
C'est à vive allure que Francis Joyon se rapproche de Brest, ligne d'arrivée de son exceptionnel record du tour du monde en solitaire. A moins de 700 milles de la délivrance, en ce 57ème jour de solitude, Joyon et son fidèle trimaran IDEC espèrent bien prolonger leur folle cavalcade une pleine journée encore, en restant au contact des vents forts et en soignant l'angle de route par rapport au vent. Les 150 derniers milles s'annoncent plus cléments, mais les capacités du plan Irens-Cabaret à se nourrir du moindre souffle laissent malgré tout entrevoir un passage de la ligne d'arrivée dans le courant de la nuit et une entrée triomphale dans le goulet de Brest dimanche vers 9h30.
Avec un passage de ligne qui se confirme d'heure en heure pour les premières heures de dimanche (3 heures?), c'est vers 9 heures que Francis Joyon fera son entrée dans la rade de Brest.
Il viendra amarrer son "géant" IDEC au ponton de la Recouvrance, quai Malbert Port de commerce de Brest à 10 heures 30.
Un podium grand public est installé quai Malbert pour recueillir vers 11 heures 30 les premiers mots et les premières réactions du nouveau recordman du tour du monde en solitaire.
300 milles et décompte....
Point de fléchissement cette nuit pour IDEC et Francis Joyon lancés à toute allure dans le Golfe de Gascogne vers la conclusion de son extraordinaire tour du monde. Avec des pointes à plus de 24 noeuds dans du vent toujours fort (25 noeuds), le grand trimaran rouge profite à plein du régime dépressionnaire accroché au nord des Açores. Tribord amure, soit le bord "chéri" par Francis pour soulager un multicoque fatigué dont le mât se refuse dorénavant à pivoter sur l'autre amure, IDEC parvient à gagner en latitude vers la pointe de Bretagne. Mais avec l'adonnante, vent tournant de plus en plus à l'Ouest, Francis va aujourd'hui devoir choisir entre route directe vent arrière, une allure moins rapide pour un multicoque, et réaliser un petit contrebord pour redonner à IDEC un meilleur angle de vent pour embouquer le goulet de Brest... Comme un athlète aux muscles endoloris, IDEC rechigne quelque peu à la manoeuvre. Francis perdra un peu de temps dans l'opération mais devrait malgré tout se présenter devant le "Petit Minou" vers 3 heures du matin demain dimanche, après 57 jours de mer....
Une météo idéale jusqu'au bout
La dépression accrochée hier en son versant Sud Est a bien la virulence attendue et c'est dans des vents de 30 à 35 nœuds que le grand trimaran IDEC progresse à plus de 20 noeuds de moyenne depuis 24 heures. Et comme dans l'Indien ou le Pacifique, Joyon paie de sa personne et de son sommeil pour garder équilibre et trajectoire dans les longues glissades à 27 et 28 noeuds, de nuit, sur une houle accusant les 5 à 6 mètres de creux.
Comment ménager si près du but une monture fatiguée qui ne demande face aux grands espaces proposés qu'à se lancer à corps perdu aux allures débridées? Francis Joyon y consacre depuis 48 heures et sa dernière escalade dans le mât, toutes ses pensées et toute son énergie. IDEC a retrouvé les conditions pour lesquelles il a été conçu, vent fort aux allures portatives et longue houle musclée. Sous deux ris et gennaker, point de pédale de freins pour le skipper solitaire qui doit, dans ses choix de trajectoires, concocter pour son vaisseau usé par près de 26 000 de sprint, les enchaînements les moins brutaux possibles entre les trains de houle. De jours comme de nuit, Joyon est depuis 56 jours passé maître en l'exercice. Au compteur, les marques quotidiennes se chiffrent à nouveau à 480 nautiques parcourus à plus de 20 noeuds de moyenne.
En alerte permanente,
Joyon ne dort vraiment que d'un oeil, attentif à toute variation de la force et de la direction du vent, vigilant à la bonne tenue des 9 tonnes du bateau sur les vagues puissantes de l'Atlantique, connecté surtout au pouls de son navire ; un pouls qui bat parfois la chamade quand certains postes cruciaux à sa bonne marche menacent de lâcher, à l'instar de cette drisse de grand voile usée et proche de la rupture. La proximité du plateau continental, le trafic des cargos et des navires de pêche et l'arrivée sur les côtes bretonnes vont accentuer le stress avoué de cette fin de course. Prudent dans ses propos comme dans sa gestion du voilier, Joyon se refuse encore à s'engager sur une heure d'arrivée. Son grand voyage touche à son terme pourtant. Et si l'homme Joyon aspire à retrouver êtres chers et terre ferme, le marin profite encore et toujours de la magique alchimie entre l'eau, l'air et son grand bateau. "C'est la fin d'un grand voyage, et la mer est un milieu attachant, c'est pourquoi il est dur de s'arrêter..."
Propos de Francis Joyon
La vacation du jour a donné ce matin la possibilité en direct sur le site www.trimaran-idec.com à une douzaine de journalistes d'interroger Francis. Le skipper d'IDEC, toujours lancé à plus de 20 noeuds s'est prêté de bonne grâce à l'exercice, répondant avec sa gentillesse habituelle à toutes les questions, délivrant ici et là des réparties déconcertantes. Francis Joyon : "J'ai beaucoup appris sur la météo durant ce tour du Monde ; la collaboration avec Jean-Yves Bernot a été intéressante. Elle m'a permis d'appréhender avec plus de finesse l'analyse des phénomènes météo."
"J'ai la satisfaction d'effectuer un beau parcours. Je fais cela parce j'aime le faire. Je ne le fais pas par ambition personnelle..."
"Les records sont faits pour être battus. Mon temps en 2003 paraissait intouchable. Et pourtant Ellen MacArthur, en réalisant une performance extraordinaire, l'a battu l'année suivante.."
"Il y a eu deux moments de grande inquiétude ; une fois dans le Sud, au milieu des glaces alors que la tempête se levait, et dans le pot au Noir, quand j'ai découvert que je risquais le démâtage..."
"La dislocation de la banquise et la dérive des icebergs à des latitudes inhabituelles m'ont beaucoup interpellé. Mon temps sur ce tour du monde signifie aussi que la planète n'est pas si grande que cela, et que nous aurions grand intérêt à nous en préoccuper davantage..."
Quelques heures avant l’arrivée d’Idec à Brest, le skipper de Sodeb’O( ndlr Thomas Coville) commente l’incroyable performance de Francis Joyon. Le record du tour du monde en solitaire et en multicoque pourrait tomber à plus ou moins 58 jours, un chrono stupéfiant auquel Thomas Coville s’attaquera à nouveau l’hiver prochain.
Quels seraient tes premiers mots pour Francis ?
« Je lui dirai bravo tout simplement. Nous n’avons pas besoin de nous dire grand chose pour qu’il sache à quel point je suis admiratif et respectueux de ce qu’il a fait. Nous sommes peu dans le monde à avoir la capacité de mesurer réellement ce qu’il vient d’accomplir. »
Quels sont, selon toi, les facteurs clefs de cette réussite ?
