au cœur de ce choix, répond M. Gingras : « La configuration du parcours d’ouest en est étant la seule course transatlantique courue dans cette direction, ce qui permet aux bateaux de vaguer au gré de vents dominants pour ainsi atteindre des vitesses incroyables. La Ville de Québec est également un amphithéâtre naturel qui permet aux spectateurs d’assister à la course sans avoir besoin de se rendre sur l’eau en bateau. De plus, la convivialité et la chaleur des Québécois sont toujours au rendez-vous ».
Les populations riveraines pourront contempler la course de voiliers sur une distance de 400 milles nautiques (685 km) ponctués de passages obligatoires, dont ceux de Rimouski et de Percé. Les bateaux prendront ensuite le large sur l’Atlantique Nord pour 2600 milles nautiques supplémentaires dans le but de battre le record de sept jours, 20 heures et 24 minutes établi par Loick Peyron en 1996. Les arrivées sont prévues à compter du 27 juillet dans le bassin Vauban de Saint-Malo.
« J’ai toujours été fasciné par la vitesse. Un événement comme celui-là a non seulement un intérêt sportif, mais aussi technologique et il touche une grande communauté. Il permet également à la ville de Québec d’être sur la carte mondiale maritime », a partagé Régis Labeaume, maire de Québec.
400e
Comme l’événement se déroulera durant les Fêtes du 400e anniversaire de Québec, Espace 400e nommera la semaine du 14 au 20 juillet Québec, ville de l’eau. Les organisateurs de l’événement profiteront de cette semaine pour présenter un documentaire sur le barreur Mike Birch. Orchestre, bal et activités familiales liés à la Transat seront aussi de la partie.
« Était-il possible de célébrer l’arrivée de Champlain à Québec sans mettre des voiliers à l’eau s’inscrivant ainsi dans la richesse de notre patrimoine et de notre tradition ?», a demandé Jean Leclerc, président du conseil d’administration de la Société des Fêtes du 400e.
Le 19 août 1984, dans le cadre de la première Transat Québec Saint-Malo, près de 60 bateaux quittaient les berges du fleuve Saint-Laurent afin de refaire à sens inverse la traversée qu’avait effectuée Jacques Cartier, 450 ans plus tôt.
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