mardi 5 février 2008
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lundi 4 février 2008
Nieuwpoort Channel Race 2008 - départ décalé d'un jour

Pour des raisons pratiques d'organisation, le départ de la seconde édition de la Nieuwpoort Channel Race 2008 (course offshore de 540 miles au départ de la côte belge) est déplacé au dimanche 6 juillet 2008 (au lieu du samedi 5/7/2008).
Pour des raisons de facilités et d'organisation pratique, nous avons choisi de déplacer le départ de la NCR 2008 au dimanche 6 juillet 2008, 13h (au lieu de samedi 5 juillet 2008 16h). Ceci, afin que les équipages puissent arriver "à leur aise" le samedi et non pas dans l'empressement du vendredi soir. Le repas des équipiers et présentations de la course aura donc bien lieu le samedi 5 juillet 2008 au soir dans les installations "rénonvées" du KYCN à Nieuwpoort, Belgique.
En 2008, la Nieuwpoort Channel Race (NCR), course au large au départ de Nieuwpoort en Belgique, propose 2 parcours qui font le tour des difficultés en Mer du Nord et en Manche. Cette régate est ouverte à tous les voiliers jaugés IRC, Class 40, Classe 9,50, half-ton et Mini 6.50.
Pendant ce temps, à terre, se déroulera la Nieuwpoort Handisail Race (NHR) à bord de Mini JI. Venez régater en tant que valide ou chaisard !
Suivez les évolutions de cette course sur www.channelrace.be
Email : michael.delatte@gmail.com
Liens : http://www.yachtingsud.be
Site officiel de la course
Groupe NCR sur Facebook
Vidéo de présentation
L'évènement - pas seulement une course au large
En juillet 2008, la côte belge sera le théâtre de la seconde édition de la NIEUWPOORT CHANNEL RACE (NCR). Il s'articule autour d'un nouveau défi lancé aux régatiers de tout bord et de tout pays. Une course au large installée dans le calendrier de la compétition à la voile en Europe. Pour de nombreux navigateurs belges, elle vient combler une place trop longtemps laissée vide. Cette régate, au départ de Nieuwpoort le 6 juillet 2008, propose deux parcours en Mer du Nord et en Manche.
Pendant ce temps, à terre, pour le plus grand plaisir des nombreux touristes fréquentant Nieuwpoort, ce sera l'effervescence sur les pontons du Koninkelijke Yacht Club van Nieuwpoort (KYCN). Les amateurs et passionnés pourront suivre à chaque heure, sur écran géant, les voiliers partis s'affronter en mer tout en découvrant les produits et services des partenaires de l'évènement. Un chapiteau accueillera tous les intéressés pour les tenir informés du moindre rebondissement dans la course et des activités à terre.
Pour la seconde année, en même temps, s'organisera la NIEUWPOORT HANDISAIL RACE (NHR). Compétition répartie sur 5 jours en Mini-JI pour personne à mobilité réduite et tout autre fin régatier. Le bassin du KYCN se transformera pour l'occasion en stade nautique où de nombreux spectateurs admireront l'agilité des compétiteurs.
La course se déroulera avec une volonté de respecter le milieu marin. En effet, pour qu'il soit encore longtemps notre terrain de jeu favori, l'organisation a signé la charte de l'éco-marin de l'association Echo-Mer.
Nieuwpoort est le plus grand des ports de plaisance en eaux de mer de la côte belge et le 2ème en Europe. C'est aussi une station balnéaire très fréquentée en été. Tous les ingrédients sont donc réunis pour assurer une belle réussite à cet évènement, ses partenaires et ses participants.
Les parcours (course offshore)
1. Parcours pour IRC >= à 0,945, Class40, ...
Au départ de Nieuwpoort, ce parcours emmènera les régatiers vers l'Ile de Wight pour ensuite traverser la Manche et contourner Sark avant de revenir au point de départ devant le plus grand port de plaisance belge.
Afin d'assurer le spectacle et de la visibilité auprès des touristes restés à terre, la régate débutera par un parcours côtier entre Nieuwpoort et Oostende. Celui-ci, long d'environ 8 miles, permettra à tous de voir les bateaux se battre pour le premier challenge de la NCR. Ce challenge récompensera le premier voilier à passer en temps compensé la bouée devant Oostende.
Ensuite, une première particularité de cette course est de laisser libre choix du sens de contournement de l'Ile de Wight. Chaque équipage fera son choix tactique en fonction des conditions de marée, de courants et de vent. La seule contrainte est de franchir un point de contrôle fixe avant et après la rotation autour de l'île.
Ce tracé fait la part belle aux endroits pour le moins mouvementés de la Manche. En effet, tant le Pas-de-Calais que le Solent ou encore les Anglo-Normandes mais aussi le Raz Blanchard sont des navigations où le courant est le joyeux organisateur. Autant d'éléments qui promettent une régate à couteaux tirés et où les plus intrinsèquement rapides ne seront certainement pas les vainqueurs.
2. Parcours ouvert à tous
Toujours au départ de Nieuwpoort, ce deuxième parcours, ouvert à tous les jaugés IRC, propose un aller-retour vers l'Ile de Wight.
Après avoir contourner l'Ile de Wight dans un sens libre (comme pour le "grand" parcours) et avec une escale forcée (port à définir) de 12 heures, les choix tactiques seront aussi très déterminant lors de l'arrivée devant Nieuwpoort.
L'organisation
Au départ d'une idée de Gaetan Bastin, Alain Jacques et Michael Delatte se sont rapidement regroupés dans une structure professionnelle. Cette fine équipe a rapidement été complétée par Freddy Orban. Le parcours professionnel et nautique de ces 4 passionnés garantit une excellente ambiance à terre comme en mer !
Officiellement, l'organisation de cet évènement est assurée par la société Ducksailing SPRL associée au KYCN et à la ville de Nieuwpoort.
Cette course est soutenue par la Fédération Royale Belge de Yachting.
Coordonnées de l'organisation :
Ducksailing SPRL_Alain Jacques, Gaetan Bastin, Michael Delatte_E-mail : info@channelrace.be _Fax : +32 (0)81 715 009
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samedi 2 février 2008
TROPHÉE JULES VERNE • Groupama 3 : Une bonne journée d’avance à 2 300 milles du cap de Bonne Espérance

Au Sud de l’île de Trinidade, Groupama 3 s’est vu contraint d’enchaîner deux empannages pour éviter d’entrer trop profondément dans l’anticyclone de Sainte Hélène. A midi, alors que le trimaran géant pointait à 2 300 milles du cap de Bonne Espérance, le navigateur Yves Parlier estimait qu’ils allaient conserver leur avance d’une journée lors du passage à la longitude de la pointe africaine.