« Tout d’abord, la rencontre avec les architectes Nigel Irens et Benoît Cabaret puis la construction de son bateau où, grâce à l’expérience de son premier tour du monde en multicoque, il savait exactement ce qu’il voulait. Pour moi, 50 % du projet étaient mis en bouteille à ce stade. Ensuite, son départ avec une fenêtre météo exceptionnelle que nous n’avons pas revu depuis et dont tout le monde rêve. Et enfin, de part sa maturité mais aussi sa force physique et mentale, Francis a cette capacité fantastique de s’adapter à toutes les conditions et à donner le meilleur de lui dans la difficulté. Il n’a jamais lâché même lorsqu’il a eu des avaries. S’il y a toujours une pincée de réussite, Francis est allé la chercher jusqu’au bout. »
Joyon le « menhir », ce marin inclassable à la poignée de mains aussi intimidante que sa carrure, peut « tout faire à la force de poignet » selon Coville qui a notamment partagé avec lui une Transat Jacques Vabre « Francis a dix ans d’expérience de plus en multicoque transocéanique et a subi de nombreuses galères avant d’aboutir à ces deux merveilleux tours du monde. Il jouit aujourd’hui de cette expérience qu’il a fait fructifier et qui lui donne aujourd’hui la capacité de passer même quand c’est très dur. »
samedi 19 janvier 2008
JOYON JUSQ'AU BOUT.....DE L'EXPLOIT !
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jeudi 17 janvier 2008
INSERTION : CE QUI DEVRAIT CHANGER EN THÉORIE

Au cours du débat parlementaire sur les enjeux de l'insertion qui s'est tenu le 17 janvier 2008 au Sénat et à l'Assemblée nationale, Martin Hirsch, Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté a prononcé un discours dans le but de proposer la refondation des politiques d'insertion sur de bases nouvelles.
Présenté en Conseil des ministres le 21 novembre, le Grenelle de l’insertion poursuit trois objectifs :
replacer l’insertion au cœur des débats de société en donnant la parole aux professionnels, aux associations et aux bénéficiaires, et en mobilisant les collectivités territoriales, les entreprises et les partenaires sociaux ; _ améliorer la performance globale des politiques d’insertion ; _ engager les réformes qui s’imposent pour parvenir à une unification de tous les contrats aidés afin d’aboutir à un contrat unique d’insertion ; à l’accès à la formation professionnelle pour les personnes les plus éloignées de l’emploi et à l’évolution du financement de l’insertion par l’activité économique. _Sur ce dernier point, le haut commissaire s’est engagé à ce que l’insertion fasse l’objet d’évaluations, au sein des entreprises d’insertion, mais aussi des entreprises classiques, qui devront "bâtir des critères de performance" dans ce domaine. Ces critères "seront négociés et pas imposés" a précisé Martin Hirsch. La mise en place d’une clause d’insertion pour les entreprises est également à l’étude. _D’autres sujets comme l’illettrisme, le microcrédit, l’insertion à la sortie de prison feront l’objet de propositions spécifiques.
Les Rencontres de l’expérimentation sociale, qui se sont tenues les 23 et 24 novembre à Grenoble, ont lancé les travaux du Grenelle de l’insertion pour une durée de six mois. Le site experimentationssociales.fr a été créé à cette occasion.
Trois groupes de travail ont été installés en décembre : _ sur les objectifs de la politique d’insertion et sa gouvernance ; _ sur les trajectoires et les parcours d’insertion ; _ sur le rôle des employeurs et leur implication dans les politiques d’insertion.
EXTRAITS DE L’INTERVIEW DE M. HIRSCH AU « MONDE »
Pourquoi organiser six mois de débats avant d'entreprendre les réformes ?
2008 doit être une grande année pour l'insertion. Nous allons essayer d'en refonder toutes les politiques : minima sociaux, contrats aidés, formation professionnelle, gouvernance… Ce ne sont pas des changements qui se décrètent ou s'improvisent. Ils se négocient.
Pourquoi le système actuel ne marche-t-il pas ?
La société fonctionne comme une centrifugeuse projetant les moins performants en dehors du système. Au lieu d'adapter les exigences pour faire une place aux plus vulnérables, on a multiplié les mécanismes de compensation, catégorie par catégorie. Evidemment, tous ne rentrent pas dans les cases.
Le parcours d'insertion, ce sont souvent des portes qui s'entrouvrent puis se referment.! Pour faire plus simple et plus efficace, il faut un moteur. Jusqu'ici, il y avait une pression sociale, insuffisante. Aujourd'hui, les entreprises nous disent : Nous avons besoin des politiques d'insertion pour recruter.
Des vrais emplois sont à pourvoir jusque dans les pôles de compétitivité et l'artisanat. L'avenir des entreprises dépend aussi de l'efficacité des politiques d'insertion. Ce qui est nouveau, c'est qu'elles en ont pris conscience. Elles s'impliquent dans le Grenelle, plus par intérêt que par philanthropie.
Que proposez-vous pour améliorer les conditions de vie des 2 millions de travailleurs pauvres ?
Le revenu de solidarité active (RSA) doit servir au pouvoir d'achat des travailleurs pauvres à partir de 2009. Vous pouvez vous retrouver dans une entreprise avec une personne qui sort du RMI pour un emploi à mi-temps et qui, la première année, va gagner plus d'argent qu'un collègue qui n'est pas passé par les minima sociaux.
Le RSA est conçu comme une garantie absolue qu'à salaire horaire et situation familiale donnés, les revenus soient équivalents et augmentent avec la quantité de travail, de la première jusqu'à la dernière heure.
L'emploi dégradé, et dégradant, existe. Conserver un système dans lequel le fait de reprendre du travail fasse perdre de l'argent, personne n'arrivera à me convaincre que c'est bien. La mise en place du RSA se fera dans le cadre d'une négociation avec les partenaires sociaux sur la qualité de l'emploi.
Disposerez-vous des crédits nécessaires pour vos projets ?
Nous avons avec l'Elysée et Matignon une obligation réciproque : ils me chargent de faire le RSA, j'ai le devoir de montrer qu'il marche. Si ça marche, nous aurons les crédits. Le coût annuel d'entrée est compris entre 2 et 3 milliards d'euros. Ce sera un investissement rentable.
Pourtant, AC! Agir contre le chômage s'interroge sur l'utilité du "Grenelle de l'insertion" lancé vendredi à Grenoble, puisque «les décisions sont déjà prises» et risquent de «léser» les personnes en situation de grande précarité, comme le RSA qu'elle juge «complexe et inégalitaire».
«A quoi peut servir ce "Grenelle" alors que les décisions sont déjà prises ?», interpelle AC! en évoquant le RSA (revenu de solidarité active), expérimenté dans 40 départements. Un dispositif «complexe, inégalitaire», car le complément attribué aux bénéficiaires de minima sociaux en cas de reprise partielle de travail «changera d'un département à l'autre, mais aussi d'une personne à l'autre dans le même département», souligne l'association de défense des chômeurs.
Au sujet du contrat unique d'insertion sur lequel se penche le gouvernement et qui sera au centre des discussions, elle craint «l'instauration de contrats sur mesures, au gré des besoins des employeurs, public ou privé».
Au détriment de l'insertion sociale
Le Grenelle de l'insertion part «du présupposé absurde que seul l'emploi peut répondre aux problèmes sociaux», souligne AC! en rappelant qu’«un SDF sur trois travaille». «Comment prendre au sérieux un ministre qui brandit comme étendard les 35 millions d'euros attribués pour la mise en place du RSA quand ce sont 15 milliards d'euros de cadeaux fiscaux qui sont consentis aux plus riches ?», s'interroge-t-elle.
AC! souhaite avertir que les Conseils généraux, qui financent une partie du RSA, risquent de le faire «au détriment de l'insertion sociale ou d'autres budgets» de solidarité. «L'absence totale au Grenelle de problématiques ayant trait à l'insertion sociale revient de fait à considérer que l'emploi est un préalable à la prise en compte des problèmes de santé, logement, mobilité, et que celui qui est privé d'emploi ne peut prétendre à rien», déplore l'association.
Précarité institutionnalisée
Il n'y a pas qu'AC! qui pense que le RSA risque d'enfermer ses bénéficiaires dans le sous-emploi précaire. Déjà, en mai 2005, un rapport d'étude du Sénat (réalisé par Valérie Létard, actuelle secrétaire d'Etat à la solidarité) avertissait : "Le soutien très important apporté par le RSA dès les premières heures d'activité fait craindre des pressions à la baisse sur les salaires, et un renforcement du recours par les entreprises à des emplois à temps partiel." Solidarité gouvernementale oblige, l'auteure du rapport ne s'étale plus sur le sujet... De plus, pour limiter ses effets pervers, il était prévu d'expérimenter le RSA pendant trois ans mais, succombant à la pression sarkozyenne, Martin Hirsch a annoncé sa généralisation… fin 2008. Ainsi, l'obligation de résultat se fera au détriment de la qualité : on affichera très vite une baisse de la pauvreté en laissant dans leur situation ceux qui sont les plus éloignés du monde du travail.
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mercredi 16 janvier 2008
GITANA 13 PART CE SOIR POUR NEW YORK SAN FRANCISCO

C´est ce mercredi 16 janvier, à 20 h heure française, que Lionel Lemonchois et l´équipage de Gitana 13, maxi-catamaran de 33 mètres armé par le Baron Benjamin de Rothschild, entameront leur campagne de records 2008. Au programme des hommes du Gitana Team, des routes mythiques qui les conduiront de New York à Londres, en passant par les côtes asiatiques. Premier défi: New-York - San-Francisco par le Cap Horn.
Sur les traces des clippers de la ruée vers l’Or et du fameux « Flying Cloud » mené par le capitaine Josiah P.Creesy, Lionel Lemonchois et l’équipage de Gitana 13 ont choisi une route prestigieuse pour lancer leur campagne de records 2008. Le maxi-catamaran armé par le Baron Benjamin de Rothschild sera le premier multicoque de la G Class à s’attaquer à ce parcours long de 14 000 milles. Objectif : Etablir un temps de référence en maxi multicoque entre New York et San Francisco et améliorer le record d'Yves Parlier (Route de l’Or 1998, à bord du monocoque 60 pieds Aquitaine Innovation).
Le Horn à contre-sens
Les 14 000 milles qui séparent New York de San Francisco offrent un panel météorologique et stratégique diversifié et complexe. Outre le franchissement à " contresens " (d’est en ouest) du Cap Horn, qui constitue déjà en soi un défi compte tenu des forts vents d’Ouest qui y règnent, les hommes de Gitana 13 devront négocier deux passages de Pot-au-Noir et de l’Equateur (Atlantique et Pacifique), ce qui sous-entend naturellement des changements d’hémisphères, et pas moins de quatre anticyclones. Sans oublier les longues journées de navigations dans le Pacifique Sud, le long des côtes de l’Amérique Latine. Un Océan plutôt méconnu mais réputé pour sa dureté par les marins qui s’y sont un jour aventurés.
Pour preuve de la difficulté de l’exercice, de 1854 à 1994 pas moins de douze voiliers se sont élancés sur cette route … seuls six ont rallié San Francisco. Glané en 1998 dans le cadre d’une course nommée « la Route de l’Or », le record est à ce jour détenu par Yves Parlier et son équipage en 57 jours 3 heures 21 minutes.
En 6 jours à l'Equateur?
Sylvain Mondon, prévisionniste pour la sécurité en mer chez Météo France et fidèle routeur du Gitana team, nous expose les conditions météo qui attendent Lionel Lemonchois et son équipage : « A l’heure du départ, Gitana 13 profitera d’un flux de Nord-Nord Ouest, compris entre 15 et 20 nœuds. Des conditions maniables qui leur permettront de s’éloigner rapidement des côtes. Le trafic maritime particulièrement intense au large de New York réclamera cependant de la vigilance sur le pont durant les premières heures de ce record. La principale difficulté de ce début de course consistera à ne pas se faire rattraper par l’Anticyclone des Bermudes, situé à la latitude de l’arc antillais. Cela obligera l’équipage de Gitana 13 à mettre de l’Est dans sa route. Les derniers routages nous confèrent un temps théorique de 6 jours à l’Equateur. »
Dix hommes pour relever le défi
Pour cette campagne ambitieuse sur les mers du globe, la barre de Gitana 13 a été confiée à Lionel Lemonchois. Equipier d’Isabelle Autissier à bord des monocoques 60 pieds Ecureuil Poitou-Charentes en 1994, puis PRB en 1998 sur ce même parcours, s’apprête à renouer avec une route et des paysages qui lui sont familiers.
Homme de défi, comme il a su le démontrer lors de la Route du Rhum 2006, à bord de Gitana 11, en remportant magistralement l’épreuve en 7 jours, 17 heures, 19 minutes et 6 secondes, Lionel Lemonchois sera épaulé par neuf membres d’équipage. Un groupe soudé, parmi lesquels nous retrouvons bon nombre de fidèles du Gitana Team comme Thierry Duprey du Vorsent, Olivier Wroczynski, Léopold Lucet ou encore Dominic Vittet.
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Le programme des tentatives de Gitana 13, de janvier à octobre 2008
. La Route de l’Or (New York – San Francisco par le Cap Horn)
. Traversée du Pacifique Nord (San-Francisco – Yokohama)
. Yokohama – Dalian
. Dalian – Taipei
.Taipei – Hong-Kong
. La Route du Thé (Hong-Kong – Londres)
L’équipage de Gitana 13 entre New York et San Francisco
Lionel Lemonchois (Skipper / barreur / chef de quart)
Dominic Vittet (navigateur)
Thierry Duprey du Vorsent (barreur/ chef de quart)
Ludovic Aglaor (barreur/ chef de quart)
Olivier Wroczynski (régleur /responsable informatique)
Fred Le Maistre (régleur)
Nicolas Raynaud (régleur / responsable Vidéo)
David Boileau (N°2 / régleur/ responsable accastillage)
Léopold Lucet (N°1 / responsable intendance)
Florent Chastel (N°1 / régleur)
De janvier à octobre 2008, six challenges viendront ponctuer ce tour du monde :
La Route de l’Or (New York – San Francisco par le Cap Horn)
Traversée du Pacifique Nord (San-Francisco – Yokohama)
Yokohama – Dalian
Dalian – Taipei
Taipei – Hong-Kong
La Route du Thé (Hong-Kong – Londres)
Premier défi: New-York – San-Francisco par le Cap Horn
Sur les traces des clippers de la ruée vers l’Or et du fameux « Flying Cloud » mené par le capitaine Josiah P.Creesy, Lionel Lemonchois et l’équipage de Gitana 13 ont choisi une route prestigieuse pour lancer leur campagne de records 2008. Le maxi-catamaran armé par le Baron Benjamin de Rothschild sera le premier multicoque de la G Class à s’attaquer à ce parcours long de 14 000 milles.