C’est pile au moment de la vacation radio quotidienne avec le trimaran géant, que celui-ci partait à la perpendiculaire de la route normale vers le cap de Bonne Espérance. Tout le monde à terre s’interrogeait sur cette « anomalie » après une trajectoire d’une pureté presque parfaite depuis l’équateur… La réponse était aussi simple et claire que la voix du navigateur de Groupama 3 qui indiquait que le vent commençait à trop mollir sur ce cap et que sous grand voile et gennaker dans treize nœuds de vent, la vitesse moyenne tombait à un niveau inacceptable ! Bref, la brise qui avait tourné au secteur Nord la nuit dernière perdait de la pression et obligeait l’équipage à s’enfoncer dans l’anticyclone de Sainte Hélène…« Nous venons d’empanner : tribord amure vers le Sud-Ouest, à 90° de la route directe. Cela nous éloigne du but mais nous permet de nous recaler dans le front chaud pour avoir plus de pression. Nous avons déjà 17 nœuds de vent, au lieu de 13 nœuds il y a une demi heure… En plus, c’est un très bon petit bord qui nous permet de gagner sur le routage. Nous serons dans le timing d’Orange II au passage de la longitude de Bonne Espérance, en conservant notre avance acquise à l’équateur » expliquait Yves Parlier.
Petit train… pour TGV
Ce petit contre-bord ne durait finalement qu’une heure et demie, le temps de retrouver de la pression et de rentrer dans le front chaud. En approchant des 40èmes, Groupama 3 va s’engager sur le « rail » du Grand Sud : « l’autoroute » va laisser place au « train »… de dépression qui circule sans discontinuer autour de l’Antarctique. L’objectif est donc d’attraper le bon « wagon » pour se faire porter le plus longtemps possible en avant du front de la perturbation. En effet, a contrario de l’hémisphère Nord qui est barré par des terres autour de l’Atlantique et du Pacifique, les latitudes australes ne sont pas perturbées par le relief (si ce n’est quelques îles confettis comme Crozet ou Kerguelen) tout autour du continent blanc. Seul un goulet d’étranglement de 300 milles sépare la Terre de Feu de la Terre de Graham, le passage redouté du cap Horn ! Une perturbation peut donc se créer sur l’Argentine, descendre sur les 40èmes, glisser sous l’Afrique et courir jusqu’au Sud de la Tasmanie, voir même revenir butter sur l’Amérique du Sud en se compressant dans le détroit de Drake… C’est pourquoi aussi, les perturbations du Grand Sud sont en général plus rapides que celles de l’Atlantique Nord et leur déplacement peut atteindre 25 à 30 nœuds Ce qui est justement la moyenne qu’aimerait conserver Groupama 3 !
« Nous cherchons à passer au plus près sous l’anticyclone de Sainte Hélène, donc dès que nous voyons que le vent baisse, nous empannons pour éviter de rentrer dans ces hautes pressions. L’autre bord nous fait retrouver du vent mais pas sur la route… Nous cherchons aussi à nous faire rattraper par une dépression qui va nous porter jusqu’aux 40èmes puis nous dépasser. Une autre perturbation nous poussera dans le courant du Grand Sud demain matin » complétait le navigateur de Groupama 3. Et c’est justement cette deuxième dépression qui va accompagner le TGV (trimaran à grande vitesse) bien au-delà du cap de Bonne Espérance, probablement jusqu’aux Kerguelen, voire plus !
Yves Parlier, navigateur : « Mon travail à la table à cartes consiste à récupérer toutes les informations météo que nous fournit Sylvain Mondon de Météo France : images satellites, grains, centres d’action, cartes isobariques, fichiers de vent jusqu’à dix jours afin de simuler la route du bateau. Deux fois par jour, je propose mes choix à Sylvain Mondon et à Franck Cammas : nous en concluons une route optimale. Je remplis ensuite une feuille pour expliquer à l’équipage la stratégie suivie pour la journée et je reste en contact permanent par interphone avec le barreur. C’est passionnant parce qu’on apprend plein de choses et naviguer en équipage permet d’être à 100% contrairement au solitaire… Toute l’équipe est très réactive et très compétente, ce qui m’oblige à trouver des réponses et à bien travailler sur tous les aspects de cette météo et du routage : tout le monde s’y intéresse !
…Nous sommes torse nu, mais demain, ce ne sera pas pareil : on fait notre dernière toilette... Après, c’est le pays des icebergs ! Cela fait depuis 2000 que je ne suis pas allé là-bas… L’Atlantique s’est passé très vite : souhaitons que les grands surfs soient au rendez-vous dans l’Indien et le Pacifique ! Depuis deux jours, nous commençons à rentrer les fichiers de vague. Je passe environ quinze heures à la table à cartes et trois-quatre heures sur le pont… Nous n’avions que deux manœuvres par jour environ depuis l’équateur. C’est tranquille en ce moment et plutôt confortable. C’est en plus très convivial à bord avec des personnalités différentes mais complémentaires, en sus du charisme et de l’intelligence de Franck Cammas, de sa rapidité d’analyse. Tout le monde se donne à fond avec plaisir ! »
Les chiffres du jour
Départ le 24 janvier à 7h50’17’’ TU
Arrivée avant le samedi 15 mars 2008 à 00h09’21’’ TU
Jour 9 à 7h 45’ TU
Distance parcourue sur l’eau en 24 heures : 587,9 milles
Distance parcourue depuis le départ : 4 802 milles
Distance par rapport à l’arrivée : 19 723 milles
Moyenne du jour 9 : 24,5 noeuds
Moyenne depuis le départ : 22,23 nœuds
Avance par rapport à Orange II : 704,9 milles
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mercredi 30 janvier 2008
mondialisation

A L'HEURE OU LA VOLVO OCEAN RACE PASSE PAR L'ASIE ET QUE CETTE DERNIÈRE MANQUE DE CHAMPAGNE POUR FÊTER UNE VICTOIRE, AU MOINS D'ÉTAPE, IL SERAIT DOMMAGE DE NE PAS VISITER CE BLOG
:http://shanghai-export.over-blog.net
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GITANA 13 : LE HORN CE WEEK-END

Déjà 14 jours que Lionel Lemonchois et l´équipage de Gitana 13 ont salué la Statue de la Liberté pour mettre le cap vers San Francisco : un record mythique jamais tenté à ce jour à la barre d´un maxi-multicoques. Alors que plus de 6 500 milles ont déjà coulé sous les coques du catamaran de 33 mètres armé par le Baron Benjamin de Rothschild, les hommes du Gitana Team longent actuellement les côtes argentines et naviguaient ce matin à la latitude des Quarantièmes rugissants.