Objectif : Etablir un temps de référence en maxi multicoque entre New York et San Francisco et améliorer le record d'Yves Parlier (Route de l’Or 1998, à bord du monocoque 60 pieds Aquitaine Innovation).
Les 14 000 milles qui séparent New York de San Francisco offrent un panel météorologique et stratégique diversifié et complexe. Outre le franchissement à " contresens " (d’est en ouest) du Cap Horn, qui constitue déjà en soi un défi compte tenu des forts vents d’Ouest qui y règnent, les hommes de Gitana 13 devront négocier deux passages de Pot-au-Noir et de l’Equateur (Atlantique et Pacifique), ce qui sous-entend naturellement des changements d’hémisphères, et pas moins de quatre anticyclones. Sans oublier les longues journées de navigations dans le Pacifique Sud, le long des côtes de l’Amérique Latine. Un Océan plutôt méconnu mais réputé pour sa dureté par les marins qui s’y sont un jour aventurés.
Pour preuve de la difficulté de l’exercice, de 1854 à 1994 pas moins de douze voiliers se sont élancés sur cette route … seuls six ont rallié San Francisco. Glané en 1998 dans le cadre d’une course nommée « la Route de l’Or », le record est à ce jour détenu par Yves Parlier et son équipage en 57 jours 3 heures 21 minutes.
Sylvain Mondon, prévisionniste pour la sécurité en mer chez Météo France et fidèle routeur du Gitana team, nous expose les conditions météo qui attendent Lionel Lemonchois et son équipage : « A l’heure du départ, Gitana 13 profitera d’un flux de Nord-Nord Ouest, compris entre 15 et 20 nœuds. Des conditions maniables qui leur permettront de s’éloigner rapidement des côtes. Le trafic maritime particulièrement intense au large de New York réclamera cependant de la vigilance sur le pont durant les premières heures de ce record. La principale difficulté de ce début de course consistera à ne pas se faire rattraper par l’Anticyclone des Bermudes, situé à la latitude de l’arc antillais. Cela obligera l’équipage de Gitana 13 à mettre de l’Est dans sa route. Les derniers routages nous confèrent un temps théorique de 6 jours à l’Equateur. »
Dix hommes pour relever le défi
Pour cette campagne ambitieuse sur les mers du globe, la barre de Gitana 13 a été confiée à Lionel Lemonchois. Equipier d’Isabelle Autissier à bord des monocoques 60 pieds Ecureuil Poitou-Charentes en 1994, puis PRB en 1998 sur ce même parcours, le marin s’apprête à renouer avec une route et des paysages qui lui sont familiers.
Homme de défi, comme il a su le démontrer lors de la Route du Rhum 2006, à bord de Gitana 11, en remportant magistralement l’épreuve en 7 jours, 17 heures, 19 minutes et 6 secondes, Lionel Lemonchois sera épaulé par neuf membres d’équipage. Un groupe soudé, parmi lesquels nous retrouvons bon nombre de fidèles du Gitana Team comme Thierry Duprey du Vorsent, Olivier Wroczynski, Léopold Lucet ou encore Dominic Vittet.
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La météo du départ

LA ROUTE DE L'OR
A l’heure du départ, Gitana 13 profitera d’un flux de Nord-Nord Ouest, compris entre 15 et 20 nœuds. Des conditions maniables qui leur permettront de s’éloigner rapidement des côtes. Le trafic maritime particulièrement intense au large de New York réclamera cependant de la vigilance sur le pont durant les premières heures de ce record. La principale difficulté de ce début de course consistera à ne pas se faire rattraper par l’Anticyclone des Bermudes, situé à la latitude de l’arc antillais. Cela obligera l’équipage de Gitana 13 à mettre de l’Est dans sa route. Les derniers routages nous confèrent un temps théorique de 6 jours à l’Equateur.
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Le Gitana Team, c'est aussi...

Esprit d'équipe, performances et compétences multiples...
Le Gitana Team, c'est avant tout une équipe sportive et technique à la pointe de toutes les nouvelles technologies. A l'année, 20 permanents, responsables dans leur domaine, travaillent de concert pour veiller au bon fonctionnement du team. Pendant la saison, les navigants viennent se greffer à ce groupe.
Dans cette mécanique de précision, chacun assume son rôle, pas une personne qui ne soit pas à sa place dans cette équipe orchestrée par Loïck Peyron, Directeur général du team depuis avril 2006. Ce dernier travaille en symbiose avec les deux skippers dans un premier temps mais également avec les nombreux spécialistes qui composent l'équipe à terre, et notamment les boat-captains qui sont responsables de la préparation technique de chaque bateau.
Le Gitana Team 2008, c'est aussi...
Fonction
Président Didier Bottge
Directeur Général Loïck Peyron
Directeur des Opérations Cyril Dardashti
Recherche & Développements Antoine Mermod
Projets spéciaux Olivier Wroczynski
Bateaux Gitana 13 Gitana Eighty
Skippers Lionel Lemonchois Loïck Peyron
Boat Captain Ludovic Aglaor William Fabulet
Coordination Mer/terre Léopold Lucet
Accastillage & Hydraulique David Boileau Sébastien Thétiot
Composites Patrice Richardot Marie Dixneuf
Gréement & Matelotage Yann Le Govic Yann Le Govic
Composites & peintures Hubert Corfmat, Daniel Le Digabel, Patrice Richardot et Rolland Allanic
Electronique & informatique Benoit Piquemal
Logistique Laurent Rivals
Secrétariat La Trinité Nathalie Barbedet
Secrétariat Genève Nathalie Declère
Motor-Home Francis Breton
Nourriture du bord Chalet du Mont d'Arbois
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Film liquide et hausse de rendement du photovoltaïque

Sustainable Titania Technology (STi), un fabricant de revêtements spéciaux, a développé une solution de dioxyde de titane qui lorsqu'elle est appliquée sur le substrat de verre des cellules photovoltaïques permet d'augmenter l'efficacité énergétique de ces dernières.
Une couche de 100 à 300 nm de cette solution hydrosoluble et neutre est déposée à la surface du verre qui est ensuite recuit dans un four pour durcissement. Pendant le recuit, les monosaccharides contenus dans la solution relâchent une faible quantité de CO2 créant ainsi des aspérités de 10 à 20 nm de hauteur et de diamètre à la surface du film. Ceci permet de réduire la réflectance du substrat et de générer de nouveaux petits faisceaux de lumière à l'intérieur du revêtement. Au final, le traitement accroît le taux de conversion solaire de 3 à 5%.
Les autres procédés qui créent des aspérités de surface n'augmentent le rendement des cellules que de 1 ou 2%. De plus, de la poussière peut s'accumuler dans ces irrégularités et avoir pour conséquence de diminuer l'efficacité de la cellule. Le nouveau revêtement possède une charge électrostatique qui repousse la poussière et évite donc ces problèmes.
Sustainable Titania Technology commercialisera cette nouvelle solution à la fin du mois de janvier. Le prix de vente sera de 30.000 yens pour un litre (200 euros/L). Le liquide peut également être utilisé sur tout instrument optique qui nécessite une pénétration durable de la lumière et il est particulièrement adapté à l'utilisation en extérieur. L'entreprise espère donc atteindre un chiffre de vente de 200 millions de yens (1,25 million d'euros), d'ici fin août 2009.
http://www.sti-jp.com/news/
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La 7e Transat Québec Saint-Malo réunira une trentaine de bateaux
Voile Internationale Québec (VIQ) présentera sa 7e édition de la Transat Québec Saint-Malo, une course quadriennale, à Québec du 10 au 20 juillet. Au total, une trentaine de bateaux de France, d’Italie, du Québec et du reste du Canada est attendue ainsi que les plus grands barreurs de la voile hauturière au monde.
« En plus d’être un événement promotionnel international, la Transat amènera les Québécois à se réunir au Port de Québec, ce qui permettra de l’animer. Et ça perpétuera la tradition de la mer à Québec », a lancé Jacques Gingras, président de VIQ, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue ce mardi à Québec.
Inscrite au Championnat mondial des coureurs et des marques de la Fédération internationale de course océanique, la Transat Québec Saint-Malo est une épreuve sportive de haut niveau qui se tient tous les quatre ans depuis 1984. Dans la course, on y retrouve des bateaux à multicoques et à monocoques de 45 pieds et plus. Elle a pour objectifs de promouvoir le sport de la voile et de favoriser les échanges économiques entre les villes de Québec et de Saint-Malo.
Québec
Mais pourquoi donc à Québec? Trois raisons sont au cœur de ce choix, répond M. Gingras : « La configuration du parcours d’ouest en est étant la seule course transatlantique courue dans cette direction, ce qui permet aux bateaux de vaguer au gré de vents dominants pour ainsi atteindre des vitesses incroyables. La Ville de Québec est également un amphithéâtre naturel qui permet aux spectateurs d’assister à la course sans avoir besoin de se rendre sur l’eau en bateau. De plus, la convivialité et la chaleur des Québécois sont toujours au rendez-vous ».
Les populations riveraines pourront contempler la course de voiliers sur une distance de 400 milles nautiques (685 km) ponctués de passages obligatoires, dont ceux de Rimouski et de Percé. Les bateaux prendront ensuite le large sur l’Atlantique Nord pour 2600 milles nautiques supplémentaires dans le but de battre le record de sept jours, 20 heures et 24 minutes établi par Loick Peyron en 1996. Les arrivées sont prévues à compter du 27 juillet dans le bassin Vauban de Saint-Malo.
« J’ai toujours été fasciné par la vitesse. Un événement comme celui-là a non seulement un intérêt sportif, mais aussi technologique et il touche une grande communauté. Il permet également à la ville de Québec d’être sur la carte mondiale maritime », a partagé Régis Labeaume, maire de Québec.
400e
Comme l’événement se déroulera durant les Fêtes du 400e anniversaire de Québec, Espace 400e nommera la semaine du 14 au 20 juillet Québec, ville de l’eau. Les organisateurs de l’événement profiteront de cette semaine pour présenter un documentaire sur le barreur Mike Birch. Orchestre, bal et activités familiales liés à la Transat seront aussi de la partie.
« Était-il possible de célébrer l’arrivée de Champlain à Québec sans mettre des voiliers à l’eau s’inscrivant ainsi dans la richesse de notre patrimoine et de notre tradition ?», a demandé Jean Leclerc, président du conseil d’administration de la Société des Fêtes du 400e.
Le 19 août 1984, dans le cadre de la première Transat Québec Saint-Malo, près de 60 bateaux quittaient les berges du fleuve Saint-Laurent afin de refaire à sens inverse la traversée qu’avait effectuée Jacques Cartier, 450 ans plus tôt.
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SUR LA ROUTE.....de Brest

Avec l'adonnante, IDEC et Francis Joyon ont depuis hier soir arrondi leur route dans l'ouest du centre des hautes pressions. Au petit trot, certes, dans un vent mollissant, le skipper Trinitain a franchement orienté ses étraves vers les Açores et... Brest. A 12 ou 13 noeuds efficaces, IDEC se rapproche à présent directement de l'arrivée situé ce matin à quelques 1 750 milles. Toujours tribord amure, le voilier est dorénavant poussé par des régimes de plus en plus installés au Sud Ouest. Un empannage est à venir pour gagner les flux encore plus soutenus qui sévissent au large de la péninsule Ibérique. Ce sont ces airs puissants qui propulseront IDEC vers la pointe de Bretagne. Alors qu'il annonçait hier souhaiter effectuer aujourd'hui cette si cruciale escalade de son mât pour une ultime séance d'inspection-consolidation de l'ancrage de hauban, il semblerait, au vu des caps et vitesses enregistrés hier entre 16 et 17 heures, que ce diable d'homme ait déjà réalisé sa 4ème ascension.
JOYON ESPÈRE ARRIVER DIMANCHE OU LUNDI
La lutte continue à bord d'IDEC. Si de l'aveu de Francis Joyon le bateau est "fatigué", le marin espère en finir avec son tour du monde solitaire dimanche ou lundi, soit descendre sous la barre des 60 jours. Ce serait un exploit considérable, mais on n'en est pas encore là.
Si le début de nuit dernière avait dans un premier temps pris de nouveau des allures de "galère", avec ces grains venus de nulle part bousculer, avec leurs 35 noeuds tourbillonnants, le grand trimaran IDEC et son skipper solitaire, la fin de nuit procurait à Francis Joyon une accalmie bienvenue. En se calant franchement à l'Est, l'alizé dans le sud des Açores, tout en faiblissant significativement, s'est fait plus régulier, facilitant la remontée cap au Nord du grand multicoque rouge. Travers au vent, solidement appuyé sur son flotteur bâbord, IDEC filait ainsi aux premières lueurs du jour ses 16-18 noeuds sur une mer toujours "mal rangée". Teintée d'un brin de lassitude, la voix de Francis trahissait aussi un peu de soulagement. Si la menace de voir son hauban se désolidariser du mât reste bien présente, l'horizon du solitaire, après 53 jours de lutte ininterrompue, semble plus limpide, avec une stratégie de route conforme aux schémas bien connus de l'Atlantique Nord, autour de l'anticyclone, puis à fond dans les flux de Sud Ouest qui balaient aujourd'hui déjà le quart Nord Ouest de l'hexagone....__
"Des grains de chez grains..."__"J'ai eu des grains hyper forts en début de nuit," raconte Joyon, "avec 35 noeuds et derrière des coups de calmes. Il a fallu beaucoup manoeuvrer et depuis ce matin, j'ai pu renvoyer de la toile. Sous un ris et solent, je navigue à présent sur le bon bord à 16 ou 17 noeuds de vitesse. Le bateau tape moins, bien en appui sur son flotteur." Francis conserve ainsi une trajectoire limpide, cap plein nord, vers l'archipel des Açores sous lequel paresse le centre des hautes pressions. En abordant ces dernières par le sud, IDEC va sentir le vent tourner sur son tableau arrière et c'est au portant qu'il faudra négocier l'entrée dans les régimes d'ouest. Un premier empannage bâbord amure permettra de parer les îles, puis un second côté tribord cette fois, qui marquera concrètement le début du sprint final au portant vers Brest.__
Demain en tête de mât__Avec la rotation du vent, Francis attend surtout l'amélioration de l'état de la houle. Sur une mer apaisée, il pourra alors effectuer une 4ème escalade en tête de mât. Un moment crucial dans ce tour du monde puisqu'il permettra à Francis d'évaluer très précisément ce qu'il sera en mesure d'exiger du trimaran jusqu'à l'arrivée. "En approche de l'anticyclone, le vent mollit et dès que la houle s'arrangera, demain matin, je compte retenter l'escalade dans le mât pour sécuriser mes réparations. Il me faut valider le maximum de chose dans le mât et sécuriser définitivement cet ancrage de hauban..." Rassuré sur l'état de son mât, Francis Joyon pourrait envisager sereinement les dernières journées de mer qui l'attendent. Le schéma météo est, de son propre aveu, "favorable", mais il convient de ne pas lambiner en route ; "On imagine avec des vents d'ouest d'arriver le 20 ou le 21janvier (dimanche ou lundi ndlr). Il ne faut pas trop traîner car après le 21 il y a des calmes et du près dans le Golfe. Je veux profiter des vents de Sud Ouest de cette fin de semaine pour rejoindre la Bretagne."__
Un bateau très fatigué.__"Après mes problèmes de trinquette hier, je constate des fatigues un peu partout sur le bateau. J'ai perdu un peu confiance dans mes lashings en spectra et je constate que ça lâche un peu partout". Après 25 000 milles à haute vitesse, IDEC a un peu perdu de sa splendeur, mais rien de son panache ni de sa superbe. Car en dépit des avaries qui contrarient depuis l'équateur sa progression, Joyon et son grand multicoque possédent ce soir 2900 milles d'avance sur le trajet record d'Ellen MacArthur. La barre hautement symbolique d'un tour du monde en moins de 60 jours demeure, si tout va bien, à portée d'étraves.