Depuis leur passage de l’équateur, mercredi dernier, Lionel Lemonchois et ses neuf équipiers ont du faire preuve de sang-froid et d’opiniâtreté. Car la semaine qui vient de s’écouler s’est jouée sur « un air d’accordéon » : zones de calmes, puis de grains, dépressions orageuses venant jouer les trouble-fêtes sur la route, pression de l’Anticyclone de Sainte-Hélène … c’est ainsi que pourraient se résumer ces journées de navigation le long des côtes brésiliennes. _Profitant désormais d’un flux anticyclonique soutenu, Gitana 13 file en direction du Cap Horn. Une descente de plus de 800 milles qui se fera à proximité des côtes argentines, comme l’expliquait Lionel Lemonchois : « un anticyclone positionné à la côte et situé dans notre sud, va nous obliger à du cabotage pour rejoindre la pointe de l’Amérique Latine. Nous devrions laisser les Malouines sur babord et emprunter le Détroit de Lemaire ». Des prévisions qui se vérifieront dans les prochains jours, puisque le passage du célèbre promontoire est toujours envisagé dans la journée de samedi, le 2 février.
La prudence est gage de longévité
« Avancer prudemment mais rapidement », c’est ainsi que Lionel Lemonchois entend mener la tentative de record de Gitana 13 entre New York et San Francisco. En marin avisé, le skipper du maxi-catamran sait combien un bateau en parfait état de marche est essentiel à la réussite d’un tel projet : « Des voiles, aux winchs en passant par la structure même de la plateforme, tout est régulièrement passé au crible pour une tenue impeccable du bateau. Sur une route longue, de près de 14 000 milles, être à la barre d’un bateau irréprochable est déjà un atout » précisait Lionel Lemonchois. Ainsi, à l’image de leur chef de file, les neuf marins du bord procèdent quotidiennement à l’entretien et aux vérifications d’usage.
Habitué de ces grands multicoques pour avoir participé et remporté deux fois le Trophée Jules Verne aux côtés de Bruno Peyron (2002 et 2005), Florent Chastel est l’un des trois N°1 du maxi-catamaran. Après deux semaines de mer, il livre ses impressions sur un bateau qu’il connaît bien (Gitana 13 étant l’ex-Orange I, ndlr) : « A bord, tout est vraiment nickel. Le bateau a été très bien amélioré et toutes les modifications faites par le Gitana Team apportent un réel plus à l’équilibre et à la performance. Les nouvelles voiles fabriquées sont parfaites et vont également dans ce sens.»
Pour l’histoire
L’afflux extraordinaire de population que provoque la découverte de l’Or en 1848, va propulser San Francisco du rang de village à celui de ville surpeuplée en un laps de temps très court. Face à une telle « poussée démographique », les prix des marchandises flambent et l’agglomération devient une destination extrêmement rentable pour tous armateurs qui y envoie la cargaison de son navire. En 1849, les voiliers habituellement dédiés au commerce du Thé, en provenance de l’Orient, sont ainsi réquisitionnés et affectés à cette nouvelle route. Bien que rapides, ces fleurons de la marine mettent plus de 150 jours pour rallier San Francisco au départ de New York. Pour assurer un gain maximum, il faut abaisser ces temps de traversées … Les chantiers navals de la Côte Est des Etats-Unis se mettent au travail. De là naîtront les clippers les plus performants de leur époque.
C'est en fin de matinée mercredi que Gitana 13 a débuté le franchissement de la dorsale de l'anticyclone au large de l'Argentine. Ce passage va prendre plusieurs heures car le vent est très faible (moins de 5 nds) dans l'axe de cette dorsale. Mais Lionel Lemonchois et son équipage sont obligés de passer par là pour rejoindre des conditions beaucoup plus favorables sur la façade sud-ouest cet anticyclone. En effet, dès que la dorsale sera franchie, les vents vont progressivement s'orienter au Nord puis Nord-Ouest mercredi soir en fraichissant à 20/25 nds.
Ainsi la nuit sera beaucoup plus rapide et permettra au maxi-catamaran de se porter à hauteur de la prochaine difficulté météo à négocier. Il s'agit d'une nouvelle dépression qui se forme actuellement sur le sud de l'Argentine qui va se décaller sur la trajectoire de Gitana 13 jeudi matin. La négociation de ce système déterminera l'approche finale de la pointe sud de la Terre de Feu."
_Sylvain Mondon_Météo-France
30/01/2008 - 14:53 - Un champ de baleines
Et en 10 minutes ce fut la guerre ! Hier mardi, lors de notre 13ème journée, nous avons vécu sur un rythme à quatre temps, passant de l’été à l’hiver, du calme à la « baston ». Au petit matin nous filions tranquille toutes voiles dehors, plus de toile en l’air ….. Nous sommes surpris par la douceur ambiante après une première nuit un peu fraîche depuis longtemps. Au large de Rio de la Plata, l’équipage prend une douche d’eau de mer dans le cockpit, avec 2 litres d’eau douce maxi pour se rincer, bien conscient que ce sera la dernière avant un petit moment… Une fois propre, il est grand temps d’aller rejoindre notre salle de sport pour un de nos enchaînements favoris, soit le remplacement de la trinquette de portant par celle dévolue au près, puis le tomber de gennaker au vent du solent à nouveau déroulé ! Avec les mises en sacs, les matossages, le temps a passé vite et a insidieusement changé, passant du bleu franc au gris-bleu.
La récompense de ce bel effort vient de souffles qui font jaillir l’eau de mer de toutes parts. Les baleines sont là, tous à vos jumelles ! Quelques dos aperçus et puis s’en vont.. et nous de constater qu’avec bonheur nous n’avons encore rien touché depuis le départ. On croise les doigts… A belle allure, nous négocions de mains de maîtres notre deuxième thalweg en moins de trois jours et, dans ce passage qui ponctue la franche rotation des vents, tout change, tout bascule en quelques milles. Le vent du sud, venant de l’antarctique, fait immédiatement chuter la température. Le bleu azur de la mer n’est plus que vert bouteille et l’horizon se voile d’une couche plus ou moins épaisse de brume due au contact de cet air froid avec une mer encore chaude.
Dans cet univers de mille nuances de gris qui pourrait nous faire croire à une navigation hivernale le long de nos bretonnes côtes, nous connaissons un de ces moments de pur bonheur, là où le bateau vole, léger comme un oiseau. Nulle part ailleurs on ne voudrait être… et puis, en un rien de temps, cette mécanique de rêve se brise, cassée par une houle de face qui vient saccager notre élan. Gitana 13 ne glisse plus, il cogne, rebondit, écrase de toute la puissance de ses 25 tonnes les vagues qui veulent entraver sa marche. Sans hésitation, nous laissons la mer gagner ce combat perdu d’avance, réduisant par deux notre vitesse sous peine de tout exploser. A l’heure où je tape ces lignes, cela ne s’est pas calmé. Sous un ris/trinquette, à 17/18 nœuds, nous continuons notre marche en avant dans un vrai vacarme, secoué comme jamais. Juste au dessus de moi, j’entends des cataractes tomber sur les trois hommes de quart. Le jour va se lever et la mer j’espère se montrera à nouveau bonne fille…
A demain
Nicolas Raynaud
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POUR UN MILLION T'AS (PRESQUE) PLUS RIEN !!!!