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lundi 14 janvier 2008
Clipper Ventures relance son tour du monde en 2010

L’héritière du BOC Challenge / Around Alone survit, sans l’IMOCA
Clipper Ventures, organisateur de la Velux 5 Oceans a signé avec son partenaire pour une nouvelle édition entre 2010 et 2011. Malgré son éviction du calendrier IMOCA (classe des monocoques de 60 pieds), la course espère réunir 12 partants et devrait repartir d’Espagne, mais un départ ou l’arrivée en France sont en évaluation… Voici le communiqué des organisateurs.
« En septembre 2007, nous avons eu le plaisir de vous annoncer la poursuite du partenariat de VELUX avec la course 5 OCEANS. Nous avons repris cette épreuve historique en 2002 alors qu’elle était en difficulté commerciale et financière. Grâce à notre partenariat avec VELUX, qui a débuté en septembre 2005, nous avons organisé une édition 2006-07 convaincante, malgré les nombreux défis à relever pour ramener cette grande épreuve sur le devant de la scène des courses au large professionnelles et pour conquérir un large public à travers le monde. Nous nous sommes fixés d’ambitieux objectifs et avons offert à notre sponsor plus de 65 millions d’Euros de valeur média.
Notre projet est de créer une des plus grandes références sportives internationales sous la bannière du ’Défi Absolu en Solitaire’. Il s’agit d’une annonce ambitieuse et nous nous sommes fixés trois principaux objectifs pour attirer les skippers et les sponsors et garantir des progrès significatifs pour la prochaine édition :
Une épreuve mondiale avec un plateau international de skippers comptant parmi les meilleurs de la planète.
Une compétition plus disputée avec d’avantage d’escales pour constituer le ’roadshow’ international de la course au large
Une course océanique moderne et de haute technologie accessible au plus grand nombre grâce à un programme médiatique innovant en plusieurs langues.
La VELUX 5 OCEANS pourra récompenser activement les participants grâce à des avantages en natures très intéressants dans les principaux domaines (identifiés d’après les commentaires des skippers) :
Logistique / Fret (partenariats pour limiter ou supprimer les frais)
Communication (partenariats pour limiter ou supprimer les frais liés aux communications en mer, ainsi que pour les logiciels et le matériel d’enregistrement de montage et de transmission embarqué)
Hébergement (partenariats pour limiter ou supprimer les frais des hôtels et appartements aux escales)
Transports (partenariats pour limiter ou éliminer les frais des vols et locations de voiture)
Entraînement (pour proposer aux participants des cours spécialisés en navigation et technologies média, tels que MaxSea etc.)
Notre Responsable Développement Commercial cherchera également des partenariats avec différents fournisseurs dans de nombreux domaines liés aux activités nautiques en mer comme à terre. Nous voulons aider les skippers et les sponsors des bateaux de façon à créer un événement peu coûteux à la visibilité médiatique très large, tout en augmentant les retours sur investissement.
Nous avons à la fois retenu plusieurs membres de la précédente édition et engagé de nouveaux talents issus d’horizons sportifs divers pour continuer de progresser dans tous les domaines (gestion de l’événement, marketing, communication, organisation de la course et relations avec les sponsors).
David Adams - Directeur de Course
Kiny Parade - Responsable Course
Alex Crosby – Directeur de l’Événement
Tim Kelly – Responsable Communication
Andrew Boosey – Responsable Développement Commercial
David Stubley (Directeur de Clipper Ventures)
Le format définitif de l’épreuve (parcours, dates, escales etc.) est actuellement en cours de finalisation et sera dévoilé dans les semaines à venir. De nombreux ports d’accueil à travers le monde ont montré un intérêt très fort pour la course. Après consultation avec les skippers et les partenaires, nous savons dores et déjà que le parcours suivra le format classique suivant :
Départ et arrivée en Europe, quatrième trimestre 2010. (France ou Espagne)
Escales en Afrique du Sud, en Australasie, en Amérique du Sud et aux États-Unis (côte Est).
La VELUX 5 OCEANS est ouverte à tous les skippers IMOCA ainsi qu’à tous les marins ayant les compétences et l’ambition de relever le Défi Absolu en Solitaire dans le cadre d’une campagne Open 60 sûre et bien financée. Notre objectif est d’aboutir à une flotte de 12 bateaux sur fond de diversité internationale. Kiny, notre responsable de course, est en contact avec des skippers et des sponsors aux quatre coins du monde pour proposer son soutien dans les négociations et communiquer notre projet pour la prochaine édition.
Nous avons été contraints d’accepter la décision de la classe IMOCA de rayer la VELUX 5 OCEANS de son calendrier. Toutefois, nous avons du mal à comprendre leur logique et nous sommes déçus de constater qu’après des mois de discussions et de tentatives de coopération, cette décision ait été prise de façon isolée sans véritable consultation avec l’ensemble de la flotte IMOCA et de ses membres. Nous sommes d’autant plus déçus que notre course fût l’évenement précurseur du Vendée Globe et que ces deux événements ont contribués ensemble à développer les règles de l’actuelle Classe Open 60.
Depuis avril 2007, l’Équipe Organisatrice de la Course a tenté à plusieurs reprises d’engager les discussions avec l’IMOCA et de présenter notre projet et les améliorations prévues pour la course. Nous savons que nous avons encore beaucoup de progrès à faire dans divers domaines et nous prenons en compte ces inquiétudes. Suite à leur décision, nous avons repris contact avec l’IMOCA et nous souhaitons garder les discussions ouvertes. »
Plus d’info sur www.velux5oceans.com (en anglais)
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Soucis, galères et conditions homériques pour le sprint final

Au coeur de l'Océan Atlantique, loin par le travers des îles du Cap Vert, Francis Joyon se prépare à entrer dans le plus fort des vents alizéens qui soufflent du Nord Est depuis les rivages marocains. La nuit dernière s'est déroulée sereinement, sans autre embûche qu'un gros grain venu secouer IDEC en milieu de nuit. Francis Joyon, après 48 heures très difficiles passées à d'abord s'extraire du Pot au Noir puis à tenter de juguler un sérieux problème d'ancrage de son hauban tribord, a enfin pu souffler quelque peu et goûter un repos bien nécessaire. Avec le renforcement de l'alizé, c'est bien entendu l'état de la mer, plus "agressive" aux dires de Francis Joyon, qui va rendre la progression du trimaran plus pénible, avec les chocs violents face à la houle de plus en plus creuse. C'est aussi le stress qui va aller croissant à l'idée de savoir son mât fragilisé subir de nouvelles épreuves. L'opération de "ceinturage" de la partie blessée n'est en tous cas par à l'ordre de cette 52ème journée de mer qui débute. Un peu plus de 2 500 milles nautiques restent à parcourir, 2 500 pas de géant à la mesure d'IDEC, à l'image de Francis si solide dans l'adversité.
"C'est un peu galère"... lâchée laconiquement et sans émotion palpable, cette petite phrase prend, pour ceux qui connaissent Joyon, une résonance bien singulière, teintée de sous entendus et de pudeur, pour ne pas dire la violence et la difficulté des moments vécus cette nuit. Dans un alizé bien loin de son image d'Epinal, IDEC s'est durement fait secouer face à une mer très hachée, et sous une succession de grains. Francis s'est évertué, aux dépens de tout repos, à atténuer du mieux possible les "souffrances " du bateau, s"écartant de la route, renvoyant puis reprenant un ris, alternant foc de tempête et trinquette, jusqu'à la tant redoutée succession de "petites" casses, celles qui pourrissent la vie du marin, au terme de 23 000 milles et 52 jours de course. Loin là-bas au large de la Mauritanie, l'angoisse chevillée aux tripes de savoir son mât fragilisé, Joyon n'a pourtant en rien relâché la pression du record. Son tableau de marche est tout tracé dans son esprit, de la sortie du régime d'alizés à la transition des Açores, jusqu'au train des forts régimes de Sud sud Ouest qui le ramèneront, coûte que coûte, vers Brest et la maison...
Litanie des avaries
Une nouvelle avarie aura donc à nouveau perturbé la progression du trimaran géant IDEC cette nuit. C'est l'étai de trinquette qui a cette fois fait les frais des chocs répétés contre la houle. "La voile est partie dans tous les azimuts" raconte Francis, "Et les petites avaries se sont enchaînées, avec une poulie brisée qui m'a fait un trou dans le pont... Il m'a fallu ressortir la boîte à outils et la résine, réparer le pont, récupérer ma voile..." 27, 28 noeuds de vent au près et dans une mer dure ont ainsi toute la nuit méchamment chahuté IDEC. Avec le premier jour, la rotation du vent à l'Est s'est faite plus précise. Plus que jamais en mode "record", Francis renvoyait alors et dès les premiers signes de « mollissement » un ris puis sa trinquette en lieu et place du petit tourmentin. "Je ne peux pas encore trop "jouer" avec la trinquette avoue Francis, car le tambour d'enrouleur est brisé..." La litanie des avaries atteindrait probablement n'importe quel marin. Pas Francis. A chaque problème, sa solution, quel qu'en soit le prix en temps et en effort physique. "Je ne me suis guère reposé tant le bateau tapait".
Bandage autour du mât
Obnubilé par la fragilité de son mât, Francis reste concentré à sa trajectoire et la bonne synchronisation avec l'enchaînement des systèmes météos à venir. Ce 53ème jour de course devrait lui apporter un peu de répit avec une mer mieux ordonnée et un angle de vent plus favorable. Se profile à moins de 36 heures de ses étraves le coeur de l'anticyclone des Açores, qu'IDEC laissera sur tribord, afin d'entrer sans trop de transition dans un flux de Sud Sud Ouest synonyme d'empannage. Francis aura préalablement profité des calmes de la proximité du centre des hautes pressions pour effectuer une nouvelle escalade du mât ; "Je vais en profiter pour effectuer une dernière évaluation des mouvements de l'axe qui tient le hauban" explique-t-il. "Je pense écraser le filtrage au marteau afin de le "gripper" définitivement. Je sécuriserai ensuite l'ensemble par un "bandage" autour du mât. J'ai déjà passé une drisse en doublement du hauban tribord".
Des conditions homériques pour le sprint final…
Ayant ainsi fait tout ce qui est en son pouvoir, Francis abordera sa dernière ligne droite, son dernier sprint que les conditions de vent fort, 40-45 noeuds, annoncent homériques, à la mesure d'un tour du monde en tout point unique, et que Francis tient plus que tout à clore en beauté.
UNE JOUNÉE SOUS HAUTE TENSION POUR FRANCIS JOYON MAIS IDEC EST DE NOUVEAU AU-DESSUS DES 400 MILLES PAR JOUR
Reste une trajectoire encore éloignée de la route directe, et des milles vers Brest très durement gagnés. Mais l'alizé doit prendre aujourd'hui une orientation plus franche à l'Est qui permettra à Francis Joyon de lofer enfin et d'améliorer on VMG (Velocity Made Good), soit le gain efficace vers son but. Tout cela a bien entendu un prix ; le prix de voir depuis 48 heures le trimaran sollicité par près de 24 000 milles de course taper toujours et encore dans la forte houle alizéenne, et le prix du stress engendré par cette épée de Damoclès suspendue plusieurs dizaines de mètres au-dessus du pont du trimaran. Prudent et au petit soin pour son mât blessé, Joyon s'attache à plus que jamais rester en phase avec l'évolution des systèmes météos qui préfigurent sa route du retour. D'ici 24 heures, il lui faudra négocier un crucial virement de bord sous l'anticyclone des Açores, gérer au mieux une zone de transition et attraper les flux d'Ouest qui le ramèneront à la maison. Aller vite, sous la menace, toujours, encore...
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samedi 12 janvier 2008
SUSPENS AUTOUR DU MONDE

Compromis entre risque et record, Francis Joyon n'a pas abdiqué !
C'est bien une journée en tous points apocalyptique qu'a connu hier Francis Joyon au 49ème jour de sa tentative contre le record du Tour du monde à la voile. La découverte presque inopinée d'une sérieuse avarie au point d'ancrage de son hauban tribord a plongé le skipper d'IDEC dans le doute et l'introspection. Homme d'actions et d'initiatives, Francis est à trois reprises en l'espace de quelques heures monté au sommet des 32 mètres de son espar, sur une mer croisée qui l'a violemment chahuté. Sommairement et momentanément sécurisé, l'axe incriminé semble toujours tenir la charge et l'étonnant Monsieur Joyon de reprendre imperceptiblement confiance, au point de renvoyer ce matin un peu de toile pour réaccélérer tout en douceur avec la rotation de l'alizé au Nord Est. L'heure est plus que jamais à la vigilance et à la plus grande prudence. Elle est aussi dans l'esprit du marin de Locmariaquer au compromis entre risque et record. Blessé, meurtri, à bord d'un voilier à 60% de ses possibilités, Francis Joyon n'a pas abdiqué.