Le tour du monde en solitaire_pour un million d'euros
La SolOcéane est conçue, organisée, médiatisée et développée par une seule et même société : SailingOne, créée en 1990 et dirigée par Yvan Griboval. SailingOne coordonne parallèlement la conception, la production, la vente et la maintenance du monotype Veolia Oceans®. Grâce à cela, SailingOne s'engage à garantir un budget annuel raisonnable et contrôlé aux acteurs de la SolOcéane. C'est une de ses originalités et sa plus grande différence par rapport à toutes les autres compétitions océaniques professionnelles.
La démarche de SailingOne au profit des dirigeants d'entreprises et de collectivités est de valoriser la voile océanique en tant que support de communication et de promotion accessible, permettant une exposition média performante dans un rapport qualité/prix attractif. Le souhait affiché par Yvan Griboval est de séduire durablement les PME, les filiales ou directions régionales de grands groupes internationaux et les collectivités locales, grâce à une offre qui permet d'accompagner le sportif dans une étape décisive de sa carrière professionnelle : son premier tour du monde en solo.
Un annonceur peut financer le démarrage de la carrière professionnelle d'un jeune marin dans la Filière de la Course Océanique en Solitaire au gré d'une campagne de Transat 6,50. Il peut ensuite l'accompagner dans l'étape supérieure, sur le circuit Figaro Bénéteau, sans bourse délier. SailingOne s'engage dans la foulée à favoriser la poursuite de l'aventure entre l'annonceur et son skipper, en leur permettant de faire leur premier tour du monde en solitaire grâce à un budget limité.
L'engagement en Transat 6,50 représente un budget annuel (Fonctionnement + Amortissement) estimé entre 60 et 130 000 euros hors taxes. Un budget annuel de Figaro Bénéteau est compris entre 170 et 230 000 euros hors taxes, hors budget de médiatisation. L'offre de SailingOne aux commanditaires-annonceurs dans le cadre de la SolOcéane et de son monotype Veolia Oceans® se situe dans une fourchette budgétaire de deux à trois fois le budget annuel d'un Figaro Bénéteau, mais incluant une exposition média garantie contractuellement. Ce budget est en cours d'optimisation et il se calera entre 460 et 580 000 euros hors taxes par an pour une étape d'une cinquantaine de jours, soit environ un million d'euros pour une édition de la SolOcéane répartie sur deux exercices annuels, tous postes compris :
0. Amortissement* ou location du monotype Veolia Oceans®
0. Assurances (monotype Veolia Oceans®, solitaire, préparateur)
0. Maintenance générale et contrôle de monotypie
0. Consommables (voiles, gréement courant, gréement dormant, …)
0. Masse salariale (solitaire et préparateurs)
0. Frais de transmission Terre - Mer (son, image, Internet)
0. Exposition média garantie contractuellement (TV, radio, presse écrite, Internet)
* Cet amortissement comptable garantit au propriétaire une plus-value significative à la revente du Veolia Oceans®. Il n'est pas tenu compte de cette plus-value dans le budget de fonctionnement annuel. C'est un bonus substantiel qui encourage l'achat du monotype Veolia Oceans®.
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mardi 29 janvier 2008
GROUPAMA 3 À L'ÉQUATEUR DEMAIN, EN SIX JOURS...

L'équateur est le prochain objectif de Groupama 3 qui n'était plus, mardi en milieu d'après-midi, qu'à 350 milles de ses étraves. Les prévisions météorologiques laissaient entendre que Franck Cammas et son équipage ne seraient pas trop ralentis par un Pot au Noir peu actif. A ce rythme, la ligne de changement d'hémisphère pourrait être franchi mercredi juste après le lever du jour, ce qui offrirait un premier temps intermédiaire au trimaran géant en plus ou moins six jours pile...
A l'exception du premier jour de mer et de quelques grains au large des Canaries, Groupama 3 a essentiellement navigué dans des brises faibles à modérées, pratiquement toujours inférieures à vingt noeuds... Et pourtant, le trimaran géant est parfaitement dans le timing d'un record autour du monde puisqu'il devrait déjà s'adjuger un premier temps intermédiaire au passage de l'équateur ! Six jours onze heures vingt-six minutes : voilà le score qu'avait réalisé Geronimo en 2003... Tandis que Orange II, lors de son périple victorieux autour du monde en 2005, n'avait pas été très rapide puisqu'il n'avait atteint la ligne de changement d'hémisphère qu'après sept jours deux heures cinquante-six minutes... Au rythme de vingt noeuds de moyenne ce mardi, Franck Cammas et son équipage devraient ainsi « passer au Sud » entre 8h00 et 14h00 mercredi, soit une descente depuis Ouessant en six jours, à quelques heures près.
Le Pot est peu actif
En fait, tout va dépendre de la situation dans le Pot au Noir qui, d'après le prévisionniste, Sylvain Mondon de Météo France, est étendu mais peu actif même s'il annonce des orages la nuit prochaine. Mais impossible de prédire avec certitude cette zone marquée par la confrontation des alizés du Nord et du Sud et l'affrontement des vagues associées, par la très forte évaporation de la mer créant de grosses masses nuageuses chargées d'humidité et enfin par la présence de calmes imprévisibles en raison du faible gradient barométrique. Bref, malgré tous les moyens techniques, les modèles numériques de prévision ou encore les images satellites, cette micro météorologie n'est pas discernable précisément de la terre. A quelques kilomètres près, un navire peut bénéficier d'un vent de plus de vingt noeuds régulier tandis qu'un autre « patine » dans une brise évanescente et volage des heures durant.
Toutefois, la bonne nouvelle vient des autres voiliers qui ont traversé cette Zone de Convergence Inter Tropicale ces jours derniers : Lionel Lemonchois et son équipage sont passés par là il y a seulement six jours en route vers le cap Horn au départ de New York. Ils n'ont rien vu ou presque, si ce n'est un ciel bleu sans quasiment un seul nuage ! Et le duo Dick-Foxall sur le chemin retour à l'occasion de la Barcelona Wolrd Race, a aussi franchi la ligne il y a quatre jours... Un tandem avec lequel Steve Ravussin a pu échanger quelques mots à la vacation radio de ce mercredi midi : ils ont subi des grains mais n'ont pas mis beaucoup de temps pour sortir du Pot au Noir. Pour l'heure, le Suisse du bord indiquait qu'il avait fallu changer de voiles ce mardi matin car la brise, si elle était stable en direction, était plus variable en force. « Je me réveille tout juste. J'ai bien dormi, mais pas beaucoup : une petite heure... Parce que nous avons dû manoeuvrer pas mal cette nuit. On a mis le gennaker léger ce matin parce que le vent a un peu molli : 13 noeuds au lieu de 23 cette nuit ! Un beau ciel, un vent stable en direction et une belle mer : nous sommes ce midi bâbord amure à 23 noeuds... » précisait Steve Ravussin. La nuit prochaine sera peut-être un peu plus agitée sur le pont de Groupama 3 mais gageons que l'équipage pourra ainsi s'offrir une journée d'avance sur le record lors de ce passage de la ligne équatoriale.
Ils ont dit
Steve Ravussin :
« Nous ne sommes pas très fatigués parce que nous pouvons faire nos quarts de sommeil sans être réveillé. Nous avons super bien mangé pendant les trois premiers jours grâce aux plats préparés par le cuisinier Rochas et maintenant nous sommes passés au lyophilisé avec d'excellentes sauces... L'ambiance est super bonne à bord de Groupama 3 et tout se passe très bien : Franck s'est bien adapté à la situation avec un équipage plus important que sur un 60 pieds. »
Repères :
Temps à battre : 50 jours 16 heures 20 minutes et 4 secondes - Vitesse moyenne : 17,89 noeuds. Record détenu par Bruno Peyron, à bord du maxi-catamaran Orange 2, depuis mars 2005.
Temps à battre de Ouessant à l'équateur : 6 jours 11 heures 26 minutes (Geronimo en 2003)
Les chiffres du jour :
Départ le jeudi 24 janvier 2008 à 7h50'17''TU
Arrivée avant le : Samedi 15 mars 2008 à 00h09'21'' TU
Jour 5 à 7h 45' TU :
*Distance parcourue sur l'eau en 24 heures : 551,1 milles
*Distance parcourue depuis le départ : 2 571 milles
*Distance par rapport à l'arrivée : 21 959 milles
*Moyenne du jour 5 : 22,96 noeuds
*Moyenne depuis le départ : 21,42 noeuds
*Avance par rapport à Orange II : 420,4 milles
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CONCURRENCE QUÉBECOISE

Class 40 Bleu: mise à l’eau prévue en avril 2008
Montréal : La construction du monocoque Class 40 Bleu est entrée dans sa phase finale cet automne à Montréal. La coque et le pont sont maintenant assemblés, tous les renforts structurels sont en place et l’on a terminé la délicate installation des systèmes de ballast. «Nous y avons apporté un soin particulier» indique Éric Tabardel «c’est une tâche complexe à réaliser ainsi qu’un élément déterminant pour les performances du bateau » ajoute le skipper du voilier.
Voiles Saintonge a reçu le mandat de confectionner le jeu de voiles et l’on prépare en ce moment la pose de l’accastillage. La mise à l’eau du Class 40 est prévue au mois d’avril dans la région montréalaise.
L’entraînement de l’équipage débutera dès le mois de mai dans le golfe du Saint-Laurent. Pour disputer la Transat Québec—Saint-Malo, dont le départ sera donné le 20 juillet 2008, les co-skippers Damien De Pas et Éric Tabardel ont choisi d’embarquer Chris Sayer et Sébastien Roubinet, deux régatiers expérimentés, également préparateurs professionnels et ayant tous deux disputé la Transat 6,50. Le Néo-Zélandais Chris Sayer, constructeur de bateaux de course, a apporté un savoir-faire précieux tout au long de la construction du Class 40.
Les océans ne sont pas des poubelles!
Le projet Défi Bleu Voile Océanique s’est donné pour mission se sensibiliser le public à la nécessité de protéger l’intégrité biologique des océans. Toutes les mers du monde subissent quotidiennement des agressions causées par des entreprises et des gouvernements qui ont choisi d’ignorer leurs responsabilités.
Au large de la Californie, une accumulation de trois millions de tonnes de déchets flottants, concentrés par l’effet des courants océaniques, forme une croûte épaisse à la surface de l’eau dont la superficie est supérieure à l’État du Texas! Oiseaux, mammifères et tortues prennent les matières plastiques pour des méduses et les ingèrent. Beaucoup d’animaux meurent par la suite d’étouffement ou par blocage de leur système digestif. Greenpeace a recensé 267 espèces marines ainsi mises en danger par les déchets de plastique.
Pour endiguer l’apport de matières plastiques dans les océans, il faut envisager d’interdire l’utilisation des emballages de plastique conventionnels pour leur substituer des emballages biodégradables. Le respect de la règle des 3 R (réduire à la source, recycler et réutiliser) permettrait de réduire le volume de déchets qui dégradent les écosystèmes marins.
La présence sur la ligne départ du Class 40 Bleu à Québec l’été prochain veut rappeler au public que tous les citoyens ont un rôle à jouer dans la bataille du respect de l’environnement. L’élimination du plastique de nos habitudes de consommation est un geste simple que devraient poser tous ceux et celles d’entre-nous qui veulent contribuer au rétablissement de la santé des océans.
Le projet de class 40 Bleu-Voile-Océanique des skippers Damien Depas et Éric Tabardel va bon train. Et cela même si certains aspects tels que la recherche de commandites s’avère être un véritable parcours du combattant. Il faut savoir que bien que la tradition de la voile soit fortement ancrée au Québec, les commandites pour ce sport pratiqué à de hauts niveaux sont extrêmement difficiles à recueillir dû essentiellement aux longs mois d’hivers ainsi qu’au côté très onéreux qu’implique ce type de mécénat.
« Nous construisons un bateau pour gagner la Transat Québec-St-Malo et rien de moins. Tous sont à pied d’œuvre pour fabriquer une véritable machine de guerre et chacun est à son poste et travaille d’arrache pied. Damien participe présentement à un échange d’expertise avec l’équipe de Derek Hatfield à Toronto. Il fourni au team du Spirit of canada une aide précieuse pour la préparation et la mise au point de leur bateau. De leur côté, l’équipe de Derek Hatfield fait de même en nous conseillant pour la construction de notre class 40. Cela nous procure certaines connaissances qui nous manquaient. »
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lundi 28 janvier 2008
FINIE LA CORVÉE DE L'AVITAILLEMENT !

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dimanche 27 janvier 2008
TROPHÉ JULES VERNES

GROUPAMA 3 DANS LES TEMPS DU RECORD
Après plus de deux jours de mer, Franck Cammas et ses neuf équipiers sont toujours dans les temps du détenteur du Trophée Jules Verne, mais depuis la latitude de Lisbonne, Groupama 3 doit composer avec des zones de calmes qui ne facilitent pas sa progression...