SÉRIEUSE AVARIE À BORD DE IDEC
Avec plus de 22 800 milles au compteur, parcourus à grande vitesse et sans ménagement, IDEC montre quelques signes de fatigue. Au terme d'une nuit dantesque de bagarre dans les grains du pot au noir, Francis Joyon déplore deux avaries qui freinent aujourd'hui sa progression sur la route de Brest.
C'est d'abord la rupture de la drisse de grand voile qui a contraint cette nuit le skipper d'IDEC à une périlleuse ascension dans le mât. Et c'est en tête du mât que Francis a découvert un problème beaucoup plus sérieux au niveau de l'ancrage du hauban tribord. Ce lourd et épais câble qui retient le mât en latéral est fixé sur l'espar par un axe. Et c'est précisément cet axe qui a commencé à se dévisser et à sortir de son puit. Francis s'est donc imposé une nouvelle escalade en tête de mât, pour tenter de sécuriser le hauban et de revisser cet axe vital. Il a entre temps considérablement réduit l'allure du trimaran, ne naviguant désormais plus que sous trinquette et trois ris. Le risque est bien évidemment le démâtage du bateau.__
Francis blessé à la cheville_Après la délicate ascension de son mât dans des conditions extrêmes et dangereuses lui occasionnant de nombreux chocs corporels, Francis constatait également une blessure à la cheville et décidait dans un premier temps de se reposer et d’attendre que le vent régulier de Nord Est calme quelque peu la mer : "Je me suis blessé à la cheville lors de ma seconde escalade tant le bateau bougeait" poursuit il. "Je prends le temps de récupérer et de réfléchir à une solution." Sous trois ris et trinquette, c’est à petite vitesse qu’IDEC s’éloignait en milieu de journée du pot au Noir._"J'essaie de progresser le mieux possible sur la route pour le moment" explique Francis Joyon visiblement fatigué. "Je suis toujours au près dans 18 noeuds de vent mais je ne peux aller vite compte tenu de la configuration de voiles destinée à préserver le mât." __
Difficile réparation_Evoluant sur une mer très croisée et privé des outils adéquats, Francis n’a réussi qu’à glisser la drisse de gennaker en secours du hauban si celui-ci venait à se désolidariser du mât, afin de retenir (ralentir) l’éventuelle chute de l’espar en carbone du trimaran. Les conditions de mer l’empêchant d’aller plus loin dans sa réparation._Le skipper de IDEC est en communication avec son équipe à terre ainsi qu’avec les concepteurs du mât afin d’envisager les possibilités de stopper le dévissage de cet axe et de cerner au mieux les risques encourus.
Deux heures seulement hier après midi, après avoir, par deux fois déjà escaladé son mât, Francis Joyon est reparti à l'assaut de son espar, malgré une cheville endolorie, pour tenter de sécuriser du mieux possible cet axe qui maintient le hauban tribord. L'enjeu : bloquer le dévissage intempestif de cet axe qui, s'il venait à tomber, provoquerait immanquablement la chute du mât. "Je l'ai bloqué du mieux possible avec du Spectra" raconte Francis, après avoir vainement tenté de le resserrer. Cet axe surdimensionné exige des outils et un confort de travail dont le solitaire en course ne dispose à l'évidence pas. "Il me faudra certainement grimper à nouveau pour mettre en place un ceinturage avec des bouts" poursuit Francis qui a eu le loisir de s'entretenir avec les fabricants du mât ainsi qu'avec les architectes du voilier, Nigel irens et Benoit Cabaret. Il ressort de ces entretiens une teneur quelque peu rassurante : "En l'état actuel des choses, les 32 mm de l'axe toujours en place suffisent à tenir la charge" résume Francis. "Mais il faut impérativement stopper ce desserrage..." Un peu de pommade, quelques cachets anti-douleurs et Francis a relégué au dernier rang de ses préoccupations sa cheville blessée et les hématomes provoqués par ses innombrables chocs contre le mât.
IDEC, un genou à terre, n'est pas encore battu.
Tribord amure dans un alizé hier très nord et qui prend à présent de plus en plus de droite, IDEC s'enhardit quelque peu et va toute la journée orienter de plus en plus ses étraves vers Brest et rejoindre la route directe. "Le vent était plein Nord hier au sortir du pot au noir" explique Joyon, "Et je faisais cap sur les Bermudes. Le vent tourne un peu plus à l'Est pour une vingtaine de noeuds et je commence à lofer gentiment." L'esprit de compétition est, malgré l'adversité, bien présent et Francis d'avouer : "J'ai libéré un ris ce matin. Je navigue à présent sous deux ris et trinquette, ce qui est exactement la toile du temps..." Justement toilé, sur une route de plus en plus optimisée, IDEC, un genou à terre, n'est pas encore battu. "Je vais naviguer dorénavant en recherchant en permanence le bon compromis entre risque et performance" souligne Francis. "Je devrais conserver les conditions actuelles pendant 3 ou 4 jours. Viendra alors le moment de décider du virement de bord pour parer l'anticyclone des Açores et toucher les vents d'ouest..." Un moment crucial, car la manoeuvre de virement de bord constituera un véritable test pour le hauban. "C'est lorsqu'il ne sera plus sous tension que l'axe risque de bouger".
L'analyse de Jean-Yves Bernot
Conseiller Météo à terre du trimaran IDEC, Jean-Yves Bernot a, bien entendu, d'emblée intégré dans ses calculs de route le facteur avarie dont vient d'être frappé le grand multicoque rouge : " Je travaille désormais avec pour base 75% des polaires théoriques de vitesse du bateau" explique t'il. "IDEC navigue à 14 noeuds au près alors qu'il devrait marcher à 18... la bonne nouvelle c'est qu'il y a du vent fort prévu jusqu'à l'arrivée, et que Francis n'aura pas à renvoyer toute la toile. L'alizé est bien en place et la route vers Brest demeure donc inchangée, avec pour seule nuance qu'IDEC l'effectuera plus lentement que prévu. Il faudra, d'ici 3 ou 4 jours bien négocier le passage aux Açores avec un anticyclone pas très virulent. Les vents d'Ouest Sud Ouest seront ensuite au rendez-vous. C'est une transition qu'il ne faudra pas manquer sous peine de se retrouver avec du Nord Est pour l'arrivée. Seule inconnue à mon sens, le comportement du bateau au vent arrière compte tenu de cette avarie. »
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vendredi 11 janvier 2008
JOYON À L'EQUATEUR AVEC 12 JOURS ET DEMI D'AVANCE!
Francis Joyon a franchi l'Equateur aujourd'hui à 13h23, heure française. A bord du trimaran géant IDEC, il signe à cette occasion un nouveau chrono inédit pour un solitaire, puisqu'il n'aura mis que 48 jours, 2 heures et 18 minutes pour parcourir les 18400 milles (distance orthodromique) depuis son départ de Brest le 23 novembre dernier. A ce point de son aventure, Francis dispose de 12 jours, 11 heures et 17 minutes d'avance sur le temps record d'Ellen MacArthur en 2004.
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