Le champ de vent canarien n'est pas des plus simples à appréhender en ce troisième jour de mer ! Toute la nuit dernière, l'équipage a dû rester très attentif aux moindres variations de la brise qui s'est orientée au secteur Sud-Est mais surtout qui n'a pas arrêté de fluctuer entre dix et quatorze nœuds ! Du travail sur le pont pour les trois quarts de trois hommes qui se relayent toutes les trois heures. Mais du travail aussi à la table à cartes pour définir la meilleure trajectoire dans cette zone alternant petites bouffées de brise, essoufflement du zéphire, rotation progressive vers l'Est… Ainsi dès la latitude du cap Saint Vincent (Sud du Portugal), Franck Cammas et son équipage ont décidé de se décaler de la route directe pour passer sous les îles de Madère et pour déborder samedi soir, l'archipel des Canaries par l'Ouest. Un léger allongement de la route qui s'impose par cette situation météorologique un peu inhabituelle.__
Problème de hook_La nuit dernière a donc été peu favorable à des vitesses élevées, surtout que Groupama 3 a subi un petit problème technique qui l'a obligé à s'arrêter par deux fois. « Nous sommes ce midi vent de travers et la brise qui restait faible ce matin, commence à rentrer : nous sommes passés de 20 à 30 nœuds ! Mais cette nuit, nous avons eu un petit souci de hook (système de blocage d'une voile en haut du mât) de gennaker car une pièce est tordue mais Loïc Le Mignon a provisoirement résolu ce problème. Il a tout de même fallu s'arrêter deux fois pour qu'il intervienne en haut du mât ! », indiquait Yves Parlier, le navigateur du bord. __Au large des Selvagem samedi midi, îlots et roches isolés ente Madère et les Canaries, Groupama 3 pique vers le Sud-Ouest pour augmenter son angle d'attaque par rapport au vent. Et ce afin d'optimiser sa vitesse qui oscille désormais entre 25 et 30 nœuds dans cette brise de Sud-Est d'une quinzaine de nœuds forcissant progressivement. Cette situation ne devrait durer qu'une dizaine d'heures et en soirée, Franck Cammas et ses neuf équipiers pourront « redresser la barre », direction plein Sud à la recherche d'un petit front nuageux et surtout venté. La journée de dimanche devrait donc être assez rapide dans un flux d'Est de plus de vingt nœuds, une veine de vent très localisée qui permettrait de rallier l'archipel du Cap Vert assez vite… __
Coup de sifflet à Gomera_Mais pour l'instant ce samedi, c'est Gomera qui est en ligne de mire, cette île tout à l'Ouest des Canaries où les habitants sifflent pour communiquer entre montagnes et vallées ! Ce relief volcanique tout rond culmine tout de même à 1 487 mètres (Montana Garajonay) ce qui perturbe très sensiblement le vent d'Est et Groupama 3 devra passer à plus de 30 milles au large pour ne pas subir ces tourbillons. Cet « effet sifflet » est en effet dû au cisaillement de la brise qui s'élève au dessus du relief pour redescendre comme une onde vibratoire avant de retrouver ses caractéristiques originelles. Un peu comme un caillou posé dans un ruisseau créant des perturbations jusqu'à dix fois sa surface derrière lui…__En tous cas, le trimaran géant est tout à fait dans les temps du record d'Orange II puisqu'il possédait plus de 90 milles d'avance samedi midi, bien qu'il soit très en dessous de son potentiel optimum en raison de ces vents faibles qui règnent depuis près d'une journée. Le delta devrait logiquement augmenter sensiblement dès la fin du week-end, car Bruno Peyron et son équipage n'avaient pas été très rapides à ce stade du parcours, en raison de vents portants modérés qui les obligeaient à enchaîner les empannages. Avec déjà plus de mille milles parcourus en 48 heures, Groupama 3 est toujours dans un rythme suffisant pour espérer atteindre l'équateur en moins de sept jours.
« Ca s'en va et ça revient ... »
Les conditions météorologiques qui règnent au Sud des Canaries n'ont pas favorisé une progression régulière de Groupama 3, qui oscillait entre sept et trente noeuds selon les grains et les sautes de vent. Mais en milieu d'après-midi ce dimanche, Franck Cammas et ses hommes conservaient tout de même un avantage de plus de 200 milles sur le temps de référence.
« Ca s'en va et ça revient... », la chanson de Claude François caractérise bien cette fin de week-end au large des Canaries ! Un coup de l'air, un coup des calmes, le tout dans une atmosphère chargée de nuages qui fait dire à Franck Cammas : « Ce n'est pas très simple sur l'eau : on dirait que nous sommes dans un Pot au Noir depuis hier ! Des grains nous ont fait avancer vite la nuit dernière mais ils étaient très instables avec des sautes de vent passant de trente à trois noeuds et 60° de bascule... Vivement que nous touchions des alizés plus établis. Ici, le ciel est très nuageux car nous sommes dans l'axe d'une dorsale proche d'une dépression. On essaye de slalomer entre les grains. »
Cette zone orageuse est la conséquence de la perturbation qui avait déjà provoqué ces plaques de calmes avant l'archipel canarien. Groupama 3 n'en subira plus les effets qu'une fois à la latitude du Cap Blanc (Nouadhibou, frontière Maroc-Mauritanie), normalement avant le coucher du soleil ce dimanche. Ensuite, les alizés de secteur Est à Nord-Est vont heureusement s'installer plus durablement même s'ils ne seront pas très puissants, entre 15 et 20 noeuds. L'avantage de cette orientation du vent sera toutefois important car Franck Cammas et ses neuf équipiers vont pouvoir faire cap vers le Sud-Ouest afin de déborder le Cap Vert à l'Ouest.
Encore des reliefs perturbateurs
Car, comme les Canaries, l'archipel est très étendu en longitude (180 milles) et en latitude (150 milles), avec des montagnes qui atteignent près de 2 000 mètres à Santo Antao (île la plus au Nord-Ouest de l'archipel) ! Là encore, les dévents et les perturbations de la brise s'étendent sur plusieurs dizaines de milles sous le vent et Groupama 3 devra s'écarter au-delà du 26° Ouest pour ne pas trop en subir ces effets... La route du trimaran géant était d'ailleurs significative dimanche en milieu d'après-midi, indiquant que le navigateur et le skipper optaient pour un grand « arrondissement » de ces îles volcaniques.
Cette première moitié de journée de dimanche a été caractérisée par une progression en yoyo assez éprouvante, pour les nerfs comme pour les corps. Il a fallu beaucoup manoeuvrer pour adapter la voilure à ces changements incessants de brise. Mais d'ici quelques heures, Franck Cammas et ses hommes devraient retrouver des vitesses plus élevées.Gageons que ce début de semaine sera plus véloce avec le retour des alizés et, alors que Groupama 3 possède toujours un « coussin » de 200 milles de marge sur Orange II, il est probable qu'il se transforme en « matelas » dès mardi matin...
A 1 300 milles de l'équateur, l'objectif de franchir la ligne de changement d'hémisphère en moins de six jours est toujours d'actualité !
Franck Cammas, skipper de Groupama 3 :
« D'un point de vue météo, c'est comme si on était dans un Pot au Noir. Vivement que l'on arrive plus au sud pour trouver des alizés plus établis. Du fait des manoeuvres incessantes, la nuit est éprouvante et mouvementée, difficile de dormir à l'intérieur. C'est un peu apocalyptique cette nuit noire sans lune à 35 noeuds... »
Point météo du dimanche 27 janvier :
« "Dimanche 27 janvier au matin l'équipage de Groupama 3 lutte avec les derniers résidus de grains de la dépression orageuse plus à l'Ouest. C'est avec ce système que le maxi trimaran a du composer sa route depuis samedi soir.
L'alternance de surventes et de zones déventées produit ainsi une progression par à-coups. Cette configuration est très éprouvante nerveusement et nécessite de fréquentes manoeuvres.
Heureusement, le flux d'alizé n'est plus très loin, Franck Cammas et son équipage pourront enfin bénéficier de vents plus réguliers dimanche après-midi.
Ce sont ces alizés de nord-est d'une vingtaine de noeuds qui porteront Groupama 3 vers la zone de convergence inter-tropicale dans les prochains jours. »
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1000 Milles Brittany Ferries : en avant pour 2008

Hier matin à Saint-Malo avait lieu la conférence de presse relative aux 1000 Milles Brittany Ferries. Quelques skippers de la précédente édition s'étaient donnés rendez-vous sur le Pont-Aven pour la remise des prix, le tout sous l'œil avisé du maire de Saint-Malo, René Couanau. La compagnie maritime et la Société nautique de la Baie de Saint-Malo ont réaffirmé leur volonté de reconduire en 2008 cette course réservée aux Class 40. L'étape espagnole de la régate sera aussi l'occasion de célébrer les 30 ans de la ligne mythique Plymouth-Santander.
Ensemble pour la course
Toutes les entités à l'origine de la course se sont retrouvées ce matin sur le Pont-Aven. René Couanau, le maire de Saint-Malo était venu apporter tout son soutien aux 1000 Milles : « Les Malouins sont toujours très enthousiastes quand il s'agit de nautisme. C'est avec beaucoup de joie que nous accueillerons à nouveau les 1000 Milles Brittany Ferries dans notre port en 2008. » C'est Jean-Marc Roué, président du conseil de surveillance de Brittany Ferries, qui s'est félicité le premier de l'union de la compagnie maritime, de la SNBSM et de la Class 40 pour faire exister les 1000 milles : « Nous nous réjouissons de la synergie des différentes équipes pour faire vivre les 1000 Milles. » Et Martine Jourdren, présidente de Brittany Ferries, de poursuivre: « Brittany Ferries s'est investi sur tous les plans dans cette course. La compagnie s'est impliquée dans l'organisation et a investi financièrement dans les 1000 Milles. Aujourd'hui, pour la prochaine édition, nous souhaiterions que des entreprises se joignent à nous pour faire évoluer les 1000 Milles Brittany Ferries vers une course incontournable du circuit. » L'appel est lancé.
Edition 2008
Claude Renoult, président de la SNBSM, a tenu à lever le voile sur les détails de la prochaine édition : « La course partira au final le 23 août de Saint-Malo. La date a été décalée afin que les skippers puissent effectuer au mieux le parcours triangulaire, avec les 6 heures d'arrêt au stand imposés à chaque escale. »
Fraîchement débarqués d'Angleterre, Miranda Merron et Peter Harding, skippers de 40 Degrees (4ème au classement de 2007), se sont empressés quant à eux de préciser : « Nous avions beaucoup apprécié la course et son format en 2007 et c'est donc avec plaisir que nous participerons de nouveau aux 1000 milles en 2008. »
A noter que l'étape espagnole de la course sera marquée par l'anniversaire de la ligne Plymouth-Santander. « Les 30 ans de cette ligne représentent un événement très important pour nous. Nous sommes d'autant plus heureux de fêter ça au moment de la course. Le port de Santander accueillera une grande exposition avec une grande partie des œuvres d'Art de la compagnie. Un vernissage sera organisé à l'arrivée des bateaux », expliquait Martine Jourdren.
Remise des prix et tirage au sort
La remise des prix de la précédente édition a également été effectuée. C'est Martine Jourdren, marraine de la course, qui a remis les chèques Brittany Ferries aux navigateurs et à leurs représentants. Parmi eux, Jean Edouard Criquioche, arrivé à la troisième place du podium sur Choice Hotels, témoigne: « Au délà du fait que nous gardons un très bon souvenir de l'édition de 2007, je tenais à remercier Brittany Ferries car les 1000 Milles font partie intégrante de ces courses importantes dans nos recherches de sponsors. Cela a du poids ».
À l'issue de la remise des prix, la marraine a tiré au sort un nom parmi ceux des équipages représentés aujourd'hui. Et c'est Atao Audio System qui a eu le privilège de gagner un spi aux couleurs de la compagnie.
La liste d'inscription est désormais ouverte pour les skippers qui souhaiteraient participer à la prochaine édition qui partira le 23 août de Saint-Malo.
http://www.brittanyferries.fr/index.cfm?articleid=1000&CFID=1779933&CFTOKEN=64974973
et : 100milles@brittany-ferries.fr
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vendredi 25 janvier 2008
G-CLASS

GROUPAMA 3 AVALE 600 MILLES EN 24 HEURES
C'est bien parti pour Groupama 3. Avec plus de 600 milles en 24 heures pour son premier jour de mer, le maxi-trimaran est parfaitement dans les temps du détenteur du Trophée Jules Verne, bien que le vent ait sensiblement faibli au large du Portugal. Après une zone de molle vendredi avant midi, Franck Cammas et ses neuf équipiers sont repartis à plus de vingt nœuds vers les Canaries.
Première journée idéale pour cette tentative de record autour du monde mais le deuxième jour débutait moins bien avec un ralentissement passager au large de Lisbonne, et plusieurs zones de vents faibles à négocier avant l'archipel des Canaries. Bien parti de Ouessant jeudi à 8h 50' 17'' (heure française) Groupama 3 a dû réaliser une « aile de mouette », une trajectoire en deux temps pour atteindre la latitude du cap Finisterre, lors de sa première nuit de navigation. Un petit détour dû à la rotation du vent de secteur Nord-Ouest de vingt nœuds le matin, au secteur Est en soirée… Puis la brise forcissait à l'approche des côtes ibériques pour dépasser les trente nœuds avant de mollir lentement en milieu de nuit. L'avance sur le temps de référence d'Orange II montait alors à plus de trente milles mais fondait au fil de la descente plein Sud, lorsque Groupama 3 se voyait contraint de flirter avec une bulle sans trop de vent au large de Peniche.
Moins de dix nœuds de vent réel, heureusement orienté à l'Est-Sud Est, ce qui permettait au trimaran géant de maintenir un bon rythme jusqu'à la latitude du détroit de Gibraltar. Mais la situation devrait se corser entre Madère et les Canaries, car une « nasse » de brises instables et volages guette en raison de la dégénérescence d'une perturbation orageuse à l'Ouest des deux archipels… La difficulté du navigateur Yves Parlier, travaillant en collaboration avec l'expert météo à terre Sylvain Mondon, est de trouver le bon passage pour zigzaguer entre ces zones de calmes, avant de retrouver des alizés de Nord-Est. Un flux pour l'instant poussif, le long des côtes africaines. Mais en navigation comme aux échecs, il faut jouer à cinq coups d'avance et c'est vers un front argentin que leurs regards se portent, afin d'attraper ce bon « wagon » qui leur permettrait de piquer rapidement vers Bonne Espérance dès la hauteur de Rio de Janeiro…
Dans le bon tempo
Cette première journée de mer a aussi été l'occasion de s'amariner et de reprendre ses repères sur le pont, son rythme à bord. « Nous sommes bien rentrés en matière ! La transition terre-mer s'est bien passée et il faut maintenant s'installer dans la durée. Même si elle était anticipée depuis longtemps, la rupture est franche et il faut entrer dans la peau d'un homme qui va passer du temps en mer, même si c'est le moins possible… On a eu du vent et de la mer pendant la nuit, ce qui nous a mis un peu dans l'ambiance du Grand Sud : une bonne façon de s'amariner. Tout se met en place ; les quarts, le rythme, les repas, le rangement de ses petites affaires… Nous avons encore un peu de mal à bien dormir mais ça vient doucement » expliquait Frédéric Le Peutrec, lors de la vacation quotidienne avec le PC. En une journée et demie, les dix hommes de Groupama 3 auront ainsi vécu presque toutes les conditions météorologiques qu'ils vont subir au cours de leur périple autour du monde : du petit temps au débridé au niveau du Portugal, du vent de travers musclé au large de la pointe espagnole, du portant dans du vent medium dans le golfe de Gascogne… Reste que l'objectif de l'équipage est de retrouver rapidement les alizés africains qui font défaut en ce début de week-end. Mais l'anecdote du jour est bien cette route quasiment identique avec trois ans d'écart, entre le maxi trimaran mené par Franck Cammas et le maxi catamaran de Bruno Peyron, au jour, à l'heure et au lieu près ! Depuis la latitude de Lisbonne, les deux bateaux suivent exactement la même trajectoire avec seulement quelques milles de différentiel…
L'analyse météo de Sylvain Mondon :
« Le départ a été assez rapide comme on s'y attendait, avec un passage du cap Finisterre musclé dans un renforcement du vent d'Est à Nord-Est de plus de trente nœuds. Cette configuration anticyclonique est derrière Groupama 3 et l'équipage a commencé ce vendredi après-midi à aborder le résidu du système dépressionnaire orageux, qui se situe au large des Canaries. Il y a plusieurs zones de vents faibles, dont l'une a été longée ce matin. Les vitesses plus réduites de cette fin de matinée vont augmenter au cours de l'après-midi pour revenir autour de 25 nœuds… Par rapport aux prévisions du départ, il n'y a eu que de petites différences sur l'eau au niveau de l'angle du vent d'une dizaine de degré mais pas au niveau de la force. Le problème se pose devant avec des alizés qui ont du mal à s'établir…Il faudra attendre d'avoir franchi les Canaries pour rejoindre un flux d'alizés moins parasité par le résidu de perturbation stationnaire sur la région depuis plusieurs jours.»
Ils ont dit :
Franck Cammas, skipper de Groupama 3 : « Nous sommes ce midi en train de contourner une zone de petit temps et nous sommes donc assez près du vent (75°) avec seulement 10-11 nœuds de vent. Mais cela nous permet d'avancer quand même à 20 nœuds…plus vite que le routage. Nous avons encore une vingtaine de milles à couvrir pour sortir de cette molle mais il y en a d'autres qui rodent dans le coin ! Il faut faire attention. Nous avons tout déménagé dans le bateau pour mettre les poids plutôt sur l'avant : gasoil, voiles, matériel de sécurité, nourriture… Heureusement que Groupama 3 est un multicoque qui va vite dans ces conditions-là ! Nous avons rendez-vous avec des phénomènes météo dans l'hémisphère Sud et il ne faut pas traîner en route… »
Frédéric Le Peutrec, deuxième barreur : « On commence à être loin ! Il faut s'amariner, tout le monde le vit, même en croisière. Il faut ranger ses petites affaires, prendre les petites habitudes. Bref faire du bateau « chez soi » pendant quelques temps…»
Repères Trophée Jules Verne :
Départ de Ouessant le jeudi 24 janvier 2008 à 8h50'17'' heure française
Date limite pour battre le record : samedi 15 mars 2008 à 1h09'21'' heure française
Temps à battre : 50 jours 16 heures 20 minutes et 4 secondes. Record détenu par Bruno Peyron, à bord du maxi catamaran Orange II, depuis mars 2005.
Temps à battre de Ouessant à l'équateur : 6 jours 11 heures 26 minutes (Geronimo en 2003)
GITANA 13 : DIX JOURS ET 5000 MILLES SUR LE MÊME BORD!
Lionel Lemonchois et ses neuf hommes d´équipage naviguent le long des côtes brésiliennes. Par 14° de latitude Sud, l´ambiance est tropicale à bord de Gitana 13. Shorts et tee-shirts sont de rigueur pour supporter la chaleur étouffante qui règne dans les coques du maxi-catamaran. Néanmoins, sur le pont, les cirés sont enfilés dès que le speedomètre dépasse les 20 nœuds. Le passage du Cap Horn est envisagé vers le 2 février.
Depuis son départ de New York, le 16 janvier dernier, l’équipage de Gitana 13 n’a réalisé aucun changement d’amure, naviguant ainsi sur le même bord depuis plus de 5000 milles. Témoin du bon enchaînement météo dont ont bénéficié les dix marins du Gitana Team, Dominic Vitte : « Nous n’avons pas fait un empannage, pas un virement de bord depuis que nous avons franchi la ligne de départ, au pied du Phare d’Ambrose. C’est incroyable, nous sommes bâbord amure (ce qui signifie que le vent vient gonfler les voiles de Gitana 13 par la gauche, ndlr) depuis le 16 janvier. Notre première manœuvre de changement d’amure est prévue pour demain, samedi, dans l’après-midi ».
Côté vie à bord, Lionel Lemonchois et ses équipiers ont pleinement profité de la journée de jeudi, moins dense que les précédentes en terme de changements et de réglages de voiles, pour recharger les batteries. « Ces dernières heures, nous avons parfaitement respecté nos systèmes de quarts (le premier quart sur le pont, le deuxième en stand by et le troisième au repos complet, ndlr), afin que tout le monde puisse se reposer au maximum. Dans sa très juste gestion des hommes, Lionel avait choisi de m’intégrer à certains quarts à l’approche et durant le passage du Pot-au-Noir. Mais, le retour de conditions plus stables me permet de repasser hors quart et de me concentrer sur la météo. Du moins pour l’instant …» annonçait le navigateur embarqué, déjà tourné vers la prochaine difficulté météorologique de ce parcours entre New York et San Francisco.
En effet, selon les dernières prévisions de Sylvain Mondon, une dépression orageuse se profile devant les étraves de Gitana 13, par le travers de Rio de Janeiro, au cours de la journée de samedi. Ce phénomène, va contraindre le maxi-catamaran armé par le Baron Benjamin de Rothschild à s’écarter des côtes brésiliennes ; le but étant de contourner cette zone par l’Est avant de reprendre la route vers le Grand Sud et le Cap Horn, que l’équipage espère doubler autour du 2 février.
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